21/09/2008

Hommage aux soldats français 21 septembre 2008

On se souviendra qu'en 1832, la France vola au secours de la Belgique et envoya une armée aux fins de lui permettre de sauvegarder son indépendance toute neuve face à une tentative hollandaise d'en reprendre le contrôle ; le siège d'Anvers fut un épisode glorieux de cette campagne  et c'est d'ailleurs un soldat français de ce corps expéditionnaire, le sapeur Ausseil, gravement blessé, qui fut à cette occasion le premier décoré de l'ordre de Léopold.

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Détails du haut-relief en bronze, décorant la base de la colonne de marbre rose.

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En 1897, la Ville de Tournai voulut honorer ses voisins français et les remercier pour cette aide qui fut capitale dans le maintien de notre indépendance nationale. Un monument fut érigé sur la place de Lille, en témoignage de gratitude.

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Cent onze ans plus tard, à l'initiative de la FNACA et de son Président, Mr André Bruneau, le sacrifice de ces soldats français fut rappelé et les amitiés franco-belges furent célébrées lors d'une cérémonie à la fois vibrante et émouvante.

Un importante délégation française était venue de Pont à Marcq.

Nous livrons le texte des allocutions prononcées à cette occasion par Mr André Bruneau et par Mr l'Echevin Philippe Robert qui représentait la ville de Tournai.

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Mr  Lemaire, consul de France, saluant les drapeaux

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Les colonels Jacquet et Salembier en grande conversation

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Des anciens militaires français dont Mr Dupont, deuxième à partir de la droite.

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Mr André Bruneau, président de la Fnaca, durant son discours

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Mr l'échevin Philippe Robert durant son allocution

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L'intervention de Monsieur Lemaire, Consul de France

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Le dépôt de gerbes

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Trois des gerbes déposées au pied du monument. 

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La Royale Harmonie communale du Corps des Sapeurs - Pompiers de Tournai était présente et exécuta les hymnes nationaux français et belge  (vue partielle)

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Emouvante sonnerie de clairon par un des membres de la Royale Harmonie

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José Van Hulle et le drapeau du "Relais de la mémoire", porté par sa petite-fille. 

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 André Bruneau et Frédéric Pauwels

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Un sympathique vin d'honneur fut offert à l'issue de la cérémonie en la taverne "L'Impératrice"

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Discours d’André BRUNEAU, Président du Comité FNACA de Belgique

Mesdames et Messieurs en vos titres et qualités,

La place de Lille et le « Monument français ». Cette place était autrefois appelée « Marché aux Vaques », ce qui dit bien son emploi … Par contre, elle possède en son centre, un monument en pierre constitué par une haute colonne de granit rose, œuvre de Constant Sonneville et Daret, et des bas-reliefs en bronze par Debert, élevé à la mémoire des soldats français tombés pour la libération de la citadelle d’Anvers en 1832, la dite citadelle était toujours tenue par les Hollandais.  

Intronisé le 21 juillet 1831, le Roi Léopold 1° dut faire face à une invasion hollandaise ( Campagne des dix jours, du 2 au 12 août ) et demanda l’intervention de l’armée française dans un contexte diplomatique.

Le protocole du 22 octobre 1832 avait notifié à la Hollande que le siège serait mis devant la citadelle d’Anvers par une armée française si la garnison hollandaise n’avait pas évacué la forteresse avant le 15 novembre. Néanmoins, Guillaume d’ORANGE refusa certains points du traité et ne voulut pas rendre la citadelle à  Anvers,  clef de l’Escaut et accès à la haute mer, malgré les décisions du traité de Londres. En conséquence, le 16 novembre 1832,  avec l’accord des grandes puissances, les troupes françaises, sous le commandement du Maréchal Comte GERARD,  passèrent par Tournai et furent chargées de l’attaque de ce bastion redoutable.

Commencé dans la nuit du 29 au 30 novembre 1832, le siège de la citadelle d’Anvers, soutenu avec une remarquable bravoure par le Général Baron CHASSE, 67 ans, et ses quatre mille cinq cents officiers et soldats,  se termina, par une capitulation honorable signée le 24 décembre. Le grand port national était enfin évacué. La citadelle est enlevée au prix de nombreuses pertes notamment chez les Français. C’est à la mémoire de ceux-ci qu’a été inauguré le mémorial.

L’armée française remit la citadelle aux autorités belges. Le 31 décembre, un décret royal lui adressa les remerciements officiels de la nation belge.

Mais, ce ne fut que le 21 mai 1833, que l’Escaut redevint libre !… moyennant droit de péage aux Hollandais.

La Ville de Tournai fut choisie pour deux raisons. Parce qu’Anvers n’a pas accédé au souhait émis en 1894 par des bourgeois bruxellois d’y faire ériger un monument en l’honneur des 871 soldats français tués, blessés ou restés invalides durant le siège en 1832. Et ensuite parce que la Ville de Tournai a accédé au souhait du Comité  Bruxellois auquel s’était joint un Comité Tournaisien,  du fait que c’est par Tournai que le corps expéditionnaire français était entré en Belgique pour aller assiéger Anvers.

    L’allégorie de la mère patrie, bronze altier d’une femme drapée à l’antique, sommant une colonne de 12 m de hauteur en granit rose, tend vers la France la palme d’honneur décernée aux soldats tombés pour notre liberté.

Suite à un concours,  Constant Sonneville et Daret obtinrent la commande du monument en décembre 1896 ; le projet se distinguait des autres par l’harmonie des lignes et les heureuses proportions. La statutaire fut confiée à Debert, élève des Beaux-Arts de Paris et parent de Mr Sonneville. Le 29 janvier 1897, le conseil communal décide d’ériger le mémorial sur la Place du Vieux Marché aux Vaches, près de l’ancienne porte de Lille, ce qui entraîne une nouvelle appellation de la place. C’est désormais la Place de Lille. La première pierre est posée au début de juillet 1897 et le monument est inauguré le 19 septembre de la même année. La grille fut adjugée à Mr Vandenbroecke le 22 novembre 1904.

Une foule immense participa à l’inauguration, sur la place de Lille, du

«  Monument aux Français » érigé en signe de reconnaissance nationale de la Belgique envers les  soldats du Maréchal Gérard qui tombèrent sous les murs de la citadelle d’Anvers, en 1832.

Dans son intervention du 19 septembre 1897, M. le Bourgmestre CARBONNELLE s’exprimait en ces termes :

« Tous les participants à cette inauguration ont compris qu’il s’agissait de payer un tribut de reconnaissance à la mémoire des braves qui ont donné leur vie pour consolider notre indépendance… Ils ont encore vu dans cette manifestation l’occasion de faire honneur à cette grande et généreuse nation française avec laquelle nous vivons en intime amitié. » fin de citation.

Restauré dans ses pierres, sa frise et sa statue, ce mémorial mérite aussi de l’être dans la mémoire de chacun de nous.

M. le Bourgmestre CARBONNELLE dit encore :

«  L’auteur de cette œuvre artistique s’est bien pénétré de l’idée qu’il avait à représenter et son interprétation est des plus heureuses. Le monument, assis sur une base large et solide … s’élève comme un élan du cœur. Un bas-relief artistement ciselé retrace dans le bronze les faits d’armes acquis à l’Histoire. La figure qui surmonte l’édifice donne à l’ensemble son expression dominante : c’est un symbole de paix et de reconnaissance, c’est l’image de la Belgique qui se souvient. Ce monument dira aux générations futures qu’en 1832, les soldats français ont versé leur sang pour faire respecter notre nationalité, et qu’en 1897, les populations belges, celle de Tournai en particulier, ont voulu donner à la France un témoignage de gratitude … » fin de citation.

Inclinons-nous devant le sacrifice de ces braves soldats. Je vous remercie de votre attention..

Intervention d’André BRUNEAU lors de la réception du 21 septembre 2008 à la Brasserie L’Impératrice, rue des Maux à TOURNAI

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Mesdames, Messieurs,

Comment en est-on arrivé à cette cérémonie de la Place de Lille en 2008 ?

Début de l’année 2007, lors d’une réunion trimestrielle de l’Interassociation Royale des Sociétés Patriotiques de Tournai, dans la rubrique « Questions Diverses »,

Monsieur Roland SALEMBIER, Président de la Ligue Nationale des Vétérans du Roi Léopold III, demandait : « s’il était possible d’organiser une cérémonie pour honorer la mémoire des soldats Français tombés sous les murs de la citadelle d’Anvers en 1832 ? »

Monsieur Richard HOUWAERT, Président de l’Interassociation Royale, me demanda : « si j’étais prêt à me charger de cette cérémonie ».

Je lui répondis : « que j’acceptais si j’avais l’assentiment de tous et à condition de ne faire ombrage à personne ».

Je suis alors intervenu auprès de l’Administration Communale pour demander l’autorisation d’organiser une cérémonie.

Dans sa séance du 3 avril 2008, le Collège Echevinal s’est prononcé favorablement. Aussitôt des contacts ont été pris avec Monsieur l’Echevin Philippe ROBERT et avec Monsieur Christophe DELBAR pour l’organisation générale de la cérémonie et le respect du protocole.

Entretemps, dans le domaine historique, j’ai été précieusement aidé, en ordre chronologique, par l’Office du Tourisme, par Monsieur Jean-Jacques SOURDEAU, par le Commandant TILMAN, par le Colonel JACQUET et par Monsieur Jean MINOT, ancien Consul Honoraire de France à Tournai, toutes ces personnes que je remercie bien volontiers.

Comme l’inauguration du « Monument aux Français » date du 19 septembre 1897, nous avons retenu le dimanche qui suit cet anniversaire, soit le 21 septembre car les combats s’étant déroulés entre le 29 novembre et le 24 décembre 1832, nous avons pensé que ces dernières dates étaient tardives dans l’année et sujettes à des temps peu cléments, météorologiquement parlant.

Monsieur le Bourgmestre Christian MASSY et son Collège communal, Monsieur Serge MUCETTI, Consul Général de France à Bruxelles et Monsieur René LEMAIRE, Consul Honoraire de France à Tournai se sont associés à nous, Comité des Anciens Combattants d’Algérie, Maroc et Tunisie.

Nous sommes heureux d’accueillir parmi nous, de nombreuses personnalités, les présidents, les membres et les porte-drapeau des Fraternelles de Tournai et des environs, une forte délégation française de la commune de Pont-à-Marcq, les membres du Comité FNACA de Belgique et tous nos amis.

Que chacun et chacune de vous soient  remerciés de tout cœur d’avoir accepté de consacrer une part de votre temps pour participer à cette cérémonie du souvenir.

Coïncidence : le 21 septembre 2008, nous fêtons le 50° anniversaire de notre Fédération, troisième génération du Feu, qui voyait officiellement le jour à l’issue d’un congrès tenu à Paris sous la Présidence de Monsieur Jean-Jacques SERVAN-SCHREIBER et notre Comité FNACA de Belgique, l’un des deux comités situés à l’étranger, a été crée le 28 avril 2003 en présence de Monsieur René LEMAIRE, Consul Honoraire de France à Tournai.

Je vous remercie de votre attention et vous invite maintenant à partager le verre de l’amitié.

Vive la FNACA, Vive la FRANCE, vive TOURNAI et vive la BELGIQUE.

 Allocution de Mr l'Echevin Philippe ROBERT

Mesdames et Messieurs, en vos titres et qualités,

En septembre 1897 le Bourgmestre de l'époque, Victor Carbonnelle, prononçait les mots suivants en présence d'une foule très nombreuse, plus de vingt mille personnes, et sous une pluie battante:

"En inaugurant ce monument, que la Ville de Tournai doit d'honorer de posséder, rendons tout d'abord hommage aux nobles sentiments dont se sont honorés ceux qui ont pris l'initiative de l'oeuvre et l'ont si rapidement menée à bonne fin.

Tous ont compris qu'il s'agissait de payer un tribut de reconnaissance à la mémoire des braves qui ont donné leur vie  pour consolider notre indépendance et nous procurer ainsi les bienfaits dont nous jouissons depuis plus de soixante ans. Ils ont encore vu dans cette manifestation l'occasion de faire honneur à cette grande et généreuse nation française avec laquelle nous vivons en intime amitié et dont le contact exerce une influence si considérable dans le domaine des arts, des sciences et dans toutes les branches de notre activité.

Cette manifestation est essentiellement spontanée et populaire; elle part d'un sentiment dont nul ne pourrait prendre ombrage et il serait aussi absurde d'y voir une offense envers la Hollande qu'un acte d'humilité envers la France.

L'auteur de cette oeuvre artistique s'est bien pénétré de l'idée qu'il avait à représenter et son interprétation est des plus heureuses. Le monument assis sur une base large et solide comme le sentiment répandu dans la masse du peuple, s'élève comme un élan du coeur. Un bas relief ciselé retrace dans le bronze les faits d'armes acquis à l'Histoire. La figure qui surmonte l'édifice donne à l'ensemble son expression dominante; c'est un symbole de paix et de reconnaisance, c'est l'image de la Belgique qui se souvient.

Ce monument dira aux générations futures qu' en 1832, les soldats français ont versé leur sang pour faire respecter notre nationalité et qu'en 1897, les populations belges, celle de Tournai en particulier, ont voulu donner à la France un témoignage de gratitude et de sympathique attachement."

 En 2008, exactement 111 ans après que ces paroles aient été prononcées, elles paraissent encore étrangement d'actualité. La collaboration et les relations avec nos amis français n'ont pas cessé d'évoluer et ce monument, dédié aux français morts pour notre patrie, accueille chaque jour des dizaines de touristes, d'hommes d'affaire ou de citoyens français en quête de notre belgitude qui leur plaît tant.

La Ville de Tournai a accueilli nos amis français à bras ouverts en toutes périodes, témoin cet hôtel de maître, situé deriière moi et qui accueillit le Prince de la Tour d'Auvergne durant tant d'années.

C'est pourquoi en ce jour de commémoration, telle l'allégorie de la mère patrie qui se trouve sur ce socle, brandissant la palme d'honneur à l'intention des soldats français morts pour défendre notre liberté, nous déposerons aux pieds de celle-ci une gerbe de fleurs offerte par la Ville et les citoyens de Tournai, à la mémoire de tous les soldats de toutes les guerres qui ont défendu la liberté pour que nos enfants puissent vivre en paix.

