30/08/2013

24 août 1914 - 24 août 2013

Chaque 24 août se déroule, immuable,  la cérémonie d'hommage aux courageux soldats vendéens qui, courageusement, très inférieurs en nombre, combattirent l'envahisseur prussien, pas à pas en résistant dans leur retraîte vers la frontière franco-belge.

Leur histoire reste connue - dans les grandes lignes - d'autant plus que la perpétuation du souvenir est entretenue chaque année. La fouille des archives, les contacts avec des descendants découverts chaque année en Vendée et qui se retrouvent avec nous devant la butte du MONUMENT DES VENDEENS et leurs souvenirs familiaux, permettent d'étoffer ce morceau de notre histoire locale.

Ci-dessous, quelques photos tirées par notre vice-président Jean-Philippe Pochart que nous remercions, résument mieux que les mots, cette habituelle mais toujours émouvante cérémonie. 

1. Tertre Vendéens - 994577_10201626870021690_1759169870_n.jpg

TOURNAI - Le "Monument des Vendéens" dans le triangle "Boulevard des Combattants" - Avenue Commandant Delahaye et rue des Volontaires

122. Ph.Hespel - Tête cortège 40490_10201626865941588_1811202910_n.jpg

Mr Philippe Hespel conduit le cortège vers le lieu de la cérémonie.

3. Pompiers - Royale Harmonie Com. 1209286_10201626868021640_1517384754_n.jpg

La Royale Harmonie communale des Pompiers de Tournai

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de gauche à droite :  Fernand Brillon, Président des Anciens combattants, section Gérard Chevalier - de Froyennes - Luc Defontaine, porte-drapeau de notre régionale de Tournai des Médaillés et Décorés et Frédéric Pauwels.

5. Défilé Luc Def. Fred.Pauwels 1185621_10201626866261596_433881125_n.jpg

Luc Defontaine et Frédéric Pauwels

6. Assistance - personnalités et famille 1186868_10201626870861711_382347447_n.jpg

Hommage face au tertre - Monsieur le Consul de France, des membres de la famille Houyet ( la dépouille du grand-père Auguste Blanchart est sous la butte ), les représentants de l'interassociation patriotique de Tournai, de la Fnaca, de Mr le doyen principal Decarpentrie, de l'autorité communale : Mr l'échevin Armand Boite, diverses personnalités civiles et militaires, deux étudiantes - section "Histoire" Athénée Jules Bara - accompagnées par Mr José Vanhulle, président du "Relais de la Mémoire"

8. Assistance - autres personnalités 1230023_10201626874981814_1966350351_n.jpg

ci-dessous : Le "Relais de la Mémoire" ici représenté par son Président José Vanhulle et les deux étudiantes - Section Histoire - de l'Athénée Jules Bara de Tournai.

9. Deux étudiantes et José VANHULLE, Relais Mémoire 1175116_10201627522478001_1684296859_n.jpg

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à gauche : Frédéric Pauwels - à droite : Daniel Dagry (FNACA)

FIN

 

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27/08/2013

Un coup d'oeil "Année 1943" sur un BLOG ami ...

TOURNAI-2004-09-09-Soleil couchant Gd.Place 008.jpg

Intéressant ce petit coup d'oeil à notre histoire locale tournaisienne de ... septembre 1943. Certes, avec le recul des années, ce n'est qu'un petit fait divers mais qui a du laisser un souvenir très marqué dans la mémoire de ces 9 hommes, pris dans la nasse de la "Feldgendarmerie et Collaborateurs".

Je vous invite sur :

http://ipa-regionale-de-tournai-belgium.skynetblogs.be

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23/08/2013

APPEL A VOTRE VIGILANCE ...

40-45 : souvenir d'une époque bien triste. Vous souvenez-vous, vous les plus anciens, de cette mise en garde lancée par la "Résistance" - "Front de l'Indépendance" ?

