28/02/2013

LA LORGNETTE N°22

  

Notre revue "LA LORGNETTE" numéro 22 est terminée. Vous la recevrez incessamment, soit par courrier postal normal, soit par e-mail sur votre ordinateur. Le Comité de la régionale, vous en souhaite une bonne lecture.

Ci-dessous, quelques pages de cette "La Lorgnette n°22"

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06/02/2013

COLOMBES DE PAIX, PIGEONS DE GUERRE

En lisant un très ancien numéro du magazine français "Je sais tout" - n°151 - 14° année du 15 juin 1918 - Editions Pierre Lafitte - Paris", j'eus l'attention attirée par ce titre "Colombes de paix, pigeons de guerre", de Pol Fiquemont. Cet auteur écrit : "Lorsque les Allemands envahirent la Belgique puis le nord de la France, un de leurs premiers soins fut de faire savoir aux habitants que le fait de conserver chez soi un pigeon voyageur entraînerait les plus grandes peines, voire même la peine de mort.

C'est dire qu'ils mettaient sur le même pied celui qui aurait caché des soldats et le détenteur d'un de ces frêles volatiles dont les hommes ont si bien su mettre à profit la qualité de retrouver son pigeonnier, alors même qu'il en est séparé par plusieurs centaines de kilomètres.

En saisissant les pigeons des régions occupées, l'envahisseur savait fort bien ce qu'il faisait. Il savait trouver là de précieux auxiliaires, destinés à rendre de grands services à ses hordes. La confiscation des pigeons voyageurs ne fut pas sans provoquer de graves mécontentements car, si les Belges, colombophiles enragés, avaient pu supporter sans mot dire, malgré la rage qui les dévorait, que leurs maisons fussent pillées ou incendiées, ils n'avaient pu admettre qu'on leur prit leurs pigeons. Dans maintes communes, les réfractaires furent nombreux et plusieurs, hélas, fusillés par les Allemands, ont payé de leur vie, leur unique passion.

Bien que l'emploi du pigeon comme porteur de message, fût connu des Egyptiens dans les campagnes de Ramsès II (...) la colombophilie n'était guère connue du public que comme une sorte de sport. Le souvenir du siège de Paris en 1870 et, plus près de nous, celui du siège de Ladysmith où cent pigeons offerts au général White, permirent aux Anglais assiégés par les Boers, de savoir qu'on allait venir à leur secours, sont certes bien loin de l'esprit des colombophiles dont l'ambition principale est de décrocher les prix dans les concours.

Pour doter leurs armées d'un service colombophile parfait, nos adversaires n'ont épargné aucun sacrifice, payant des reproductions de choix, 700 et même 1000 francs pièce dans les ventes aux enchères qui avaient lieu en Belgique, le pays du pigeon voyageur par excellence, entretenant les aptitudes de la race en pratiquant l'entraînement à grandes distances et en opérant une sélection rigoureuse.

Ainsi, dès leur entrée en campagne, le 1° août 1914, les troupes allemandes avaient comme auxiliaire, une véritable petite armée volante. Chaque division disposait d'un colombier, desservi par un sous-officier avec quatre colombophiles, aménagé dans une espèce de voiture de déménagement et contenant chacune 200 oiseaux.

Mais, tandis que les divisions se déplacent, les colombiers ne changent jamais de secteur afin que les pigeons ne soient pas désorientés par des voyages excessifs. Un poste de 4 pigeons est formé par régiment ; le bataillon en a la garde et ne doit se servir de ces messagers ailés, relevés d'ailleurs toutes les 48 heures, que lorsque les autres moyens de liaison sont épuisés. Chaque observatoire d'artillerie est doté aussi de quatre pigeons voyageurs. Un " Ordonnanz Officier" est chargé de la liaison par pigeon. (...)

Perfectionnant encore l'emploi des pigeons de guerre, nos ennemis s'en servent même comme ... observateurs photographes ; le pigeon porte un petit appareil photographique à déclanchement automatique qui prend des vues très nettes à intervalles réguliers. (...)

Dire que ces clichés obtenus à l'aide de ce procédé ont la netteté des photographies prises par les aviateurs, serait exagéré. Mais, prises par temps clair, elles sont très suffisantes pour être interprêtées.

Maintenant, chacune des armées françaises possède aussi son "corps" de pigeons voyageurs. (...) Ces soldats colombophiles connaissent bien leurs petits pensionnaires, (...) les comblent de friandises en leur donnant fréquemment, en plus de leur nourriture quotidienne, un dessert composé de riz, de maïs et de graines choisies. Ces oiseaux, immatriculés comme de simples recrues, répondent à des numéros et reviennent se poser sur l'épaule ou le bras lorsqu'on les appelle. En temps de guerre, les pigeons voyageurs sont mobilisés, tout comme les citoyens, comme le prouvent certaines affiches du ministère de la Guerre (...) L'entrainement des pigeons est alors défendu aux particuliers et les sociétés colombophiles ne peuvent s'en occuper qu'avec une autorisation spéciale du ministère de la Guerre. (...) Il serait trop facile à des espions de glisser avec des oiseaux à l'entrainement, des pigeons importés d'Allemagne qui s'en iraient ainsi, impunément, porter de précieux renseignements à l'ennemi.

D'ailleurs, c'est sur le front même, dans les colombiers militaires, que les pigeons parachèvent leur instruction. Le pigeon de la race dite "voyageur", descendant modifié du "biset sauvage" est, en général, d'origine belge. (...) Un sens spécial, un sixième sens pourrait-on dire, donne au pigeon voyageur, la faculté instinctive, la faculté de refaire en sens inverse, une route qu'il n'a pas vue et qui le ramène, sans détours, à sa demeure. (...) Dans les conditions de la guerre de positions, point n'est besoin d'envoyer ces messagers à des centaines de kilomètres. Le plus qu'un pigeon militaire ait à voler, c'est une dizaine de kilomètres pour rejoindre, à l'arrière des premières tranchées, sa voiture-colombier, dûment camouflée.

Il faut les habituer à cette besogne d'estafette de guerre et au bruit de la bataille. D'abord, le pigeon "prêt" est amené sur un champ d'aviation où le ronflement incessant des moteurs facilite son éducation. Ensuite, il est conduit dans le voisinage d'une batterie d'artillerie. Apeuré au début par les explosions, il circule ensuite au milieu de la canonnade aussi tranquillement que dans les bois. (...)

Que de services, les pigeons militaires ont rendus à nos soldats ! Les communiqués officiels eux-mêmes les ont relatés à plusieurs reprises et bien des situations qui semblaient irrémédiablement compromises, ont été rétablies grâce à ces vaillants volatiles qui passèrent au travers de la mitraille là où des agents de liaison avaient été tués, où les lignes téléphoniques avaient été coupées, où tous les moyens de communication avaient été épuisés en vain, sauf eux : les pigeons. (...) (...)

Si les pigeons du siège de Paris de 1870 n'ont pas été oubliés puisqu'ils figurent sur le monument des Aéronautes de l'avenue de Ternes, il sera donc juste, plus tard, de ne pas oublier davantage, les pigeons militaires de la Grande Guerre dont le rôle, un peu ignoré du public, n'en a pas moins une importance considérable dans notre défense nationale sur terre et sur mer.  ( signé : Pol Fiquement )

Il est à noter que toutes les armées, pendant la première guerre, ont utilisé ce moyen de transmission ; une recherche dans Internet apportera le complément d'informations, si besoin est.

F I N                       

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