Vive la France !   Vive la Belgique !

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Photos  de nos "correspondants de guerre" habituels J De Ceuninck  et  J-Ph Pochart.

15:19 Écrit par SRPMDB dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

31/08/2008

Commémoration du sacrifice des soldats vendéens le 24 août 1914


Comme chacun le sait, le 24 août 1914 de violents combats eurent lieu à Tournai au faubourg de Morel entre l'avant garde de la puissante armée d'invasion allemande et deux bataillons des 83 eme et 84eme régiments français d'infanterie territoriale, composés de conscrits quadragénaires originaires de Vendée ; nous renvoyons à l'article, déjà publié sur ce blog à ce sujet, par notre ami Jacques De Ceuninck.

Depuis de très nombreuses années, l'Association pour le Souvenir Franco-belge, actuellement présidée par Patrick Desauvage, commémore le sacrifice de ces soldats vendéens qui reposent sous le tertre, situé rue des Volontaires.

Pour la première fois, et à l'initiative de Mr Jean-Paul Martin, était organisée cette année, une marche commémorative reprenant le trajet effectué à l'aube du 24 août 1914 par ces soldats vendéens entre Wannehain ( France ) et Tournai. De courageux marcheurs s'étaient donc réunis aux aurores et prirent le départ, dès six heures du matin près de l'église de Wannehain là où  plusieurs soldats vendéens reposent au pied du monuments aux morts municipal ; l'accueil des autorités françaises fut des plus chaleureux puisque le Maire de Wannehain avait tenu à être présent dès l'aube et à ouvrir sa mairie pour accueillir les marcheurs ; après l'allocation d'usage,  il leur offrit une collation ; le Président Patrick Desauvage rappela les tragiques événements de 1914 et la symbolique de cette marche avant que les marcheurs ne s'élancent pour ce trajet de quelques 15 kilomètres.

Les marcheurs passèrent devant la ferme de la Vache Bleue dont le propriétaire avait illuminé la façade en arborant les couleurs françaises et  leur fit la relation des souvenirs de famille, transmis par sa grand-mère qui avait assisté à l'amputation d'un soldat français sur la table de la cuisine ...  pendant que les Allemands canonnaient les Français, en tir tendu, depuis les hauteurs de Marquain.

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Haut de la carte : Ferme de la "Bleuze Vaque" ou "Vache Bleue" - carte officielle

Après avoir traversé Esplechin, rencontre à Froidmont avec le journaliste Etienne Boussemart et ravitaillement réconfortant dans le café sur la place du village avant la dernière étape vers Tournai.

A 11 heures messe traditionnelle en l'église du Sacré Coeur en présence du Gouverneur Militaire de la Province de Hainaut, le Colonel Misson , représentant  le Ministre de la Défense nationale. Les autorités communales étaient présentes et de nombreux membres des Médaillés assistaient à la cérémonie.

A l'issue de l'office religieux, une minute de silence fut observée devant le premier monument, situé à côté de l'eglise avant que les participants ne se dirigent ensuite en cortège vers le mausolée des Vendéens. Après l'appel du nom de tous les soldats tombés à Tournai, les autorités procédèrent au traditionnel dépôt  de gerbes.

Vendéens - Wannehain - BLOG et E-MAIL dyn008_original_640_480_pjpeg_2593608_73fe4df3ff56386dc5daabbc1674c319

Ci-dessus : Le monument aux morts de Wannehain et les tombes de soldats vendéens

Ci-dessous : Détails des croix dont certaines portent l' identité de deux frères d'armes.

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Jean-Paul Martin donnant les premières explications aux marcheurs

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Le Maire de Wannehain

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Le Président du Souvenir Franco-belge Patrick Desauvage durant son allocution à la mairie de Wannehain.

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Les marcheurs se réconfortant avant le départ

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Les marcheurs s'élançant avant le lever du jour

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L'entrée de la ferme de la Vache Bleue ou Bleuze Vaque

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Le propriétaire de la ferme

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Lever de soleil sur les hauteurs d'où les Allemands canonnaient les Vendéens

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Les marcheurs se dirigeant vers la frontière belge et Esplechin

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 Rencontre avec Etienne Boussemart à Froidmont

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Photo de groupe devant le monument aux morts de Froidmont ( autrefois sur la place se trouvait un Institut aujourd'hui disparu où vinrent mourir  plusieurs Vendéens blessés).  A comparer avec cartes postales anciennes ci-dessous.

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Deux anciennes cartes postales montrent l'ancien Asile de Froidmont où quelques-uns de nos courageux Vendéens, blessés, vécurent leurs dernières heures, malgré les soins dévoués du personnel soignant. Photo supérieure : à droite, le Monument aux Morts - pour comparaison avec la photo de groupe, ci-dessus, prise ce 24 août 2008 au matin.

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Réconfortant ravitaillement sur la place de Froidmont

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Etienne Boussemart occupé à la rédaction de son article sous le commentaire de l'organisateur de la marche, Jean-Paul Martin .

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Deux toujours vaillants officiers de réserve honoraires ( Mrs Delmotte et Pochart ) et Patrick Desauvage, tous trois membres des MDB.

 

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 Tony Craps et la jolie Soukeina Martin

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 Jean-Marie Delmotte en grande conversation

 

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Le Commissaire Christian Masy , Président des MDB du Tournaisis, en grand uniforme devant l'église du Sacré Coeur.

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Mr Pol Geets, porte-drapeau des MDB, entouré du Président Masy et de Mrs Desauvage et Pochart.

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 Mr Masy et son Vice-Président J-Ph Pochart

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Patrick Desauvage accueillant le Colonel Misson, Gouverneur militaire de la Province de Hainaut, représentant le Ministre de la Défense Nationale

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 L'arrivée du Colonel Misson

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Mr A Disy, ancien combattant de 1940 et Président de la fraternelle des 3eme, 6eme et 12eme Chasseurs à pied.

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L'arrivée des représentants militaires français

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 Le Grand Chancelier Jean-Marie Delmotte

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Mrs Barbier et Bruneau

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Mr Philippe Hespel

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Mr José Van Hulle et l'une de ses petites filles portant le drapeau du "Relais de la mémoire"

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Les autorités et les drapeaux durant l'office religieux

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Le célébrant ( l'Abbé Maurice ADAM ) qui rappela l'esprit de sacrifice des martyrs vendéens

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La minute de silence à la sortie de l'église

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Le départ en cortège vers le mausolée des Vendéens

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L'église du Sacré Coeur

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Devant le tertre des Vendéens

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L'appel du nom des Vendéens, morts à Tournai

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Au premier plan, Pol Geets et le drapeau des MDB

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Le dépôt des gerbes par les autorités

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Parmi les drapeaux, José Van Hulle, initiateur du "Relais de la mémoire" et l'une de ses petites filles

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Dans le public, André Cachoir, ancien combattant  et Luc Defontaine ( présent malgré une double fracture du fémur...)

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 Photos : J.PH. Pochart et J. De Ceuninck

Nous renvoyons à l'excellent article d'Etienne Boussemart publié dans les colonnes du Courrier de l'Escaut ce 20/08/08 et également à son ouvrage complet sur la journée du 24 août dont des exemplaires peuvent encore être acquis auprès de l'auteur ou de Patrick Desauvage.

A l'initiative de Jean-Paul Martin, une BD sur le sujet devrait sortir de presse dans le courant de l'année 2009 .

Les personnes intéressées, notamment par la seconde édition de la "Marche des Braves" peuvent contacter Mr Martin ( martin.jean-paul@hotmail.com  ou 069/235614 )

 Nous joignons ci-après copie d'un long courrier documenté reçu par Mr Patrick Desauvage d'un de ses correspondants vendéens :

 TOURNAI – 24 août 1914

Aux Lucs-sur-Boulogne (Vendée), à cette époque, le curé Maximin Boudaud, après avoir rappelé dans son bulletin paroissial « Le Semeur » les missions des décennies antérieures, prépare activement ce qui doit être au mois de décembre 1914 la « Grande Mission ». Les Nations en déciderons tout autrement.

Etoile de la Vendée - Dimanche 2 août 1914 -.

«Musique du 93e  - Programme des morceaux qui seront exécutés, kiosque de la Place d'Armes, par la musique du 93e  régiment d'Infanterie, demain dimanche 2 août 1914 et mercredi prochain, 5 août, de 8 heure ½ à 9 heures ½.

1- En Avant - Menzel; 2 - Le Calife de Bagdad, ouverture - Boëldieu; 3 - La Marche Grecque - Ganne; 4 - Les Saltimbanques, fantaisie - Ganne;  5 - Le Rêve passe - Krier.    Le chef de musique : G. Pommier. »

[ Le 93e Régiment était en garnison  à la Roche-sur-Yon.]

Historique du 83e Régiment d’Infanterie Territorial :

A partir du 2 août 1914, les officiers et hommes de troupe des classes de l’Armée Territoriale, commencent à arriver à La Roche-sur-Yon. La formation du 83e Régiment d’Infanterie Territorial s’effectue normalement et conformément aux prévisions du journal de mobilisation du Corps.

Le 83e se compose d’un État-Major et de trois bataillons comprenant : 171 sous-officiers, 3 082 caporaux et soldats et 144 chevaux. Le 83e RIT s’embarque le 11août pour Nantes où se concentre la 88e Division d’Infanterie Territoriale dont il fait partie (176e Bataillon d’Infanterie Territoriale). Le 18 août, le régiment s’embarque avec sa division pour le G.M.P. Il est cantonné dans la zone Thiais – L’Hay – Chevilly. Le 22 août, il est enlevé et débarqué dans la zone Cysoing – Trétin – Templeux.

Les deux grands-pères.

Alcime Raveleau habitait la Bromière des Lucs-sur-Boulogne, et Eugène (Armand) Favrou la Vivantière de Beaufou. Alcime était de deux ans plus qu’âgé qu’Eugène, mais tous les deux se connaissaient bien car ils étaient cousins germains par alliance. Marie-Victoire Martin, la mère d’Alcime était la sœur de Marie-Angèle Martin, belle-mère d’Eugène. Tous les deux partirent rejoindre le 83e Régiment d’Infanterie Territoriale ; Alcime fut affecté à la 8e Compagnie du 2e Bataillon, et Eugène à la 2e Compagnie du 1er Bataillon. Tous les deux se retrouvèrent à Tournai, mais ils eurent des destins bien différents.

Messager de la Vendée – Dimanche 9 août 1914 – Chroniques Locale, Départementale et Régionale :

« Le départ du 93e. Jeudi soir, vers 8 heures, au milieu d’une foule considérable qui lui fit escorte en l’acclamant, notre régiment a quitté la caserne pour aller s’embarquer à la gare. C’est aux accents émouvants de « la Marseillaise » et du « Chant du départ » que le 93e, drapeau déployé, a défilé dans nos rues, donna,nt à notre population l’occasion de lui témoigner une fois encore sa vieille et franche sympathie … »

Etoile de la Vendée - Dimanche 9 août 1914 -.

« Le départ du 93e  ... »

Le Semeur – N° 31 – Dimanche 9 Août 1914.

De tristes jours se sont levés pour notre patrie, jours de peines, jour d’épreuves, jours de durs sacrifices ! de deuils plus tristes encore ! On dirait que la mort a passé dans chaque famille. Ce n’est la mort, mais bien quelque chose qui y ressemble. – Espoir et confiance en Dieu !

La semaine dernière nous avons vécu des heures de crises terribles. La guerre déclarée entre l’Autriche et la Serbie faisait trembler toute l’Europe. La guerre générale allait-elle sortir de ce conflit ? Tout était à craindre et tout le faisait prévoir. Les yeux étaient fixés sur l’Allemagne, l’ennemi héréditaire de la France et accoutumée depuis longtemps à donner des crises à l’Europe. Elle pouvait arrêter la guerre entre l’Autriche et la Serbie. Elle n’avait qu’un mot à dire. Ce mot elle ne l’a pas dit, elle n’a pas voulu le dire. C’est elle la grande responsable.

Nous étions donc dans les plus grandes inquiétudes jeudi 30 juillet, quelques hommes sont mobilisés. Les bruits les plus tristes se répandent. Les mauvaises nouvelles arrivent de toutes parts. Mais on espère croire. Il est difficile de croire qu’une guerre européenne est sur le point d’éclater. Mais les dernières dépêches annoncent que l’Allemagne commence à mobiliser. Le vendredi, 31 juillet, des dépêches nouvelles, des ordres plus précis sont donnés, c’est la réquisition des chevaux. Que nous réserve demain ? De quoi demain sera-t-il fait ? Le lendemain fut terrible. Ceux qui ont encore de longues années à vivre n’oublieront jamais le samedi 1er août 1914. Sur l’ordre du gouvernement, la mobilisation générale fut ordonnée. Quand le tocsin, cette sonnerie si lugubre qui ne se fait entendre que dans les calamités a retenti, ce fut de toutes parts un cri de douleur. C’était en effet l’appel aux armes, à la défense de la patrie. Presque tous les hommes valides de vingt à quarante huit ans étaient mobilisés. Et à l’heure même où commençait cette mobilisation, l’Allemagne dont les agissements tortueux se trouvaient démasqués et les projets déjoués envahissait le territoire français. C’était bien là l’équivalent d’une déclaration de guerre.

Et alors, et depuis, nous avons vu dans notre paroisse un spectacle qui s’est vu dans toute la France – un spectacle plein de consolation et rempli d’espérance. – Ce spectacle, c’est la foi se réveillant dans tous les cœurs et dans toutes les âmes. – Ce spectacle, ce sont ces longues files d’hommes, venant comme aux veilles de grandes fêtes s’agenouiller au pied du prêtre, demander pardon à Dieu de leurs fautes, s’approcher de la Sainte Table et recevoir Celui qui seul peut donner le vrai courage. – Qui pourra redire les impressions de cette messe de lundi célébrée à 4 h ½, pour tous ceux qui étaient mobilisés ! Que de prières ardentes ! Que de larmes aussi ! mais prières et larmes sont agréables à Dieu. C’était la douleur dans tous les cœurs des mères, des épouses, des filles et des sœurs, mais le courage extrêmement chrétien dans le cœur des hommes ! l’amour de Dieu ! l’amour de la patrie ! le sentiment du devoir ! Dans toutes les bouches, sur toutes les lèvres c’étaient les mêmes réflexions : Maintenant nous sommes prêts – Nos petites affaires sont en règle – Nous pouvons faire notre devoir. – Oh si nous étions seuls, nous partirions avec joie à la défense de la patrie. – Une seule chose nous attriste : laisser à la maison nos mères, nos femmes et nos petits enfants. – Mais à la garde de Dieu !