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Cette affiche, fragilisée par des années de conservation dans l'humidité, fut découverte dans un état qui nécessita un essai de ... restauration (?) d'où les petites imperfections dans l'assemblage des divers morceaux.- Dimensions : 30,5 cm - 22,5 cm - Cernée par les couleurs nationales "noir, jaune, rouge".  --  Jacques DCK

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15/08/2013

15 AOÛT 1944 - C'ETAIT SON PERE.

Si vous roulez sur la route nationale 88 en Lozère, France dans les environs proches du village de Barjac, vous aurez peut-être la chance de découvrir une stèle, érigée à quelque distance de cet axe routier. Si votre curiosité vous pousse à vous y arrêter, vous lirez au sommet de la plaque fixée sur cette stèle :

ICI, LE MARDI 15 AOÛT 1944

25 RESISTANTS

SONT MORTS POUR LA FRANCE ET POUR LA LIBERTE

____________________

MISSON Guy - STELE DE SON PERE - LT DICKY - i6fu3b.jpg

 Texte de la stèle : Au P.C. de la Résistance à Marvejols, les responsables décident, le 13 Août au soir, de couper la RN 88 entre Bec de Jeu et le Villaret près de Balsièges pour isoler les troupes d'occupation de Mende. Avec sa compagnie FFI d'une quarantaine d'hommes, le lieutenant "DICKY" chargé de l'opération, quitte Marvejols le 15 août au matin avec deux camions.

Les maquisards s'arrêtent à BARJAC. La voiture, envoyée en éclaireur par les FFI, revient sans rien signaler. Les Résistants continuent leur route vers 15 ou 16 heures. Soudain, le chauffeur du premier camion voit la camionnette du lieutenant "DICKY" qui le précède, s'arrêter en travers de la route. Arrêt brutal du camion au milieu de la chaussée, coups de feu. Le mitrailleur FFI réplique aux tirs ennemis, provoquant un fléchissement de leur densité, ceci permet à certains d'échapper à la mort.

Il s'agit bien d'une embuscade tendue aux maquisards par les troupes d'occupation bien renseignées. Les soldats embusqués au dessus de la route sur le versant nord du virage tiennent la ligne droite sous leur feu. De plus, une mitrailleuse, au dessus de la rive gauche du Lot, "couvre toute la rive droite, de la route à la voie ferrée et au Lot. Plusieurs maquisards sont tués alors qu'ils sont à l'abri des tirs venus du versant nord.

Lors du ratissage qui suit, les blessés sont achevés. Vingt-cinq FFI sont morts dans cette embuscade. Quatre prisonniers, emmenés à MENDE, sont fusillés le 17 Août. Deux ou trois autres, pris au bord du Lot, sont parmi les fusillés du "PONT VIEUX" à CHANAC, le 16 août.

Parmi les survivants, on compte "DICKY" et huit de ses hommes. L'auteur de la trahison, confondu et condamné à mort par le tribunal militaire FFI, est fusillé le 31 août 1944."

________________________

Note : BARJAC se situe dans le département de la Lozère, région Languedoc-Roussillon, au confluent du Lot et de la Ginèze ; cette localité est dans l'arrondissement de Mende et le canton de Chanac.

Pourquoi avoir mentionné ce fait de résistance contre les troupes d'occupation allemandes ?

1/   15 août 1944  -  15 août 2013  :  69 ans que cette tragédie, suite d'une trahison, s'est passée. Cette intervention courageuse, même si loin de notre Tournaisis, Belgique, méritait d'être rappelée ici.

2/  Le lieutenant "DICKY" n'était autre que le lieutenant Richard MISSON, rapidement nommé capitaine pour cette action.

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Mais aussi, RICHARD MISSON EST LE PERE DE GUY MISSON, CHANCELIER NATIONAL AU COMITE NATIONAL DE NOTRE "SOCIETE ROYALE PHILANTHROPIQUE DES MEDAILLES ET DECORES DE BELGIQUE" ET AUSSI PRESIDENT DE LA PROVINCIALE HAINAUT DE NOTRE MÊME SOCIETE ROYALE.

