30/03/2012

RETOUR AU PAYS

Notre très sympathique et réputé "Médaillé et Décoré", Raymond Debelle nous envoie cette réflexion :

Bonjour Messieurs,

De retour au pays pour quelques jours seulement. En effet, le huit avril prochain, je rejoindrai New-York pour la présentation de notre rapport final devant le Comité, organe dépendant du Conseil de Sécurité des Nations Unies. Alors que le mandat du Groupe d'experts des Nations Unies pour la Côte d'Ivoire - dont je fais partie - prendra fin ce 30 avril, j'ai déjà été invité à rejoindre, dès le mois de mai, un pays voisin, le Libéria. Ayant déjà travaillé dena ce pays, le terrain m'y est familier. J'y oeuvrerai également dans cette dynamique qui consiste à y identifier les mécanismes de prédation et à prodiguer au plus haut niveau, les recommandations destinées à les contrer.

Bien que loin de la maison, l'actualité de notre vieille Europe n'a jamais manqué de retenir mon attention. Je vous livre donc la réflexion qui suit. Je n'y dissimule, ni mon amertume, ni mon inquiétude, mais je reste intimement persuadé de notre capacité à relever des défis citoyens.   -   Bien à vous.   --  (Signature)

Le 7 avril 1994, il y a dix-huit ans, dès l'aube de ce jour, dix commandos belges livrèrent leur dernier combat dans la prémisse d'un vent de folie qui emportera le Rwanda. Si notre mémoire n'a rien oublié de ces moments tragiques, qui pense encore à la multitude d'âmes emportées dans cette tornade de haine ?

Car c'est bien d'elle qu'il convient de parler ici, cette haine aveugle, sourde, sournoise et sauvage, inhumaine et pourtant exhalée par l'homme. Cette haine a la froideur du métal qui déchire les chairs et la chaleur du sang qui s'en écoule. Elle reste cyniquement insensible aux supplications et aux larmes de ses victimes.

Au Rwanda, elle fauchera près d'un million d'êtres : pères, mères, enfants et grands-parents mêlés dans sa tourmente. Cette tempête de folie se propagera dans l'est de la République Démocratique du Congo pour y emporter, chiffre inimaginable, plus de quatre millions d'innocents. Les cicatrices de cette "guerre" restent béantes. La mort, la peur et la souffrance sont toujours le triste quotidien de cette population-là.

Le 11 septembre 2001, il y a onze ans, le monde entier assistait, effaré, à la mort en direct. Une oeuvre voulue par des fous de Dieu déshumanisés. Qui comprenait, à ce moment-là, qu'une autre ère de violence débutait. Pour longtemps encore ...

Sur l'île norvégienne d'Utoya, dans les murs de l'école juive Ozar Atorah à Toulouse ou, plus proche de nous, sur la place Saint-Lambert à L!ège, "ils" ont encore frappé.

"Ils" se revendiquent de Dieu, d'Allah, d'une prétendue race supérieure ou de n'importe quoi ...

Dans ce monde sans repères, les fous répondent aux fous et l'escalade de violence s'enchaîne.

Malgré ses multiples visages, la haine reste l'essence même de l'extrémisme et, tout bien considéré, ses motivations ne sont que des prétextes à une violence maladive.

Interrogeons-nous dès lors, sur la nature de l'action citoyenne. Fragile en apparence, elle est pourtant de nature à contrer ce fléau car une masse importante peut défier n'importe quelle tempête.

Sommes-nous prêts à nous lever ?

Il n'y a pas de chemin trop long pour celui qui sait où il va   -   Proverbe africain. 

20:19 Écrit par SRPMDB | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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