Chaque jour, surtout dimanche, lundi et mardi, combien nous ont quittés, s’en allant dans toutes les directions rejoindre les différentes garnisons ? – Et les émotions, éprouvées une première fois au départ des siens, se retrouvaient sans cesse à la vue des autres qui font leurs adieux. Le passage seul de nombreux chevaux réquisitionnés et conduits par des hommes mobilisés et déjà avancés dans la vie, arrache des larmes, car il rappelle le souvenir des êtres aimés. Les hommes sont partis tous courageux et prêts à faire leur devoir. Quoi d’étonnant ! Ils ont tous leur confiance en Dieu, en Celui sans lequel on ne peut rien. N’a-t-il pas dit : Que pas un seul cheveu ne tombe de notre tête sans sa permission. C’est Lui qui est le Maître de la vie comme il est le  Maître de la mort. – Ils n’ont pas oublié non plus la gardienne et la protectrice du Soldat, la très Sainte Vierge. Tous ont emporté avec eux le chapelet et la médaille de la Vierge bénie. Daigne cette Bonne Mère  les garder et les protéger !

Aujourd’hui la déclaration de guerre est officielle. L’Allemagne dans un accès de folie insensée a déclaré la guerre à la Russie, à la France et à la Belgique. Qu’adviendra-t-il – Dieu seul le sait. Que faire ? – Ceux qui sont partis ont accompli leur devoir. Ceux qui restent doivent le faire aussi. Une arme puissante nous reste. C’est la prière. Oui prions – Prions pour les soldats. – Prions pour la France. Chaque matin assistez a Messe et communiez aux intentions de ceux que vous aimez et qui sont loin de vous. La prière est toute puissante sur le cœur de Dieu. Et pour me servir de la parole de Jeanne d’Arc : les hommes batailleront – les femmes prieront et Dieu donnera la victoire.

Communiqué de la Mairie – Ravitaillement de l’armée.

La commune des Lucs-sur-Boulogne doit fournir pour les troupes en campagne un contingent de 104 bœufs qui seront conduits à Aizenay ainsi qu’il suit : 30 bœufs pour le 20 août à 10 h. ½ - 30 bœufs pour le 30 août à 10 h. – 20 bœufs pour le 12 septembre à 10 h. – 24 bœufs pour le 17 septembre à 10 h.

Les animaux seront en bon état d’engraissement – Ils seront pesés et payés immédiatement. En conséquence, tous les métayers qui ont des bœufs en état de vente devront se faire inscrire dès ce soir à la mairie. Dans le cas où le nombre des bestiaux serait insuffisant, il sera procédé à la réquisition suivant les lois de 1877 et 1906.

Il faudra fournir aussi 30 quintaux d’avoine pour vendredi matin à 11 h. ½ à Aizenay. Les cultivateurs qui ont battu devront déclarer dès aujourd’hui la quantité qu’ils peuvent livrer. Elle sera payée 19,50 les 100 kg. Elle devra être amenée sur la place des Lucs jeudi soir avant 6 heures.

Les Lucs-sur-Boulogne, le 8 août 1914. Le Maire A. Renaudin.

Comité de Secours aux pauvres pendant la guerre.

1. Un Comité de dames est fondé dans la paroisse des Lucs pour aider les pauvres pendant la guerre.

2. Toute personne s’engageant à payer une cotisation d’au moins un franc par semaine fait partie du Comité.

3. Toutes les offrandes si minimes soient-elles, seront acceptées avec reconnaissance.

4. Une réunion aura lieu à la cure chaque semaine au jour et à l’heure fixé par le Comité.

5. Toute famille ayant besoin de secours fera sa demande à l’une des dames inscrites ou à M. le Curé.

6. Les personnes faisant partie du Comité voudront s’enquérir des familles vraiment nécessiteuses.

7. Toute demande ou toute proposition de secours sera discutée en réunion du Comité.

8. La manière de distribuer les secours sera décidée à la première réunion.

Nota. Les personnes charitables qui désirent faire partie du Comité sont priées de se faire inscrire le plus tôt possible à M. le Curé.

Le Semeur – N° 32 – Dimanche 16 Août 1914.

Les tristes jours que nous traversons vont infailliblement amener la gêne dans presque toutes les familles. Dans quelques unes ce sera la misère. Aussi plus que jamais il est nécessaire de mettre en pratique la parole du Divin Maître : Aimez-vous les uns les autres.

Dans les premiers siècles de l’Eglise, les païens disaient en montrant les chrétiens : Voyez comme ils s’aiment. Il faut qu’aujourd’hui – et pendant toute la durée de la guerre – et toujours – on puisse dire en vous regardant : Voyez comme ils s’aiment dans cette paroisse des Lucs. Oui, aimez-vous les uns les autres et… Aidez-vous les uns les autres.

C’est dans ce but qu’un Comité de dames s’est fondé dans la paroisse pour aider les pauvres pendant la guerre. Toute personne qui s’engage à payer une cotisation d’au moins un franc par semaine fait partie du Comité. Toutes les offrandes, si minimes soient-elles, seront acceptées avec reconnaissance. Les familles nécessiteuses ayant besoin de secours feront leur demande à l’une des dames inscrites. Cette demande sera discutée – acceptée ou rejetée – en réunion du Comité.

La première réunion a eu lieu, mardi dernier, à 9 heures, à la cure.

Voici le nom des personnes charitables qui se sont fait inscrire et auxquelles on peut s’adresser pour demander des secours :

Mesdames : Lesaffre – Renaudin – Caillé – Airiau – Challet – Lambert – Gaston Parois – Brancard – Guichard – veuve Arthur Blays – Chauvin – Rezeau – Henri Perrocheau fils – Micaut – Auguste Minot – Landais.

Mesdemoisselles : Robert – Laurence Renaudin – Bertin – Edma Gautret – Marie Martin – Maria Perrocheau.

Je remercie sincèrement ces dames et ces demoiselles. Que Dieu les bénisse !

Il est toujours temps de se faire inscrire et de faire partie du Comité. La prochaine réunion aura lieu lundi prochain, à la cure, à huit heures précises.

A la première réunion de mardi dernier il a été décidé jusqu’à nouvel ordre, que les secours accordés ne seraient que des secours urgents et de première nécessité : c’est-à-dire du pain. Si – malheureusement – la guerre dure plusieurs mois et que d’autres secours soient nécessaires pour l’hiver en particulier, le Comité y pourvoira.

Daigne le Bon Dieu bénir ces bonnes volontés. Ces dames n’ont qu’un seul but : faire du bien le plus possible. Certes elles ne supprimeront pas la gène dans les familles. Il faudrait pour cela des billets de mille francs. Mais elles feront de leur mieux pour empêcher la misère de pénétrer chez vous. Puissent tous ces sacrifices obtenir la victoire de la France et le salut de nos soldats. Notre Dame des Armées, priez pour nous.

Décret du 2 août – Le décret du 2 août 1914, mis à exécution, va considérablement changer la situation des familles qui ont des membres sous les drapeaux et qui sont considérés comme soutiens de famille. Voici ce décret tel qu’il a été publié.

SOUTIENS INDISPENSABLES DE FAMILLE PRÉSENTS SOUS LES DRAPEAUX.

Le préfet de la Vendée à l’honneur d’informer les familles des Militaires présents sous les drapeaux pendant la durée de la guerre, qu’en vertu d’un décret du 2 août 1914, elles pourront présenter à la Mairie de la commune où elles résident une demande en vue de percevoir une allocation journalière de 1 fr. 25. Cette allocation sera susceptible d’être augmentée d’une majoration de 0,50 par enfant au dessous de 16 ans.

Les personnes ayant à leur charge des enfants, autre que ceux du Militaire, pourront bénéficier de ces majorations. Allocations et majorations ne seront accordées qu’aux demandeurs qui justifieront que des soldats présents sous les drapeaux étaient réellement pour eux des soutiens de famille.

Une commission composée de trois membres et réunie au chef-lieu de chaque canton statuera sur les demandes présentées. Il pourra être fait appel des décisions qu’elle prendra devant une autre Commission de cinq membres siégeant au chef-lieu de chaque arrondissement.

Le postulant qui voudra faire appels adressera au sous-préfet ou au Préfet pour l’arrondissement chef-lieu, une demande écrite dans laquelle elle exposera les motifs. Il sera délivré à chaque titulaire, admis au bénéfice de la Loi, un certificat d’admission sur le vu duquel sera effectué chaque mois le paiement des allocations et majorations. Ce certificat devra être soigneusement conservé pendant toute la durée de la guerre.

Pour les militaires appartenant à des classes antérieures à celle de 1913, présents sous les drapeaux au moment de la mobilisation et déjà titulaires d’un livret de soutien de famille, les allocations sont portées automatiquement de 0,75 à 1,25 et les majorations de 0,25 à 0,50 sans autre formalité, simplement sur le vu du livret de paiement. Enfin le bénéfice de l’allocation sera maintenu à la famille pendant toute la durée de la guerre, quel que soit le sort du militaire.

Fait à la Roche-sur-Yon le 7 août 1914.  Le Préfet, F. Tardif.

1° Que résulte-t-il de ce décret ?

-  Toutes les familles dont le « soutien » est parti à la guerre ont droit à une allocation de 1,25 par jour et 0,50 de plus par enfant au-dessous de 16 ans et cela pendant toute la durée de la guerre.

2° Que faut-il pour obtenir cette allocation ?

-  En faire immédiatement la demande à la Mairie – Cette demande sera examinée par une Commission de trois membres siégeant au Poiré-sur-Vie – Si la demande est refusée et qu’on la croit juste il est permis de réclamer au préfet.

Ce décret est très juste. Il est tout naturel que les femmes et les enfants dont le  « soutien » est parti à la défense de la patrie, soient aidés par l’Etat. Ce secours ne sera pas une consolation dans la peine, car l’argent ne peut remplacer ceux que l’on aime, mais du moins sera-t-il un préservatif contre la  « gène ou la misère ». Et c’est déjà beaucoup.

- Qui paiera cette somme formidable ?  - Tout naturellement les impôts.

Mais il faut espérer que cette fois ce seront les Allemands qui paieront la note.

La Guerre. Que vous dire de la guerre ? – Il y a beaucoup de nouvelles. Quelques unes sont sans doute vraies, beaucoup sont certainement fausses.

Ce qu’il y a de sûr, c’est qu’en Belgique les Allemands ont été arrêtés par l’audace et la bravoure de ce vaillant petit peuple : c’est qu’aujourd’hui nos soldats ont accouru à leur secours et qu’ils se battent sans doute contre les Prussiens. Ce qu’il y a de sûr, c’est que les troupes françaises ont pénétré dans l’Alsace – qu’elles se sont emparés de la petite ville d’Altkirh après un violent combat – qu’elles ont occupé Mulhouse – qu’elles ont été reçues avec enthousiasme par les populations d’Alsace qui, dans la joie de voir arriver les troupes françaises ont arraché tous les poteaux frontière – Nos troupes se sont depuis emparées des cols de Ste Marie-aux-Mines et du Bonhomme – elles occupent les crêtes des Vosges – Elles tiennent ferme sur tout le front – A l’heure actuelle plus d’un million d’hommes sont près de la frontière – Une grande bataille va sans doute se livrer, si ce n’est déjà fait.

Prions avec confiance ! Demandons à Dieu de protéger la France et tous ceux qui la défendent !

Le Semeur – N° 33 – Dimanche 23 Août 1914.

Les heures, les jours, les semaines passent sans apporter aucun changement à l’épreuve cruelle que vous endurez depuis le premier août. 

Jeunes gens et hommes partis à la guerre.

Pour vous encourager à prier pour la France et son armée, je crois vous être agréable en vous donnant la liste complète de tous les jeunes gens et de tous les hommes des Lucs appelés à défendre la patrie dans cette terrible guerre de 1914. Il est possible, même très probable, que quelques erreurs se produisent. Je vous prie de vouloir bien me prévenir. Je commence cette liste par les jeunes gens qui étaient déjà sous les drapeaux au moment de la déclaration de la guerre.

Jeunes gens et hommes partis à la guerre.  Pour vous encourager à prier pour la France et son armée, je crois vous être agréable en vous donnant la liste complète de tous les jeunes gens et de tous les hommes des Lucs appelés à défendre la patrie dans cette terrible guerre de 1914. Il est possible, même très probable, que quelques erreurs se produisent. Je vous prie de bien vouloir me prévenir. Je commence cette liste par les jeunes gens qui étaient sous les drapeaux au moment de la déclaration de guerre.

Le Messager de la Vendée – Samedi 15 août 1914 – Chroniques Locale, Départementale et Régionale :

« Entrée des Forces Françaises en Belgique. Des forces importantes Françaises entrent en Belgique, par Charleroi, et se portent dans la direction de Gembloux  … »

Le Messager de la Vendée – Samedi 22 août 1914 – Chroniques Locale, Départementale et Régionale :

«  En Belgique : En Belgique, le mouvement de retrait de l’armée belge a continué sans incident. Des forces de cavalerie Allemandes ont traversé Bruxelles se portant vers l’ouest. Elles ont été suivies par un corps d’armée. »

Historique du 83e Régiment d’Infanterie Territorial :

Le 23 août, le 2e bataillon du 83e RIT reçoit l’ordre  de couvrir la zone de rassemblement de la 88e DIT dans la direction de Tournai. Dans la nuit, le général commandant le 176e BIT dirige une reconnaissance de deux bataillons (dont le 3e du 83e RIT) sur Tournai.

Le général ayant rendu compte, le 24 août au matin, que Tournai n’était pas occupé par l’ennemi, le lieutenant-colonel commandant le Régiment reçoit l’ordre de prendre le commandement de cette reconnaissance et d’organiser la défense de Tournai. Au moment où il se mettait en route, l’artillerie ennemie insoupçonnée ouvrit soudainement le feu sur le rassemblement de la 88e DIT. Sous ce violent tir de surprise, les unités se dissocient malgré les efforts énergiques du lieutenant-colonel commandant. Ce dernier réussit à organiser un groupement à Borghelles puis à Templeux.