Informations communiquées par Guy Misson : "Le capitaine Richard Misson est né à Châtelet le 1 janvier 1920. Le 15 février 1939, il effectue son service militaire au "3eme Carabiniers cyclistes". Il participe à la campagne des 18 jours du 10 mai 40 au 28 mai 40. Il est prisonnier des Allemands du 29 mai 40 au 8 juin 1940. Libéré, il effectue à pied le trajet de Audenarde à Châtelet. Il entre dans la Résistance. Le 10 mai 1943, alors qu'il transporte des faux papiers, il est arrêté par la Gestapo et est incarcéré à Charleroi. Interrogé par ce service allemand, il n'avoue rien et le 19 juin 1943, il est envoyé à la prison de Mons et envoyé ensuite au camp de travail de Watten-Eperlecques où se trouve l'important chantier de l'organisation Todt qui construit ce fameux bunker devant servir au lancement des fusées V2.

Le 27 août 1943, il y a le bombardement par les bombardiers B-17 de l'USAAF, que j'ai déjà mentionné. Ce lâcher de 335 tonnes de bombes cause de très graves dégats mais aussi de nombreux tués par la population civile et les nombreux déportés dont beaucoup de Belges - on parle d'environ 150 Belges dont beaucoup non identifiés. Cela doit être ce jour-là que mon père s'évade. Il rejoint les maquis de Haute Lozère en octobre 1943. En avril et mai 1944, il participe aux combats de Chaudes Aigues (Département du Cantal - Région Auvergne) et, en juin 1944, aux combats dits du Mont Mouchet, (en bordure des départements de Haute-Loire et Lozère, près du Cantal). Le 15 août 1944, il y a l'embuscade de Barjac (voir ce récit ci-dessus). Plus tard, (date et un lieu inconnus) il est arrêté avec une partie de ses hommes par les Allemands et emprisonné (lieu pas connu). Bien qu'il portât un uniforme, on lui annonce que le lendemain matin, il sera fusillé. Au petit matin, comme il entend des coups de feu dans la prison et qu'il ne peut voir à l'extérieur, il suppose que les Allemands abattent leurs prisonniers avant de quitter les lieux puisque l'Armée américaine est tout près. Il entend des bruits tout près de sa cellule ... et se prépare à mourir. La porte s'ouvre brusquement et c'est ... UN DE SES CHEFS ! L'émotion est trop forte et mon père s'évanouit ..."

Un grand merci à Guy MISSON pour son aide et l'autorisation de publier ce fait sur le blog de notre Régionale de Tournai des Médaillés et Décorés de Belgique.

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Il vous est loisible de trouver d'autres détails sur ces faits du 15 août 1944, en tapant sur votre moteur de recherche ( ici : Google ) : La Résistance en Lozère - Barjac : mardi 15 août 1944.  ou encore " Résistance" et le "nom d'un des lieux mentionnés dans les textes ci-dessus

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11/08/2013

LUI, LEON BECKERS, AGENT DE RENSEIGNEMENT BELGE ...

J'eus, il y a quelques jours, l'attention attirée par une note apparaissant sur la page Facebook de notre vénérable société plus que centenaire, la SRPMDB. Je la lus ... et fus éberlué par ce que je venais de découvrir : le récit d'une épopée, un acte de courage, de bravoure, de don de soi et sacrifice qui, je l'avoue, m'était totalement inconnu. Et cette note, je la relus une seconde fois.

Léon BECKERS, ce héros caché, était un agent de renseignement du réseau Tegal, actif pendant la guerre 40-45. Je pus avoir connaissance d'un courrier du prénommé, destiné aux siens et daté de l'époque entourant "Décembre 1944".

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LEON  BECKERS

Nous en découvrons le récit complet :

Décembre 44 ...