Le Messager de la Vendée – Lundi 24 août 1914 – Chroniques Locale, Départementale et Régionale :

 «  L’armée Belge est, toute entière, concentrée dans le camp retranche d’Anvers. Mais c’est sur la vaste ligne allant de Mons à la frontière Luxembourgeoise que se joue la grosse partie  …  Nous trouvons, en face de nous, dans ce mouvement offensif, la presque totalité de l’armée Allemande, formations actives et réserves  … »

Ce 24 août 1914, Alcime fut déclaré disparu et Eugène fut fait prisonnier. Les jours, les semaines, las mois et les années passèrent apportant, bien trop souvent, leur lot de tristesse.

Le Semeur – N° 35 – Dimanche 6 Septembre 1914.

La guerre, triste pour tous, mais cruelle surtout pour le cœur des mères et des épouses, continue toujours. La lutte devient même plus ardente que jamais.

Et combien de temps encore à souffrir ? – Il est impossible de le deviner. Dieu seul le sait. Les uns disent : ce sera court – Les autres : ce sera long. Une seule chose est sûre : ce sera terrible. Faut-il pour cela se désoler ? – se décourager ? – Faut-il écouter et croire tous les prophètes de malheur ? Eh bien ! non – La guerre est assez triste en elle-même sans essayer de jeter l’épouvante. Les « porteurs » de fausses nouvelles ne manquent pas ; un jour c’est une compagnie qui a été décimée – le lendemain c’est un bataillon – puis un régiment tout entier – voire même un corps d’armée ! ! !

Et voilà des centaines de mères, d’épouses, de sœurs ou de filles dans la douleur. Certes, je ne puis malheureusement pas vous garantir, ni vous assurer, que la paroisse des Lucs n’aura pas à souffrir des deuils cruels ! … C’est là le secret de Dieu. Mais de grâce ne faites pas courir des bruits qui brisent tant de cœur de mères et d’épouses. 

Les Belges chez nous. Un grand nombre de Belges ont fui leur pays dévasté par les Barbares. Ils viennent demander l’hospitalité de la France. Monsieur le maire nous a annoncé leur venue prochaine en Vendée et probablement aux Lucs.

Nous devons beaucoup à la Belgique. Pendant quinze jours ce vaillant petit peuple a résisté aux armées innombrables de l’Allemagne. Elle a arrêté l’élan de nos ennemis et peut-être l’envahissement de la France. Aujourd’hui la Belgique est dévastée – plusieurs villes sont en ruine – Un grand nombre de femmes, d’enfants, ont été massacrés. S’ils viennent chez nous, les bons et vaillants amis de Belgique, nous les recevrons de notre mieux. Nous leur ferons le meilleur accueil. Nous ne serons pas du nombre de ceux qui profitent parfois de la misère des autres, ou du temps de la guerre pour abuser de ceux qui souffrent et qui sont dans la peine.

Etoile de la Vendée – Dimanche 27 septembre 1914 -.

«  M. Albert Bertret, sergent à la 8e Compagnie du 83e Territorial, a été tué par un éclat d’obus près de Tournai (Belgique), le 24 août, en luttant héroïquement contre un ennemi 40 fois supérieur en nombre . ….»

Le Semeur – N° 39 –  Dimanche 4 Octobre 1914.

Nos morts au champ d’honneur.

Hélas ! Ce  qui était à craindre, est malheureusement un fait accompli ! la guerre a commencé à faire des deuils dans notre paroisse. …..

2°. Alexandre Nicoleau, de la Surie, décédé à Tournai (Belgique) le 24 août. Une balle l’a frappé à la tête. Il a vécu environ une dizaine de minutes. Alexandre Nicoleau, âgé de 35 ans, était fils de Jean Nicoleau et de Adéline Forgeau, de l’Ethelière. Il était marié à Angéline Creuzet de Saligny. Il laisse deux petites filles, une de six ans, et l’autre de trois ans. C’est un deuil bien cruel pour sa jeune femme et ses parents. Nous prenons une grande part à sa douleur. Mais il y a une grande consolation dans cette immense épreuve : Alexandre Nicoleau est mort en vrai Français et en vrai chrétien – pour son Dieu et sa patrie. – Le matin de son départ, il était debout dès deux heures pour se rendre à l’Eglise mettre sa conscience en paix et recevoir le Dieu pour lequel il est mort. Le Bon Dieu l’a sans doute déjà récompensé. Et là haut dans le ciel, dans un monde meilleur, il attend les êtres aimés qu’il a laissés ici-bas. …

Etoile de la Vendée - Dimanche 25 octobre 1914 -.  Nos prisonniers –

« Un certain nombre de nos compatriotes appartenant au 83e et 84e  Territorial ont été faits  prisonniers à la suite des combats de Tournai. La liste que nous publions a été établie par le bourgmestre de Tournai au moyen des livrets militaires que ces soldats avaient laissés sur la route. Cette liste n'est nullement officielle. Et il est certain que beaucoup de soldats faits prisonniers en cette circonstance n'y figurent pas. Par contre qu'un certain nombre de soldats s'étant débarrassé de leur livret militaire afin de revêtir des habits civils et mieux échapper aux investigations des prussiens ont pu par la suite regagner les lignes françaises.

84e ... ...

83e ... ....

Raveleau ...., classe de 1896, le reste est brûlé.

... ... »

La liste est très longue, mais je n’ai retenu que cette seule ligne :  selon toute vraisemblance il s’agit du grand-père maternel de mon épouse disparu à Tournai le 24 août 1914. Il faisait partie de la classe 1896 et avait quatre enfants en bas âge. Jugement déclaratif de décès en date  23 mars 1920, du Tribunal Civil de la Roche-sur-Yon.

Etoile de la Vendée – Dimanche 1er novembre 1914 -.

«  M. Eugène Monnereau, soldat au 83e Territorial, demeurant aux Sables, fait prisonnier à la bataille de Tournai, interné baraque 16, au camp d’Alten-Grabow, près de Magdebourg (Allemagne) … »

Si le sort d’Eugène fut assez rapidement connu, il n’en fut pas de même pour la famille d’Alcime. Si le courrier reçu par Eugène a pu nous parvenir, il n’en est pas de même de celui qu’il envoya d’Allemagne. Alcime envoya deux lettres (voir le Bulletin paroissial des Lucs « Le Semeur » N° 7 du 16 février 1919.

Le Semeur – N° 44 – Dimanche 8 Novembre 1914.

Que d’épreuves ! Que de sacrifices pendant cette horrible guerre ! Que de larmes versées à la seule vue de ces nombreux soldats blessés sur le champ de bataille. Et cela s’explique facilement. Votre pensée va tout naturellement vers ceux que vous aimez et qui sont continuellement exposés à toutes sortes de dangers.

Il y a bientôt un mois, le samedi 10 octobre, dix blessés arrivaient dans notre chère paroisse. Mlle Robert avait en effet pris l’initiative de loger et d’héberger quelques soldats de notre France blessés par l’ennemi. Depuis, deux caporaux, Baptiste Besson et Marcel Criard, l’un et l’autre de St Benoît-sur-Mer, nous ont quittés et ont rejoint le dépôt. Bientôt sans doute ils seront de nouveau sur la ligne de feu.

Un nouveau blessé, Alphonse Cantin, de St Etienne-du-Bois, a été envoyé chez Mlle Robert. A l’heure actuelle, ils sont huit soldats au Petit-Luc. Mais il y a toujours la note à payer. Depuis quatre semaines Mlle Robert a reçu différentes denrées : vin – œufs – beurre – poulets … etc. Elle remercie sincèrement les personnes généreuses. Mais quelques bonnes langues bien informées ont affirmé que Mlle Robert était payée par le gouvernement. Je suis chargé de vous dire que ce n’est pas la vérité. Le gouvernement ne donne pas un centime à Mlle Robert.

Si donc, quelques familles désirent participer à cette œuvre excellente de « blessé français » elles peuvent s’adresser en toute confiance à Mlle Robert et toutes les denrées seront reçues avec reconnaissance.

Les Belges chez nous.

Quelle triste chose que la guerre ! – Il  suffit de considérer un instant les quelques familles belges qui se sont réfugiées dans notre paroisse. Ils sont arrivés chez nous une cinquantaine mercredi dernier. Ils avaient tous sur le visage l’empreinte de la douleur – Et quoi d’étonnant ? Après un voyage de cinq semaines !

Et dire que c’est à cause de nous qu’ils sont réduits à un dénuement si triste ! – Pauvre petit peuple si brave et si cruellement éprouvé ! Pour ne pas venir au secours de semblables misères il faudrait avoir le cœur aussi dur qu’un rocher. Si nous étions chassés des Lucs par un ennemi sauvage et barbare, ne serions-nous pas heureux de trouver des âmes compatissantes ? Il y a dans l’Evangile des paroles sévères pour ceux qui ne sont pas charitables. Mais quelle récompense est promise aux cœurs compatissants ! Il faut voir dans les âmes qui nous sont confiées pour quelques temps le Christ lui-même.

Faites aux autres ce que vous voudriez que l’on fît pour vous si vous étiez à leur place.

La semaine prochaine je vous donnerai des renseignements précis sur toutes les familles que nous avons reçues en vous indiquant aussi les familles charitables qui ont bien voulu les recevoir.

Carte postale représentant une jeune femme assise sur une plage accompagnée de deux enfants, avec comme légende : La mer est là, miniature, bien suffisante à deux bébés.   Adressée à prisonnier de guerre, Mr Armand Favrou, soldat au 83e Régiment Territorial français, 1ère Compagnie, 15e Escouade, 1er Bataillon, 12e Baraque, au camp d’Alten-Grabow par Magdebourg – Allemagne.

La Vivantière le 8 novembre 1914.

Nous sommes en bonne santé tous les trois ainsi que tous les amis. As-tu besoin de flanelle, de chaussette, de tricot, dis-le moi. As-tu reçu ma lettre du 30. Je serai bien heureuse de le savoir. Ta femme qui t’embrasse de loin.

Votre petite fille qui pense à vous. Cécilia.

Cher papa je vous embrasse de tout mon cœur. Arsène Favrou.

Carte postale représentant Les Lucs-sur-Boulogne – Le Bourg – Route de Saint-Denis. Sur la vue un coup de tampon rectangulaire : « Geöffnet, gelesen, unbeanstandet, geschlossen. Prülungstelle. Kommandantur – Alten-Grabow.“

Adressée à prisonnier de guerre, Monsieur Armand Favrou, 83e Régiment Territorial, 12e Baraque, au camp d’Alten-Grabow par Magdebourg – Allemagne.

La Vivantière le 12 novembre 1914.

Cher parrain, je vous envoie une carte pour vous faire passer de nos nouvelles. Tout le monde se porte bien. Moi je commence à aller mieux. En attendant de vous revoir, je vous embrasse bien fort. Claudina Vrignaud.

Le Semeur – N° 45 – Dimanche 15 Novembre 1914.

Le mercredi 4 novembre, cinquante huit réfugiés du Nord de la France et de Belgique arrivaient au milieu de nous, chassés subitement de leur pays par un ennemi barbare et sauvage dont il fallait se défier.

L’installation des différentes familles fut assez difficile, mais avec de la patience on arrive au bout de tout. En tout cas il y a un principe qu’il ne faut jamais perdre de vue : faire de son mieux et … advienne que pourra ! Sur ces entrefaites, M. le Maire des Lucs est mobilisé. Donc nouvelles difficultés. Après plusieurs changements, (sans doute pas les derniers) l’installation est finie. Mais il reste une difficulté plus grande à résoudre : celle de la nourriture. Le gouvernement accorde 0,80 pour toute personne au-dessus de onze ans et 0,65 pour les enfants. Au premier abord cette modique somme paraît suffisante, mais quand il s’agit d’arriver à la pratique, c’est autre chose.

Il restait un moyen à essayer, une expérience à faire : c’était la vie commune. On essaya après entente entre l’administration communale et Mademoiselle Gautret. Dès le premier jour survint une difficulté : la question des petits enfants. Il est bien clair que des pauvres petits ne peuvent se contenter du repas du matin, du midi et du soir. Toutes les mamans en conviendront facilement. Il fut décidé que les familles ayant de nombreux petits enfants feraient elles-mêmes leur cuisine. Pour les aider à vivre la population fut appelée à donner quelques secours. Après entente avec l’administration communale, j’ai accepté de vous adresser cet appel. Je l’ai fait dimanche dernier à la grand’messe.

Depuis que je suis au milieu de vous j’ai appris il y a déjà bien longtemps à connaître votre esprit de charité et de générosité. Je ne me suis point trompé encore cette fois. Au moment où j’écris ces lignes, (jeudi) vingt cinq familles ont apporté différentes denrées : pommes de terre – haricots – salades – choux – carottes – pommes – marrons – beurre – fagots de bois (assez rares) – genêts – bûches … D’autres familles ont promis de donner, mais à condition qu’on aille chercher. Ce sera facile. Il y a parmi les réfugiés un grand nombre de jeunes gens. Ils se feront un plaisir de se rendre aux villages généreux.

Tous les secours seront distribués par le Comité des dames qui fonctionne très bien depuis le commencement de la guerre. Nous adressons nos meilleurs remerciements à ces dames qui se sont montrées si dévouées et si généreuses depuis plus de trois mois. Merci également aux familles charitables qui veulent se dévouer pour tous les réfugiés français et belges. Restons toujours et tous unis dans le même esprit de charité et de patriotisme.

Les ouvrières des Lucs. Jeudi, à la salle du patronage, les dames du Comité, accompagnées de 35 ouvrières, sont arrivées à 8 h. pour confectionner des habits pour les réfugiés. Ce nombre d’ouvrières ne m’a nullement surpris.

– Pourquoi me direz-vous ? – Pourquoi ? Oh ! la réponse est bien simple. C’est que je connais parfaitement la bonne volonté de ces travailleuses. En faisant appel à leur esprit de sacrifice j’étais sûr qu’elles viendraient très nombreuses. Dans les tristes jours que nous traversons c’est une vraie consolation. Daigne le Bon Dieu les bénir et les récompenser. Prêter aux pauvres, c’est prêter à Dieu. En attendant cette suprême récompense, merci ! ! !