Les Alliés s'organisent pour la campagne d'hiver ; on s'aperçoit nettement qu'ils veulent forcer le front à l'ouest d'Aix la Chapelle.

En tant que chef de secteur, je reçois l'ordre de poster des lignes de front, actuellement situées le long de la rivière "Roer" et de prendre connaissance de l'effectif armement-disposition de l'armée allemande, défensive et agressive ; je dois partir le 19 décembre, accompagné d'un agent et d'un télégraphiste. Ce dernier m'est présenté d'office ; quant à l'agent, je choisis mon collaborateur.

Je dois pour la première fois, me rendre en Bochie, pays inconnu, traverser la ligne et y rester environ 5 jours. Le 18 décembre, je mets mon oncle au courant qui, lui seul, est au courant de mes activités. Eventuellement, si la destinée voulait que je ne revienne pas, mon père aurait été averti par lui. Le soir même, je me rends à Verviers, chez ma fiancée et raconte simplement à mon beau-père que je dois traverser les lignes du front dès le lendemain soir ; en même temps, je lui remettais une lettre pour ma fiancée au cas où je ne serais plus revenu ...

Nous nous réunissons dans les bureaux de la CIC à Liège ( CIC : Bureau du contre-espionnage américain ) où nous déguisons tous les trois en soldats allemands et portant le brassard des infirmiers. Le révolver à la ceinture, nous prenons place dans une jeep-car d'officier et nous partons vers l'est. Nous traversons Verviers puis le frontière ; tout le long du chemin, nous continuons notre exercice de langue allemande surtout dans les mots médicaux et, enfin, nous apercevons des dépots de munitions, des tranchées et des garnison ; le front n'est plus éloigné. L'acheminement se fait jusqu'aux premières lignes où nous attendent déjà les quelques hommes, deux pelotons spécialisés dans les passages d'hommes.

Le passage doit s'effectuer, si tout réussit, dans une demi-heure ; quelques renseignements nous sont encore donnés par le Colonel américain au sujet des rapports de missions effectuées et que nous transmettrons par morse au petit avion "coucou". C'est celui-ci également qui nous transmettra les ordres par la suite. Nous recevons en même temps, les noms et adresses des Allemands qui sont disposés à nous héberger en cas de danger. C'est bien la première fois que je pars, l'esprit soucieux et cependant, il faut aller jusqu'au bout.

Le moment est venu, nous passons la rivière, peu large d'ailleurs ; deux groupes d'hommes attendent, l'un à gauche, l'autre, à droite, pour passer à l'attaque tactique.

Le signal est donné  ! ! !  Les soldats s'engagent et gagnent du terrain ; l'ennemi riposte, les nôtres redoublent d'ardeur dans leurs tirs qui s'acharnent de plus en plus ; nous en profitons pour avancer également en rampant. Les nazis, peu satisfaits, intensifient leurs contre-offensives et s'élancent à l'assaut. Sur ce, les Américains se replient et nous, nous faisons le mort, endossant des coups de pieds des soldats allemands qui courent dans l'obscurité. Nous nous redressons lentement et nous constatons avoir réussi le passage du front de position.

Mon premier travail est de rechercher un endroit à l'arrière du front afin de placer mon technicien ; un abri abandonné servira de poste d'observation et de ralliement ; ensuite, je m'oriente et me situe des limites pour ne pas m'égarer. A l'aube, Louis va de son côté ; moi, je prends une autre direction tandis que le troisième sera la sentinelle de notre hôme.

Toute la journée, je prends connaissance du terrain et constate que le calme règne dans la troupe. Je m'enhardis de plus en plus du fait que l'on ne remarque même pas ma présence, les soldats trouvant tout naturel que je recherche, soit disant, les blessés et les malades. Je suis tout à mon aise pour remplir ma mission et cela activera celle-ci.

La nuit venue, le "coucou" lance son appel et aussitôt, je transmets mon rapport et mes ordres ; ensuite, je reçois les siens.

La cinquième nuit - le 23 décembre 1944 - le "coucou" nous fait savoir que notre mission est terminée et que nous devons nous rendre directement à l'endroit du passage. Malheureusement, la chose n'est pas aussi facile ; au moment où les Allemands doivent contre-attaquer, moment propice pour nous, ceux-ci réalisent une réaction différente et nous nous trouvons bloqués sur le sol ennemi.
Ne perdons pas de temps ; nous rejoignons notre abri et discutons des possibilités de regagner le front allié.

Une idée  !!!

Je savais que la ville de Düren était en partie libérée, la région ouest de la Roer et je me trouvais à environ 10 kilomètres de cet endroit.

Je décide de partir le premier et d'attendre Louis à l'entrée de la ville, le long de la rivière et, ensuite, notre ami n°3. Louis arrive un quart d'heure après moi, comme prévu ; quant au technicien, il n'était pas encore arrivé une heure après. Il fallait en conclure qu'il avait eu des difficultés et devait se cacher ou bien, était-il mort ?

Louis avait reçu une balle dans la cuisse mais eut le courage de marcher. Nous traversons les ruines de la ville tant bien que mal, sautant les haies et les murs écroulés. A l'aube, j'aperçois des soldats américains sur l'autre rive à une vingtaine de mètres.

Notre idée était de se constituer prisonniers et de faire appel au Colonel. Nous arrivons enfin à être captifs mais ce n'est pas tout rose ; les Américains ne veulent rien entendre ; je leur dis que nous sommes Belges et eux de s'exclamer : "Soldats de Degrelle - Rex - Boches" ; nous recevons des coups et des injures à n'en plus finir.

Enfin, un chef arrive et je lui demande s'il connaît le Colonel X ; il nous regarde d'un air étonné et nous prie de le suivre.

L'expédition était terminée ...

François Beckers, en son nom et celui de sa famille, nous a autorisé la retranscription de la lettre de son père, dont mention ci-dessus, envoyée à sa fiancée de Verviers, document daté du 16 décembre 1944.

Il est aussi précisé que " En référence au récit de la mission de Mr Léon Beckers, la famille souhaite préciser qu'elle se réserve les droits sur la publication et l'utilisation du contenu de ce document ". Pour plus d'explication, contacter le fils de l'intéressé, François Beckers. Il se fera un plaisir de vous répondre via fbeckers@skynet.be

 

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Retranscription conforme à l'original, de la lettre écrite par Léon Beckers, "au cas où ..."

Mon très cher petit loup,

C'est à mon tour aujourd'hui de t'écrire, d'une façon un peu tragique. Tout d'abord, je m'excuse de ce qui arrive, ce n'est pas de ma faute ... que tous les chefs (responsables) auront leur tour, d'ailleurs, je ne suis pas le premier.

Voici ce qu'il y a.

La nuit du 18 au 19 décembre, j'ai dû partir pour l'Allemagne, c.à.d. derrière les lignes. Je ne suis pas volontaire, loin de là. Il se peut, si je n'avais pas aimé, que je serais déjà parti. Mais ! ! !

J'espère que tu croiras toujours en mon amour, j'en suis persuadé d'ailleurs.

Tu sais que je t'aime, je sais que je te causerai beaucoup de chagrin si la destinée voulait que tu lises cette lettre, car, à ce moment, ton brave petit Léon n'existerait plus ; peut-être aurais-je été fusillé par ces boches comme quatre de mes amis.

On nous disait qu'ils avaient été enlevés ; seulement, il n'en était pas question, ils auraient été posés derrière les lignes et n'en étaient pas revenus.

Ils sont morts en héros, je le suis également, sois fière de moi. Je suis près du bon Dieu et te vois déjà à cette heure où tu me lis.