Le Semeur – N° 46 – Dimanche 22 Novembre 1914.

Avis et recommandations. Les ouvrières des Lucs, qui se sont montrées dévouées si souvent, sont de nouveau invitées à se rendre au patronage le jeudi 26 novembre pour terminer les ouvrages commencés le 12. Les personnes qui auraient chez elles quelques « vieilles reliques » dont elles ne pourraient plus se servir, sont priées de les apporter au patronage ou à la cure. Les ouvrières habiles en feront des habits neufs pour les réfugiés.

Les Réfugiés. Au 19 novembre, j’ai une liste de soixante familles qui ont apporté à la cure pour les Réfugiés du Nord et de Belgique différentes denrées : pommes de terre – haricots – salades – choux – carottes – pommes – marrons – beurre – fagots de bois – genêts – bûches …

Une première distribution de secours a été faite mardi matin dans les différentes maisons qui ont accepté de nourrir les réfugiés. Cette distribution a été faite aussi juste que possible d’après le nombre de réfugiés prenant leur repas dans chaque maison. …

Sépulture. Le lundi 16 novembre, tous les réfugiés du Nord et de la Belgique (auxquels s’étaient jointes les personnes du bourg) conduisaient à sa dernière demeure Mme Jules Devertain née Julia Jacca, décédée au Petit-Luc, le 15 novembre.

Le Semeur – N° 47 – Dimanche 29 Novembre 1914.

Avis et recommandations. Merci aux ouvrières des Lucs, qui toujours généreuses et toujours dévouées sont venues de nouveau jeudi dernier au patronage, confectionner des habits pour les réfugiés du Nord et de la Belgique – Nos remerciements vont aussi tout naturellement aux personnes délicates et zélées qui ont apporté des costumes ou fourni des étoffes ! Que Dieu les récompense.

Quatre-vingt familles ont apporté à la cure pour les réfugiés différentes denrées : … Une seconde distribution a été faite mardi dernier dans les différentes maisons qui ont accepté de nourrir les Réfugiés. … Les ouvrières des Lucs sont invitées pour la troisième fois à se rendre au patronage jeudi prochain, pour terminer les ouvrages commencés.

Sépulture. Ont paru devant Dieu pour être jugés :

Novembre, le 13, Mlle Albertine Serrurier, réfugiée, âgée de un jour, sépulture le 14.

Le Semeur – N° 51 – Dimanche 27 Décembre 1914.

Les Réfugiés. Je suis chargé par l’administration communale de vous communiquer l’avis suivant : Il y a quelques semaines Monsieur le Maire a fait annoncer qu’il est absolument interdit aux réfugiés de réclamer dans les villages les différentes denrées qui leur sont nécessaires. Ceux qui ont l’intention de donner doivent tout déposer à la Mairie ou à la cure. Il a des abus qu’il faut absolument faire disparaître.

Donc, à l’avenir, ne donnez rien directement aux Réfugiés à moins d’une autorisation « de la Mairie ». Les abus seront ainsi supprimés immédiatement.

Comme on vous l’a déjà annoncé plusieurs fois, toutes les denrées déposées à la Mairie ou à la cure seront distribuées d’une manière aussi juste que possible aux Réfugiés. La charité n’est bonne que si elle est bien faite.

Carte postale représentant l’Hôtel de Ville de Levallois-Perret. Au verso un coup de tampon circulaire : «  Geprüft - Prülungstelle der Kommandantur – Alten-Grabow.“

Adressée Correspondance militaire - Prisonnier de guerre, Mr Armand Favrou, 83e Régiment Territorial, 2e Compagnie, 15e escouade, 1er Bataillon – Baraque 12, au camp d’Alten-Grabow par Magdebourg – Allemagne.

La Vivantière le 28 décembre 1914.

Cher parrain, malgré ce triste temps qui se passe le jour de l’an arrive et je viens vous exprimer mes vœux de bonne année. Votre filleule qui vous aime. C Vrignaud.

Le Semeur – N° 5 – Dimanche 31 Janvier 1915.

Classe 1916 : La guerre a déjà fait de nombreux vides dans notre paroisse. De temps en temps, ce sont des classes entières qui nous quittent.

Celle de 1916, sans doute, ne partira pas tout de suite, mais le tour de ces jeunes gens de 18 ans ne tardera peut-être guère. En tout cas le conseil de révision a eu lieu mardi dernier, 26 janvier au Poiré-sur-Vie. Voici le résultat :

Ont été jugés Bons pour le service :

Aristide Biret, du Chef du Pont                                       Benjamin Bonneau, de la Bromière

Charles Chauvin, du bourg                                             Jean Fèvre, du Plessis

Victor Fétiveau, du bourg                                              Jean Baptiste Genaudeau, de Ste Marie

Louis Jules Gralpoids, de la Rechignière                          Ernest Laurit, du bourg

Gabriel Le Roux, de la Daunière                               Placide Morineau, du Petit-Luc

Georges Baptiste Pavageau, de la Daunière          Louis Tessier, domestique au Beau Village

Arthur Macquet, réfugié du Nord.

Ont été ajournés :

Ernest Airiau, de Launay                                             Eugène Douillard, de Bel-Air

Prosper Minguet, de l’Ethelière                                       Pierre Ravon, de la Gaconnière

Pierre Rousseau, de la Gaconnière, au 18 février

A tous ces jeunes gens, exposés à partir à la guerre, je conseille de se préparer de leur mieux par une conduite exemplaire, des prières mieux faites, des communions plus fréquentes et plus pieuses !

Le Semeur – N° 6 – Dimanche 7 Février 1915.

Baptêmes.  Janvier, le 25, Jérôme Blomme, fils de parents réfugiés aux Lucs, parrain, Jérôme Blomme, de Rumbeke (Belgique), marraine Mme Naulleau, née Alice Peneau. …

Le Semeur – N° 10 – Dimanche 7 Mars 1915.

Un autre spectacle très édifiant nous a été offert mercredi matin. A sept heures les trois cloches faisaient entendre leur beau carillon. Elles appelaient à l’Eglise les Réfugiés belges. M. l’abbé Joseph Bogaert, aumônier militaire, affecté à la colonie Belge des Réfugiés, était venu la veille évangéliser ses compatriotes et les préparer au grand devoir pascal. … Il nous raconte aussi, hélas ! les cruautés des barbares Allemands, les atrocités dont ils se sont rendus coupable, les souffrances du peuple belge, obligé de s’enfuir  de toutes parts. 50.000 Belges sont réfugiés en France, dont 4.000 en Vendée – 110.000 en Angleterre – 300.000 en Hollande. …

Le Semeur – N° 11 – Dimanche 14 Mars 1915.

Avis et Recommandations. D’après une décision du ministre de la guerre, les exemptés ajournés et les auxiliaires des classes 1891 à 1899, qui ont été reconnus aptes au service armé par les Conseils de révision seront appelés sous les drapeaux entre le 15 et le 20 mars – J’invite les hommes de ces diverses classes à faire leur communion pascale le plus tôt possible, dès dimanche, s’ils le peuvent.

La provision de pommes de terre pour les réfugiés est bientôt épuisée – Quelques familles, dont je ne me rappelle plus le nom, en avaient offert généreusement. Si elles sont dans les mêmes intentions, ces familles voudront bien me prévenir.

Une paire de mitaines a été trouvée à la porte de l’église. – Réclamer à la cure.

Le Semeur – N° 13 – Dimanche 28 Mars 1915.

La semaine chrétienne. … A la grand’messe nous avions deux prêtres mobilisés, les deux frères, dont l’un est à Nantes dans les Infirmiers et le plus jeunes à Tours dans le service armé. M. l’abbé Alexandre Grelet à chanté la grand’messe et son frère aîné nous a dit d’excellentes choses sur la nécessité des souffrances et sur la manière de bien les sanctifier. Merci à l’un et à l’autre. …

Jeudi matin, à huit heures, nouveau spectacle édifiant. Dix petits garçons et onze petites filles ont fait leur communion privée. Voici leurs noms :

Lucien Charrier, de la Gaconnière                             Henri Louineau, de l’Ethelière

Marcel Bazin, de la Picaudière                                  Pierre Janière, de l’Aurière

Pierre Roux et Victor Roux, de la Ricoulière               Henri Buet, du Petit-Luc

Louis Couteau, de la Rechignière                             Jean Merrieau, de la Sauzais

Abel Renolleau, de la Daunière                              Marie-Thérèse Parois, du bourg

Gabrielle Giraud, du bourg                                   Lucienne Barré, de la Gaconnière

Cécile Mallard, de la Gaconnière                             Juliette Berrieau, de la Sauzais

Berthe Berrieau, des Blouères              Marguerite Morandeau, de la Gourmaudière

Marie Nicoleau, de la Surie                               Georgette Fétiveau, de la Moricière

Gabrielle Gobin, du Petit-Luc                            Maria Deversain, réfugiée du Nord.

Toutes les mères et quelques pères les accompagnaient à la Table Sainte. Hélas ! Combien de papas absents.…

Le Semeur – N° 18 –  Dimanche 25 Avril 1915.

Le 13 et 14 avril, 317 enfants dont 96 de Beaufou et 221 des Lucs ont suivi fidèlement la retraite préparatoire à la Confirmation. … Combien furent obligés de faire plus de 7 kilomètres le matin et autant le soir ?  - Encore un effet de cette terrible guerre qui laisse la paroisse de Beaufou sans aucun prêtres, comme beaucoup d’autres hélas ! …

Le temps est superbe. C’est une belle journée de printemps. Le soleil est radieux. Les drapeaux flottent partout, non pas en signe de réjouissance, mais de respect religieux. Vingt six cyclistes (si je ne me trompe) se rendent à Belleville pour former une escorte d’honneur à sa Grandeur. Voici leurs noms : Alexandre Fétiveau, d’Alexandrie – Elie Favrault, du bourg – Eugène Grelet, des Temples – Arthur Grelet, du bourg – Pierre Grelet, du bourg – Eugène Fort, des Cormuères – Léon Vrignaud, du bourg – Eugène Minguet, des Temples – Marcel Martin, du bourg – Aimé Minguet, de la Sauzais -  Louis Parois – Alcide Fétiveau, d’Alexandrie – Joseph Charrier, du bourg – Eugène Montassier, de Monplaisir – Martial Grelaud, du bourg – Jacobsen et Clovis Charrier, de Beaufou – Mathieu Wynants, réfugié belge – Louis Liesens, réfugié belge – Henri Blomme, réfugié belge – Louis Mariens, réfugié belge – Gabriel Alphonse, réfugié belge – Paul Vandevelde, réfugié belge – Jérôme Caes, réfugié belge – Louis Herbault, réfugié du Nord.

A toutes les bicyclettes les drapeaux des nations alliées, Français, Belges, Russes et Anglais. …

Le Semeur – N° 19 – Dimanche 2 Mai 1915.

Baptêmes.  Janvier, le 25 Jérôme Blomme, réfugié belge, né le 24 ; parrain Jérôme Blomme de Rumbeke (Belgique)  marraine, M. Naulleau, née Alice Peneau. [Alice Peneau, épouse Naulleau, est la sœur de Irma Peneau, épouse Jamoneau, la sage-femme de la Rue du Bois-Jolly.]

Le Semeur – N° 24 – Dimanche 6 Juin 1915.

Classe 1917 : Le lundi 31 mai, les jeunes gens de la classe 1917 ont passé le conseil de révision au Poiré-sur-Vie. En voici le résultat. Ont été jugés :

Bons pour le service :

J. Albert, des Cormuères                                         J. Limouzin, de la Primaudière

L. Bardou, des Graizaudières                                  C. Potier, du Chef du Pont

J. Bossis, de la Gaconnière                                      H. Relet, de la Bromière

J. Chaigneau, de la Gaconnière                                E. Rousseau, du bourg

A. Delhommeau, du bourg                                      L. Rousseau, de la Gaconnière

J. Guilbaud, du Petit-Luc                                         L. Vinet, de Launay

Louis Herbaut, réfugié du Nord

Le Semeur – Dimanche 4 juillet 1915 – Nos morts pour la Patrie -.

C’est la glorieuse et triste liste qui s’allonge encore :

27e Edmond Raveleau, classe 1904 – 24e Cie du 293e, fils de Victor Raveleau et de Marie Martin, né le 11 Août 1884. – tué le 18 juin . – Tels sont les renseignements officiels envoyés à la Mairie.

Le 3 mai 1909, Edmond Raveleau avait épousé Marie Grandet. Il laisse deux petites filles : Eglantine, née le 25 février 1910 et Fernande, née le 6 janvier 1913.

Voici quelques détails donnés par un camarade. Le mardi 15 juin, les Boches nous ont bombardés une partie de la journée et… jusqu’au vendredi, 4 heures. Je ne croyais pas en sortir. Sur les trois heures, le fourrier de notre compagnie a été blessé. Immédiatement on le porte dans la cabane du capitaine où on lui fait un premier pansement. Les brancardiers sont venus pour l’emporter. Edmond Raveleau était du nombre. Ils sortent le blessé de la cabane et le pose dans le boyau. Le sergent major vient serrer la main du blessé et au même moment arrive une marmite qui tue le major et les deux brancardiers. Edmond Raveleau est donc mort dans l’accomplissement de son devoir. Tous ses camarades font de lui les plus grands éloges. Il était toujours prêt à porter secours aux blessés. Un service sera célébré pour le repos de son âme lundi prochain, 5 juillet, à neuf heures.

Edmond Raveleau est un des frères de Alcime Raveleau.

Etoile de la Vendée - Dimanche 18 juillet 1915 – Nos Prisonniers -.

« Lettre de Louis Arnaud, président de la Jeunesse Catholique vendéenne.

Alten-Grabow, [près de Magdebourg] le 15 mai 1915,

Chers parents,

Je crois vous faire plaisir en vous disant aujourd'hui quelques mots sur notre vie ici. Le camp d'Alten-Grabow où nous sommes est très grand : il mesure plusieurs lieues sur chaque face et il est rempli de forêts de sapins et de plaines plus ou moins ondulées où l'aspect du sol est un peu celui du champ de course de La Roche, bien que le terrain soit plus sablonneux. A l'une des extrémités du camp, non loin de la gare, sont des baraquements où nous logeons. Ces baraquements sont tout neufs et bien clos. Chaque baraque mesure 50 mètres de long sur 12 mètres de largeur et est coupée en deux par une cloison. La cloison qui nous sépare de l'extérieur est double, savoir : 1° une cloison en planche comme aux halls des gares et une seconde cloison intérieure en plâtre bien raccordée. Double cloison de même au plafond; et un parquet en planches. Du plafond au plancher 3 à 4 mètres de haut. Chaque  baraque possède 20 fenêtres. Elle est chauffée en hiver par 4 poêles, et à dire vrai il y fait assez bon, surtout lorsque tout le monde est là. Car nous logeons à 300 par baraque et ça réchauffe la chambre ! Maintenant qu'il fait chaud nous sommes moins serrés, car un certain nombre de nos camarades sont partis travailler à la campagne, de sorte que dans les baraques il fait encore assez bon. Il y a dans le camp des prisonniers une centaine de ces baraques alignées sur 4 rangs ce qui fait une sorte de ville en bois.

Les couvertures sont en papier bitumé. De chaque côté s'étendent des espaces libres de plusieurs hectares de  superficie, où nous pouvons nous promener à l'aise, et où les amateurs organisent des jeux de toute espèces, notamment des matchs franco-anglais de football. Car il n'y a pas que des français ici. Les russes y sont aussi nombreux que nous; il y a aussi un bon nombre de belges et quelques anglais. Chacun connaît à peu près dix mots d'allemand : "Capout, brout, etc"; avec cela et des gestes de sourds-muets on engage des conversations, pas trop variées il est vrai, mais on arrive cependant à se faire comprendre un peu. Pendant une partie de la journée les prisonniers qui n'ont pas d'exemptions vont à la corvée. Ces corvées ne sont pas très pénibles, et rendent même service aux prisonniers dont quelques sans cela resteraient tout le jour enfermés, surtout en hiver, ce qui serait malsain. Ces corvées sont très variées; on va chercher des marchandises à la gare en s'attelant à 20 sur une charrette à 4 roues; on va paver la route; avec l'automne nous sommes allés arracher des pommes de terre; cet hiver nous allons enlever le bois mort des forêts de sapins, et comme nous avons 1 h. ½ ou 2 h. de marche pour nous rendre et autant pour revenir nous nous réchauffons bien. Quand la corvée est de retour, il y a généralement repos, et alors les uns jouent aux cartes, les autres causent, ou chantent. On parle aussi beaucoup de la guerre, et à ce sujet, l'objet des conversations est surtout la date probable du départ, car jamais jour ne fut autant désiré. Nous avons trois repas par jour : café le matin et une pleine gamelle de "fricot" le midi et le soir. Ne vous inquiétez donc pas tant de m'envoyer des nouveautés à manger, ni de m'envoyer tant de choses. Rien qu'avec le pain que vous m'adressez, je me débrouillerai. Toutefois un peu de nouveauté fait plaisir, mais inutile de chercher tant à varier, et surtout de m'envoyer des choses pouvant se détériorer. Un peu de chocolat, de beurre, quelques figues et ça suffit ... »

[ Fait prisonnier à Tournai le 24 août 1914, c’est dans ce camp que le grand-père paternel de mon épouse sera interné de fin août 1914 à fin décembre 1918.]

Etoile de la Vendée - Dimanche 25 juillet 1915 –  Nos Prisonniers -.

« Lettre de Louis Arnaud, président de la Jeunesse Catholique vendéenne.

Alten-Grabow, le 1er juin 1915,

... lorsque nous arrivâmes ici, le 1er septembre, on nous casa dans de vieilles baraques, grands bâtiments en planches de 100 mètres de long sur 10 de large, qui servaient d'écuries pour les cavaliers. La construction de baraques confortables où nous avons passé l'hiver n'était alors pas même commencée ... »

Le Semeur – N° 43 – Dimanche 17 Octobre 1915. – Messes de la semaine.

Mardi : 6 h. Messe de huitaine, pour Mr Victor Raveleau, de la Bromière. [ décédé le 7 octobre 1915, père de Alcime et Edmond Raveleau.]

Carte postale représentant Beaufou – le Bas Bourg.  Au verso un coup de tampon carré illisible.

Pas d’adresse, sans doute envoyée sous enveloppe.

La Vivantière le 21 avril 1916.

Mon Cher Ami, deux mots en réponse à la lettre que vous mavez envoyer et qui ma fait un tel plaisir que aussitôt que Augustine ma dit qu’elle l’avait la carte que je me suis mis à rire. Mon cher Eugène vous me disiez de dir a Augustine que vous avez reçut des colis je n’est pas eut la peine de lui dire car c’est à elle que le facteur l’a donner à Beaufou car elle était à la messe car c’est les fêtes de paques, elle nous a dit qu’elle l’a lut 2 fois en venant avant le lui en donne, vous me disez aussi de souhaiter le bonjour a auguste mineaux et a Armand grollier, je vous direz que je ne peut pas car il était en ce moment en permission de 6 jours et maintenant il doit retourner au front. Cher amis ne perdez pas courage malgré que nous sommes éloignés car on a espoir de se revoir aussitôt la fin de la guerre, si c’est comme on dit c’est le moyen que nous avons trouver pour savoir quand la guerre se terminera : une clé et un livre de messe [quelques mots effacés au bas de la carte]. Mon cher Eugène ne soyer pas étonner si vous voyer que ce n’est pas terminer car j’ai mis une feuille qui termine ce que jais à vous dire, je la mets avec, mais je ne sais pas si vous la receverez.

Le Semeur – N° 4 – Dimanche 31 Janvier 1916. –

Intentions des messes célébrées par : 2. Mr l’abbé Praud  : Samedi pour Mr Alcime Raveleau, de la Bromière.

[ Quelles informations ont été reçues par la famille ? Le doute ne semble plus de mise.]

Le Semeur – N° 19 – Dimanche 21 Mai 1916. –

Intentions des messes célébrées par :

2. Mr l’abbé Praud  : Lundi pour Mr Victor Raveleau, et ses enfants. [ Sous-entendu Alcime et Edmond. ]

3. Mr l’abbé Edmond Chabot : Lundi, pour Mr Alcime Raveleau.

Le Semeur – N° 23 –  Dimanche 18 Juin 1916.

Morts pour la France (52 – 53). Deux nouvelles familles ont appris, non pas officiellement, mais par des camarades, la mort de deux soldats de la paroisse. Nous avons assez peu de détails sur l’un et sur l’autre.

52°. Pierre Minaud, du Fief-Gourdeau, fils de Louis Minaud et de Victorine Raveleau, était né aux Lucs le 27 juillet 1891. Le quinze juin 1914, il avait épousé Marie Jaunet, du Fief-Gourdeau. Depuis l’offensive en Champagne il n’avait pas donné de ses nouvelles. Un camarade a affirmé qu’il avait été tué, à côté de lui, par un obus le 11 octobre 1915. Un service a été célébré pour le repos de son âme le vendredi 9 juin. 

Le Semeur – N° 24 –  Dimanche 25 Juin 1916.

Recommandés aux prières. Hélas ! La mort a frappé encore plusieurs de nos chers soldats. Je les recommande à vos bonnes prières.

Pierre Buteau, de la Poirière, mort pour la France, le 12 juin, à Verdun. Un service sera célébré …

Le Semeur – N° 25 –  Dimanche 2 Juillet 1916.

Morts pour la France. …

57°. Pierre Buteau, de la Poirière. – Un camarade de Legé a annoncé ainsi la triste nouvelle : « Mon camarade Pierre Buteau est mort le 12 juin à 2 h. de l’après-midi. Il a été tué par un éclat d’obus qui l’a frappé à la tête… » Pierre Buteau était né aux Lucs le 18 février 1881 et avait épousé Rosalie Boutin dans l’Eglise de Saint-Etienne-du-Bois le 19 juillet 1909. Il laisse deux petits enfants, Paul, né le 15 octobre 1911, et Lucienne, née le 10 avril 1911. Dans les nombreuses lettres que j’ai reçues de Pierre Buteau il me parlait toujours de sa soumission à la volonté de Dieu. Dans une de ses dernières lettres il me disait : « M. le Curé, j’ai 160 francs en or chez moi. J’écris à ma femme de vous les porter pour les déposer à la Banque… Je veux bien donner ma vie pour la France, si le Bon Dieu le veut, mais je veux aussi verser le peu d’or que j’ai pour aider à sauver mon pays. » Le Bon Dieu l’a trouvé mûr pour le ciel ! Un service sera célébré pour le repos de son âme le lundi 3 juillet à 9 h. ½.

Pierre Buteau est un frère de Léonide Buteau épouse/veuve de Alcime Raveleau : son mari, un neveu, son beau-frère, maintenant son frère … Combien d’autres encore. Que de larmes versées ! ! !

Carte postale représentant Beaufou – la Vieille Eglise.  Au verso un coup de tampon circulaire : «  Geprüft - Prülungstelle der Kommandantur – Alten-Grabow.“

Carte non datée (estimée 1917), au recto, à l’encre rouge : Favrou Armand, Bar[araque] 10.

Mon cher Armand je t’envoye deux mots pour te faire savoir de mes nouvelles qui sont assez bonne et je désire que tu en soi ainsi.

Mon cher Armand, je peut te dire que je change souvent de boutique, de ce moment je suis dans ma troisieme boite, je suis au Poiré chez Félix Violeau depuis deux mois et demi, mais l’ouvrage commence à diminuer, tu souhaiteras le bonjour à Ernest Grelaud et à Constant Laurenceau et Henri Bourasseau et Pierre Remaud de la Brunelière, et ainsi qu’à toutes les connaissances qui sont avec toi, tous se porte bien, chez toi pour le moment, ta sœur et son petit garçon sont chez nous de ce moment. Je peus dire qu’il a de bons coups à boire à la Vivantière, de ce moment il y a quelques bonne barriques à gouter, ton ami Douillard Henri

Carte postale représentant Les Lucs-sur-Boulogne – Vue générale prise de la Motte du Petit-Luc. Au recto, au crayon : carte du 4 novembre, reçu le 28 novembre 1917.

Les Lucs 4 novembre 1917.

Cher Armand,  Je fais réponse a ta carte du 10 octobre que j’ai recuz ce matin, sa me fait beaucoup de plaisir de te savoir en bonne santé, nous autres nous sommes en parfaites santés, je desire de tout cœur que ma petite carte te trouve ainsi, cher ami jai pas eu ta carte du 5, elle sera probablement perdue, tu as reçue ton colis en bonne etat, tant mieux, je t’envoi la vue générale des Lucs, il y a plus la rue de chez nous, aussitôt qu’elle sera refaite je te l’enverrai, je pensai t’envoyer un colis, mais ils sont encore arretés, aussitôt qu’ils seront repris je te l’enverrai , bonne santés, bon courage, bons baisers de ceux qui pense a toi, ton amie Agustine.

Carte postale représentant Les Lucs-sur-Boulogne – Intérieur de l’Eglise.

Les Lucs, 20 novembre 1917 [au crayon : reçue 3 janvier],

Cher armand, deux mots pour te donner de nos nouvelles qui sont très bonne, je désire qu’il en soit ainsi pour toi. Cher ami je t ‘envoi aujourd’hui un petit colis posteaux avec 1 boite paté, 1 demi livre semoule, 1 quart chocolat, une demi livre de sucre, c’est bien peu de choses, mais j’espère toujours que les gros puissent reprendre d’un jour à l’autre, j’espère ta carte du 25 octobre. Bien le bonjour de Henri et Jean Bouhaud, le bonjour de Laurent et d’Alcime Joya. Reçois toutes nos amitiés bons baisers A.F.

Le Semeur – N° 49 – Dimanche 9 Décembre 1917. –

Intentions des messes célébrées par :

1. Mr l’abbé Poirier : Mercredi pour Mr Alcime Raveleau, disparu le 24 août 1914. [Sous-entendu à Tournai. Maintenant le doute n’est plus permis, c’est la bien triste évidence après 3 ans d’attente et d’espoir]

Le Semeur – N° 50 – Dimanche 16 Décembre 1917. –

Intentions des messes célébrées par :

3. Mr l’abbé Jean Chabot : Lundi pour Mr Alcime Raveleau, de la Bromière.

4. Mr l’abbé Praud : Lundi pour Mr Alcime Raveleau.

Carte postale représentant Les Lucs-sur-Boulogne – Vue générale, prise du clocher. Au verso, coup de tampon carré : « Geprüft – Le reste difficile à lire »

La Vivantière, le 30 décembre 1917.

Cher oncle, Je vos fait savoir de nos nouvelles qui sont assez bonne pour le moment, ainsi que je désire que vous soyez ainsi en parfaite santé. En même temps que je vous souhaite une bonne et heureuse année, ainsi que nous vous la souhaitons tous, avec l’espoir que 1918 vous retourne parmi ceux qui vous sont chers et que se soit la dernière année de misère, car de ce moment chez nous sa fait très froid, que de pauvres malheureux qui soufre, enfin nous avons toujours Arsène et il doit encore rester l’année prochaine, il est pas si à plaindre que vous, il est toujours en bonne satée, rien de plus, je termine en vous embrassant de loin. J. Clémentine.

Carte postale représentant Les Lucs-sur-Boulogne – Le Pont sur la Boulogne, près de la Motte du Petit-Luc. Au verso, coup de tampon carré : « Geprüft – Le même que celui de la carte du 30 décembre »

La Gaconnière, le 3 mars 1918.

Mon cher oncle. Je vous donne de mes nouvelles qui sont toujours bonnes, tout va bien pour moi, je vous suppose de même en bonne santé, tout le monde va bien à la maison. Jean viens nous voir ces jours-ci. Il est en bonne santé, notre travail est assez en avance, nous avons eu une bonne période de beau temps. De ce moment le temps est plus froid, il tombe quelques flocons de neige. J’ai vu ma tante ce matin, ainsi qu’Arsène et Cécilia, il se porte bien. Je vous quitte en vous serrant une cordiale poignée de main. Votre neveu tout dévoué, Henri Bouhaud.