Mon petit loup, ne gâche pas ta vie, je t'en prie. Tu ne m'oublieras jamais, je le sais, mais ce n'est pas la cause de rester seule. Moi je serai heureux de te voir heureuse ici-bas. Tu as besoin de beaucoup d'affection et de fonder un foyer. J'aurais voulu être le père de tes enfants mais Dieu a préféré autrement, toi qui est si chrétienne, tu comprendras et tu dois le comprendre.

Remercie beaucoup ton père qui a été si gentil pour moi et ta maman qui était la mienne aussi ; j'étais heureux chez toi car, en plus de ton grand amour, je ressentais un amour maternel également, il y avait déjà si longtemps que je n'avais plus eu l'affection d'une maman.

Embrasse bien tante Lisette, ta soeur Renée, Paul, le fameux Riquet et le brave Jules.

Je te quitte et te dis adieu ... mais ce n'est qu'un au revoir.

Reçois les tendres baisers de ton cher Léon.

(s) Léon

Qui était LEON BECKERS ? Léon, auteur de la "lettre qui devrait être remise à sa fiancée au cas où il ne reviendrait plus", effectuait son service militaire en 1939 au fort de Barchon, un des bastions défensifs de la ceinture de Liège. Il était affecté à une des trois coupoles garnies de canons de 105 mmm. La résistance de ce fort fut acharnée ; elle dura 9 jours durant lesquels 11.000 obus furent tirés par ses défenseurs. L'assaut final, appuyé par l'artillerie et l'aviation, fut mené par pas moins de 1.500 soldats allemands. Ecrasés par les bombes et submergés par les troupes d'assaut qui eurent recours aux lance-flammes pour neutraliser les positions de tirs, les défenseurs du fort de Barchon furent faits prisonniers le 18 mai 1940.

Léon BECKERS connut la déportation ; il sera ballotté dans plusieurs camps de travail et de concentration dont Rawa Ruska. Mais sa soif de liberté était plus forte que la peur du courroux de l'ennemi, il tentera de s'évader à plusieurs reprises. La septième tentative d'évasion sera bonne et c'est le 11 novembre 1943 qu'il rejoindra enfin, Liège. Moins de six mois après avoir retrouvé les siens, il intègre la section du réseau "Tegal", active sur le Plateau de Herve. Il y opérera sous le pseudonyme de "Daniel" et dirigera un secteur opérationnel.

Fin septembre 44, il est intégré dans le Comité d'Etat-major de l'Intelligence Service au côté du Colonel Wellington, M. Lepage (Sûreté de l'Etat), M. Dawan, M.Cherette, M. Steingnart, M. Dewez, M. Lombard et des Abbés Wilmotte et Demolin.

François Beckers nous précisera que son père Léon se mariera en 1947 à Mangombroux, Verviers avec Marie-Louise Jansen. Il décèdera le 31 mars 1979. Sa tombe se trouve au cimetière de Stembert, Verviers auprès d'autres anciens combattants. -- Infos de la famille Beckers reçues partiellement via Raymond Debelle.

Note personnelle de Jacques DCK : Informations sur le "Réseau Tegal" : voir, parmi de nombreux autres sites équivalents, : http://www.freebelgians.be/articles/articles-3-24+le-serv...

F I N

 

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08/08/2013

21 JUILLET 2013 - DE RETOUR DU DEFILE A BRUXELLES ...

Le vice-Président de la régionale du Tournaisis des Médaillés et Décorés de Belgique JEAN-PHILIPPE POCHART, de retour du défilé, a pu capter, à la gare du Midi à Bruxelles, de retour également de ce défilé exceptionnel du 21 juillet 2013 comme l'auteur de cette photo, ces trois grands amis de la Belgique Unie : JEAN LUXEN, vice-président Fraternelle para-commando de TOURNAI, également membre de notre régionale Médaillés et Décorés,  OSCAR DEMANEZ de l'amicale para-commando de MOUSCRON et Jean LOOSVELDT, secrétaire de l'amicale para-commando de ATH.

 

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