Carte postale représentant un bouquet de fleurs en couleur.

La Roche-Posay, 30 janvier 1918, erreur sans doute, lire 1919.

Chère sœur, A l’occasion du nouveau jour de l’an nous venons Robert et moi vous offrir nos meilleurs vœux pour 1919. Nous vous souhaitons à tous les 4 car je pense bien que mon frère veut pas tarder à rentrer avec vous. Espérons que l’année 1919 sera meilleure pour tout le monde, qu’elle mettra fin à toutes nos angoisses. J’ai bien reçu votre lettre, je vous écrirai plus longuement un peu plus tard. En attendant nous vous embrasson tous bien affectueusement. Augustine.

Le Semeur – N° 16 –  Dimanche 21 Avril 1918.

Dimanche dernier, quinze nouveaux réfugiés du Nord de la France sont arrivés chez nous chassés par nos cruels ennemis. Pour eux surtout c’est la guerre avec toutes ses horreurs. Comme toujours la population des Lucs leur a fait bon accueil. Monsieur le Maire, toujours ardent et dévoué, s’est occupé activement de leur trouver un gîte convenable. Ce n’est point chose facile. Pendant quelques jours des familles généreuses les ont acceptés dans leur propre maison. C’est parfait. Aujourd’hui ils sont logés convenablement. Mais ce n’est pas tout. Ces pauvres réfugiés manquent de toutes les choses nécessaires à la vie. Ce sont les premiers jours surtout qui sont durs et pénibles. Monsieur le Maire me prie de faire appel à votre générosité toujours grande quand il s’agit des malheureux. Je le fais volontiers. Ceux qui le peuvent, sont invités à apporter quelques denrées : pommes de terre – haricots – poireau – choux – œufs – etc – etc. Ces différentes denrées seront distribuées équitablement entre les nouveaux réfugiés par les sons du Comité des Dames. M. le Maire m’a demandé d’accepter « à la cure » ce que vous voudrez donner. Je le veux bien. Au bout de quelques jours les nouveaux réfugiés « se tireront » bien d’affaires comme les autres l’ont fait, mais de nouveau, ce sont les premiers moments qui sont les plus pénibles. Merci d’avance. Que dieu récompense ceux qui les ont déjà aidés et ceux qui porteront secours dans l’avenir.

Le Semeur – N° 17 –  Dimanche 28 Avril 1918.

C’est un « merci » que je vous adresse aujourd’hui du fond du cœur au nom des nouveaux réfugiés. Comme toujours vous avez répondu immédiatement à l’appel de votre maire et de votre curé. …

Le Semeur – N° 46 – Dimanche 17 Novembre 1918.

Le 11 novembre 1918.  – Le lundi, 11 novembre 1918, jour de la fête de St Martin, le grand saint français qui avait combattu les mêmes barbares que nous, l’armistice a été signé à six heures du matin et, à onze heures, la cessation des hostilités. Dans tout l’avenir, cette date sera inoubliable. Dès le matin nous attendions avec impatience la grande nouvelle qui était connue à Paris, mais qui n’était point officielle pour nous. Déjà nos cœurs battaient d’émotion, déjà l’espérance faisait partout rayonner la joie ! Aussi, quelques mots allaient résonner à nos oreilles : Victoire ! Fin de ces longs et tristes jours !

Les cloches de la victoire. – Le samedi, 1er août 1914, le tocsin, cette sonnerie lugubre qui ne se fait entendre que dans les calamités, avait retenti partout appelant aux armes tous les hommes valides capables de défendre la Patrie. Il était de toute justice que les cloches se fissent entendre pour annoncer la victoire définitive et la fin de ces tristes jours. Dans tous les clochers de France elles ont sonné joyeusement. C’étaient bien les messagères de la bonne et grande nouvelle. A peine le drapeau national est-il paru au Bureau de la poste que de nombreux hommes et jeunes gens se sont rendus au clocher. Et depuis quatre heures jusqu’à sept heures nos trois magnifiques cloches n’ont plus de repos. Elles vont, elles viennent, redisant à tous les échos : Gloire au Christ qui aime les francs !

Gloire à Dieu. – Oui, avant tout et par-dessus tout, gloire à Dieu, car de tels évènements ne sont pas possible sans que « Celui qui règne dans les Cieux » ait disposé des circonstances en notre faveur. A lui gloire et reconnaissance ! Vous l’avez bien compris. A peine les cloches ont-elles commencé à lancer  dans les airs leur son joyeux que les âmes comprennent le grand devoir de la reconnaissance envers le Tout-Puissant qui a fait pour nous de si grandes et si belles choses. Hommes et femmes entrent dans la maison de Dieu. Bénédiction du St sacrement, chant du Magnificat ; cantique de reconnaissance ; quelques paroles de M. le Curé ; Oh ! comme la religion sait consoler dans les peines ! Oh ! comme elle sait sanctifier les joies légitimes ! Oui gloire et reconnaissance à Dieu !

Gloire à Foch . – à Clemenceau – à tous nos soldats. Gloire à Foch, le grand Maréchal de France, le grand chrétien qui a su conduire nos armées à la victoire ! – Gloire à Clemenceau, le grand homme d’Etat, le grand Vendéen dont le nom restera toujours attaché au triomphe de la Patrie ! – Gloire à tous nos soldats dont le courage et la vaillance ont su triompher de toutes les épreuves, de tous les sacrifices, de toutes les difficultés.

Te Deum. – Sur l’ordre de Monseigneur l’Evêque de Luçon, un Te Deum solennel d’action de grâce sera annoncé par sonnerie de toutes les cloches et chant »é dans les églises et chapelles publiques du Diocèse, au salut du Très-Saint-Sacrement. Vous serez tous présents. J’invite officiellement M. le Maire, MM. Les Conseillers Municipaux, les différentes sociétés et association à assister à cette cérémonie solennelle de reconnaissance envers Dieu.

Pavoisons – Dès lundi, toutes les familles munies de drapeaux les ont sortis de leur cachette où ils étaient remisés depuis quatre années, et les ont placés aux fenêtres. En l’honneur du Te Deum d’actions de grâce ordonné par le Pasteur vénéré du Diocèse, en l’honneur de nos chers soldats, je vous invite de nouveau à pavoiser vos maisons le dimanche 17 novembre. Vive la France ! – Vive le Christ qui aime les Francs !

Le Semeur – N° 3 –  Dimanche 19 Janvier 1919.

Recommandés aux prières. Nous recommandons à vos bonnes prières.

1° Mlle Mathilde Lefebvre, décédée à St Sains le 12 janvier dernier. Mlle Mathilde Lefebvre était une de ces quatre réfugiées qui, il y a quelques semaines habitaient encore la rue de Belleville et qui ont laissé le meilleur souvenir parmi toutes les personnes qui les ont connues  et appréciées. La défunte a été emportée pat la grippe en 48 heures. …

Le Semeur – N° 7  - Dimanche 16 Février 1919.

La situation des familles qui comptent un membre disparu pendant l’horrible guerre qui vient de finir est certainement la situation la plus triste et la plus douloureuse.

Alcime Raveleau,  de la Bromière, fils de Victor et de Marie Martin, était né aux Lucs-sur-Boulogne le 11 septembre 1876. Le 25 juin 1900 il épousait Léonide Buteau. Il laisse quatre enfants : Alice, 18 ans – Cécile, 16 ans – Marie, 13 ans – Paul, 7 ans. Mobilisé le lundi 3 août 1914, il rejoint son dépôt à la Roche-sur-Yon. Puis il part pour le front. Il n’eut que le temps d’écrire deux lettres. La dernière a été reçu le 24 août 1914, jour où il a été signalé comme disparu. Depuis aucune nouvelle. Quelques soldats ont cependant assuré qu’il avait péri dans les flammes. Mais rien d’absolument sûr. Depuis cette époque c’est l’attente douloureuse et l’angoisse cruelle pour sa femme, ses enfants et sa famille.

Après la signature de l’armistice et le retour de tous les prisonniers, l’espoir de le voir revenir s’est évanoui définitivement.

Alcime Raveleau laisse le meilleur souvenir dans son village et parmi tous ceux qui l’ont connu. Sa vie chrétienne d’avant la guerre nous donne l’espérance que le Bon Dieu l’a reçu dans son Paradis.

Un service sera célébré dans l’Eglise des Lucs, le vendredi, 21 février, à 9 heures et demie, pour le soldat qui a fait son devoir et que l’acte officiel de disparition nous le fait présumer mort pour la France.

A son épouse, à ses enfants, à ses parents et amis, nos plus sincères condoléances !

Sur la fiche du site memoiredeshommes le prénom erroné : lire Alcime et non Alcène.

Le Semeur – N° 26 – Dimanche 29 Juin 1919.

La Paix ! elle est enfin venue ! Ce n’est pas trop tôt. Nous l’attendions depuis si longtemps ! combien de prières ferventes furent adressées au ciel pour hâter ce beau jour. Et c’est le mois du Sacré-Cœur qui nous apporte cette heureuse nouvelle. Après de vaines et inutiles protestations les Allemands annonçaient lundi dernier, à 5 heures, qu’ils acceptaient par force toutes les conditions qui leur étaient imposées. C’était deux heures seulement avant l’expiration du délai qui leur avait été fixé. La nouvelle officielle parvenait aux Lucs mardi matin à 2 heures. Aussitôt, nos cloches, qui avaient si souvent annoncé le deuil des familles, portèrent à tous les échos l’annonce de la paix victorieuse. Le carillon que nous n’avions pas entendu depuis près de cinq longues années remplaçait le son si lugubre des glas funèbres. C’était la paix et la paix victorieuse. Jusqu’à cinq heures du matin, sans interruption, et toute la journée d’heure en heure, nos belles cloches répétèrent le même refrain. Le canon lui aussi fit entendre sa voix puissante et résonna dans tout le bourg (peut-être un peu trop, paraît-il, pour les carreaux des fenêtres.) – Le soir un grand nombre de fidèles se réunissaient à la chapelle du Petit-Luc. Après le chapelet, un cantique et quelques paroles de M. le Curé, une procession s’organise de la chapelle à la Motte au chant de l’Ave Maria de lourdes. Après un troisième cantique les échos de la vallée retentirent des acclamations de : Vive la France – Vive notre Dame du Petit-Luc – Vive le Sacré-Cœur de Jésus. Belle journée que celle du 24 juin 1919.

Le Semeur – N° 33 - Dimanche 10 Août 1919.

Fête en l’Honneur de la Victoire - . Programme.

1. Sur l’initiative de M. le Maire, le conseil municipal a décidé d’organiser une fête en l’honneur de la victoire des alliés et de la paix accordée à notre pays.

2. Un Comité de fête a été institué. Il est ainsi composé : M. le Maire, président – M. le Curé, président d’honneur – L. Charles Rezeau, secrétaire – M. Henri Giraud, fils, trésorier – MM. Henri Guichard – Gustave Challet – Alcime Parois – Clément Landais – Victor Grelaud – Elie Favreau – Henri Perrocheau, fils – Jérôme Pavageau – Arthur Grelet – Ernest Ferré.

3. La fête est fixée au dimanche 31 août.

4. Le samedi soir, 30 août, la fête sera annoncée par le carillon des cloches et le canon.

5. Tous les habitants du bourg sont invités à pavoiser et à enguirlander leur demeure.

6. 31 août matin. – Fête du Souvenir. – A huit heures à la mairie distribution de pain aux pauvres.

7. A neuf heures – A la mairie, réunion des combattants de 70. – Distribution de médailles et remise solennelle des décorations.

8. Dix heures, grand’messe. Elle sera célébrée pour les morts de la patrie. Dans le chœur prendront place les petits orphelins de la guerre entourés du conseil municipal. Devant la Sainte Tables les veuves de la guerre, les pères et les mères des soldats morts pour la France. Des places seront réservées également à la Société de Secours Mutuels et aux membres de la Jeunesse Catholique. – Le sermon sera donné par M. l’abbé Alfred Lesaffre, aumônier militaire, chevalier de la Légion d’Honneur, grand blessé de la guerre – après la messe procession au cimetière. Pendant le parcours, chant des Vêpres. Au cimetière où un catafalque sera élevé, chant du « Libera ».

9. Souvenir – Un petit souvenir sera offert à tous les enfants des morts et des disparus de la grande guerre, témoignage de gratitude et de reconnaissance de la commune des Lucs.

10. Soirée du 31 – Fête de la victoire et de la paix. – A deux heures et demie, grand cortège allégorique – Sur la place sera élevé un arc de triomphe sous lequel passeront tous ceux qui feront partie du défilé. Cet arc de triomphe sera comme un témoignage de reconnaissance de la commune des Lucs « aux poilus de la grande guerre ».

11. Le défilé commencera au patronage. En tête de cortège, après les clairons, les maréchaux de France, à cheval, suivis de leur état-major, à cheval également. Au milieu, M. l’abbé Lesaffre, chevalier de la Légion d’Honneur représentera l’aumônerie militaire.

12. Les grands blessés de la guerre avec leurs décorations.

13. Tous les hommes et tous les jeunes gens mobilisés, au front ou à l’arrière, partagés par escouade et commandé par un camarade ; tous marchant au pas.

14. Les petits garçons portant des drapeaux.

15. – Char de l’agriculture traîné par des bœufs et conduits par des femmes qui ont si bien mérité de la patrie pendant la guerre.

16. – Char de l’Alsace et de la Lorraine représentant les deux provinces réunies à la mère patrie. Ce char sera précédé de jeunes Lorraines et Alsaciennes. Toutes les jeunes filles sont invitées à la fête.

17. – Char de la victoire et de la paix. – M. le Maire et ces messieurs du conseil municipal ont eu l’excellente idée d’acheter un coq superbe perché sur une grande croix. Il représentera le « coq gaulois » et sera placé ensuite sur le clocher.

18. Au cours du défilé tous les assistants se masseront devant l’Eglise – Il y aura un grand discours et le chant de la « victoire ».

19. Pour la jeunesse. Course de bicyclettes une pour les jeunes gens au-dessous de quinze ans – une pour les jeunes gens au-dessus de quinze ans – course à pied pour les petits. – Seront admis à prendre part aux différentes courses de bicyclettes :

a. – Tous les jeunes gens des Lucs présents ou absents.

b. – Tous les ouvriers ou domestique habitant les Lucs depuis le premier août.

c. – Tous les coureurs auront des prix, les premiers en argent – les autres d’une réelle valeur, à condition de faire le parcours dans un espace de temps qui sera déterminé plus tard.

d. – Les inscriptions sont reçues dès maintenant chez messieurs : Charles Rezeau, Henri Giraud, Ernest Ferré.

20. Pendant la course – mat de cocagne – lancement de ballon – Bombes de jours.

21. – Sept heures, bénédiction du St sacrement.

22. – Illumination générale du bourg, feu d’artifice.

23.– Lorraines et Alsaciennes. – Soixante jeunes filles se sont fait inscrire pour participer au défilé en costume d’ « Alsaciennes ou de Lorraines ». Celles qui peuvent s’offrir un costume, le comité acceptera l’offre avec plaisir. Pour les autres, le comité paiera la location des costumes de jeunes filles au-dessus de dix ans.

24. – Frais – Le comité fait appel à toutes les bourses pour aider à payer les frais qui seront assez considérables. Des personnes se présenteront à domicile. On peut aussi verser son obole ou son offrande à l’un des membres du Comité et en particulier à M. le trésorier.

25. Vin d’honneur – Un vin d’honneur sera offert à tous les mobilisée qui auront participé au cortège. Ils ont tous été à la peine, tous doivent être à l’honneur. Nous n’aurons jamais assez de reconnaissance pour tous nos soldats. – La matinée du 31 août sera employée à honorer nos morts – la soirée à glorifier ceux que le Bon Dieu a préservés. Ce sera une belle fête religieuse et patriotique dans l’union intime de tous les cœurs et de toutes les âmes.

Alcime Raveleau, de la Bromière, avait été signalé comme disparu le 24 août 1914. J’ai donné quelques renseignements sur ce courageux soldat dans le Bulletin Paroissial du 16 février de cette année. Aujourd’hui la mort d’Alcime Raveleau est certaine. Voici une lettre de l’un de ses camarades qui fut prisonnier en Allemagne.

Cette lettre est adressée à Mme Raveleau.

« Vous me demandez des nouvelles de votre mari. Il ne faut pas compter sur son retour. Il a été tué à Tournai. Je vous assure qu’il n’a pas souffert longtemps. La première balle l’a tué. C’était mon grand camarade. Je l’ai bien regretté … »

On avait raconté bien des histoires à propos d’Alcime Raveleau. Il avait été brûlé, disait-on. C’était faux. En voici la preuve.

Que Dieu accueille dans son Paradis celui qui est mort pour son pays. Nous offrons de nouveau à sa veuve et à ses enfants nos plus sincères condoléances.

Le Semeur – N° 34 - Dimanche 17 Août 1919.

Le 31 août.  Le 31 août demeure le jour fixé pour célébrer dignement la victoire et la paix. Inutile de rappeler le programme. Il vous a été donné déjà deux fois. Le Comité s’occupe activement des préparatifs. Le programme sera exécuté en entier. En principe, à moins de changement, le défilé partira du patronage où il est plus facile de remiser les chars. Les jeunes Alsaciennes et lorraines prendront leur costume à l’école libre et les cavaliers dans la salle du patronage. Le cortège suivra d’abord la route de Rocheservière, prendra la route de St Denis jusque chez M. Pavageau, passera par la route des Cinq-Coins et reviendra par celle de Belleville. Si je donne dès aujourd’hui l’itinéraire du cortège, c’est pour inviter les habitants du bourg qui auront l’honneur de voir le défilé devant leur demeure de vouloir bien faire de ces « demeures » un passage digne de nos chers « poilus ».

De nouveau, le Comité fait appel à toutes les bourses pour aider à payer les frais qui seront assez considérables. Donnez aux personnes qui passent chez vous, ou bien adressez-vous à l’un des membres du Comité. Je suis à votre disposition pour tous renseignements.

Avis important. Les costumes pour la fête de la victoire doivent être demandés immédiatement si nous voulons les avoir pour le 31 août. Les cavaliers voudront bien se réunir à la mairie sans manquer le 15 août à quatre heures – Les jeunes filles qui se sont fait inscrire pour des costumes d’alsaciennes voudront bien se rendre à l’école libre, le 15 août à une heure. Ceux ou celles qui ne pourraient se rendre au rendez-vous se feront remplacer. Le Comité ne garantit rien pour les absents. La location des costumes est d’un prix très élevé. Il ne faut donc demander que le nombre nécessaire.

Cérémonies religieuses. 16 Juillet – Le mercredi 16 juillet, il y avait grande fête à Baugé, Maine et Loire, à la Communauté des Sœurs du Cœur de Marie. La paroisse des Lucs y était représentée par une jeune fille qui a quitté le monde depuis quelques mois pour se consacrer à Dieu. La jeune Villain, des Temples, prenait l’habit religieux. …

11Août – Une cérémonie semblable avait lieu le 11 août, à la communauté des Sœurs de Mormaison. … De nombreuses personnes des Lucs étaient présentes. La plupart avait répondu à l’invitation d’une enfant de la paroisse, Marie Chabot, qui, ce jour-là, se consacrait à Dieu pour toujours, par les vœux perpétuels. …

Le Semeur – N° 35 - Dimanche 24 Août 1919.

Fête en l’Honneur de la Victoire - . Programme.

1. Sur l’initiative de M. le Maire, le conseil municipal a décidé d’organiser une fête en l’honneur de la victoire des alliés et de la paix accordée à notre pays.

2. Un Comité de fête a été institué. Il est ainsi composé : M. le Maire, président – M. le Curé, président d’honneur – L. Charles Rezeau, secrétaire – M. Henri Giraud, fils, trésorier – MM. Henri Guichard – Gustave Challet – Alcime Parois – Clément Landais – Victor Grelaud – Elie Favreau – Henri Perrocheau, fils – Jérôme Pavageau – Arthur Grelet – Ernest Ferré.

3. La fête est définitivement fixée au dimanche 31 août.

4. Le samedi soir, 30 août, et le dimanche matin, la fête sera annoncée par le carillon des cloches et le canon.

5. Tous les habitants du bourg sont invités à pavoiser et à enguirlander leur demeure ainsi que les rues où doit passer le cortège : drapeaux – tentures – guirlandes, décorations de toutes sortes.

6. Fête du Souvenir. – La matinée sera évidemment la fête du souvenir. Elle sera employée à honorer les morts et à prier pour le repos de leur âme.

7. Pauvres – La charité est la plus belle de toutes les vertus. A huit heures, à la mairie, distribution de pain aux pauvres.

8. Combattants de 70. – Ils ont subi la défaite ; ils seront heureux de voir la revanche. Ils ont souffert eux aussi et doublement : il est juste qu’ils soient à l’honneur. A neuf heures, à la mairie, remise solennelle de médailles aux vieux combattants de 70.

9. Grand’Messe  – Dix heures, grand’messe. Elle sera célébrée pour tous les morts de la patrie. Au milieu du chœur, devant l’autel, le grand livre où seront inscrits tous les noms des morts et disparus de la grande guerre. Dans le chœur prendront place les petits orphelins de la guerre entourés du conseil municipal. Devant la Sainte Tables les veuves de la guerre, les pères et les mères des soldats morts pour la France. Des places seront réservées également aux combattants de 70, à la Société de Secours Mutuels et aux membres de la Jeunesse Catholique. – Le sermon sera donné par M. l’abbé Alfred Lesaffre, aumônier militaire, chevalier de la Légion d’Honneur, grand blessé de la guerre – A la fin de la messe, chant aux morts de la patrie – Pro cession au cimetière où une palme sera portée. – Pendant le parcours, chant des Vêpres. Au cimetière où un catafalque sera élevé, chant du « Libera ».

10. Fête de la victoire. – La soirée du 31 août sera toute entière employée à honorer « nos chers poilus » qui ont si bien mérité de la patrie.

11. Deux heures et demie. – Grand cortège allégorique – Sur la place sera élevé un arc de triomphe sous lequel passeront tous ceux qui feront partie du défilé. Cet arc de triomphe sera comme un témoignage de reconnaissance de la commune des Lucs « aux poilus de la grande guerre ».

12. Le défilé commencera au patronage. Les chars seront prêts, les Alsaciennes et les Lorraines prendront leurs costumes à l’école libre. Les cavaliers dans la salle du patronage.

13. Défilé. – En tête du défilé, des cyclistes. Tous les jeunes gens qui ne sont pas mobilisés sont invités à décorer leur « vélo » et à précéder ceux qui ont lutté pendant cinq longues années. Ils leur feront ainsi une route triomphale.

14. Clairons et tambours. – Tous les artistes musiciens (et ils sont nombreux aux Lucs) se feront un plaisir de claironner la victoire. Ils suivront les cyclistes s’ils peuvent.

15. Blessés. – A la suite des clairons, les grands blessés de la guerre avec leurs décorations. Ils seront entourés d’une escorte de petites filles en blanc portant des gerbes de fleurs.

16. L’armée. – L’armée sera représentée par tous les hommes et tous jeunes gens mobilisés, au front ou à l’arrière – Les cavaliers d’abord. Il y en aura de toutes les sortes. – Puis ceux qui ont le plus souffert : les fantassins. Tous les hommes et tous les jeunes gens seront partagés en trois escouades : la première comprendra les soldats de la réserve de l’active – la deuxième, ceux de la territoriale – la troisième, ceux de la réserve de la territoriale. En tête de chaque escouade, un drapeau. Chaque escouade commandée par un camarade. La réserve de l’active par le maréchal de logis, Charles Rezeau – la territoriale par l’adjudant, Armand Bazin – la réserve de la territoriale par le sergent, Gustave Challet.

16. Combattants de 70. – Les combattants de 70 sont invités à suivre. Ils sont peu nombreux. Raison de plus pour être tous présents. Ils défileront comme de jeunes soldats.

17. – Char de l’Agriculture, traîné par des bœufs enrubannés et conduits par des femmes ou des jeunes filles qui ont si bien mérité de la patrie pendant la guerre.

18. – Char de l’Alsace et de la Lorraine représentant les deux provinces réunies à la mère patrie. Ce char sera précédé de jeunes Lorraines et Alsaciennes. Toutes les jeunes filles qui se sont fait inscrire sont priées de se munir de fleurs.

19. Les petits garçons portant des drapeaux tricolores suivront le char de la Lorraine et de l’Alsace et précèderont le char de la victoire.

20. – Char de la victoire et de la paix. – M. le Maire et ces messieurs du conseil municipal ont eu l’excellente idée d’acheter un coq superbe perché sur une grande croix. Il représentera le « coq gaulois » et sera placé sur le clocher.

21. Au retour du défilé tous les assistants se masseront devant l’Eglise et dans l’ordre qui sera indiqué. Les chantres et les chanteuses feront entendre le « chant de la victoire ». Un poilu, le R. Père Moinard, prononcera un grand discours. Nous l’écouterons avec attention. Bénédiction de la croix et du coq. Puis un chant patriotique aujourd’hui bien connu et chanté par tous.

22. Pour la jeunesse. Course de bicyclettes –  une pour les jeunes gens au-dessus de quinze ans – une pour les jeunes gens au-dessous de quinze ans – course à pied pour les enfants de dix ans et au-dessous. – Ces différentes courses n’auront lieu qu’à la condition d’avoir au moins huit coureurs pour chaque course.

23. Admission. – Seront admis à prendre part aux différentes courses :

a. – Tous les jeunes gens des Lucs présents ou absents.

b. – Tous les ouvriers ou domestique habitant les Lucs depuis le premier août.

– Le parcours a été fixé très peu long pour permettre à un plus grand nombre d’y participer. Pour les grands jeunes gens : Les Lucs – Beaufou – l’Ardouinière – Les Lucs – Pour les jeunes : Les Lucs – Beaufou – la Vivantière – Les Lucs. – Le départ aura lieu de la mairie, un quart d’heure après le chant patriotique « Cocorico ».

Prix. – Tous les coureurs auront des prix. Les premiers en argent – Les autres d’une réelle valeur, à condition de faire le parcours dans un espace de temps qui sera indiqué aux coureurs avant leur départ. – Quatre prix en argent : 30, 25, 20, 15 francs pour les grands jeunes gens – 15, 12.50, 10 et 7.50 pour les plus jeunes – 5, 4, 3, 2, et 1 pour les petits enfants.

25. Inscriptions. – Les inscriptions pour les deux courses de bicyclettes sont reçues dès maintenant et jusqu’à jeudi soir neuf heures, chez MM. Charles Rezeau, Henri Giraud, Ernest Ferré. Pour la course à pied des enfants il suffira d’être présents au moment du départ.

26. Pendant la course lancement de ballon – Bombes de jours.

27. Bénédiction. – Il ne faut pas oublier que la fête est patriotique, mais aussi religieuse. A sept heures, bénédiction du St sacrement.

28. Illumination générale du bourg – Retraite aux flambeaux – feu d’artifice.

29. Vin d’honneur. Un vin d’honneur sera offert à tous les mobilisés qui auront participés au cortège. Ils ont tous été à la peine, tous doivent être à l’honneur. Nous n’aurons jamais assez de reconnaissance pour tous nos soldats. – Au défilé, ils recevront tous une carte sur laquelle seront inscrits ces mots : Vin d’honneur. Ils pourront se présenter dans n’importe quelle auberge et donner simplement leur carte. – La matinée du 31 août sera employée à honorer nos morts et à prier pour le repos de leur âme – La soirée à glorifier ceux que le Bon Dieu a préservés. Ce sera une belle fête religieuse et patriotique dans l’union intime de tous les cœurs et de toutes les âmes.

Le Semeur – N° 36 - Dimanche 31 Août 1919.

Si la divine providence nous donne un temps favorable, le dimanche 31 août sera une belle fête religieuse et patriotique dans l’union intime de tous les cœurs et de toutes les âmes. La matinée sera employée à honorer nos morts et à prier pour le repos de leur âme – la soirée à glorifier ceux que le Bon Dieu a préservés. Je ne vous donne point de nouveau le programme complet. Vous le connaissez tous. Voici quelques avis pratiques.

1. Les Messes – Les Messes commencent à six h. – sept h. – huit h. – neuf h. – dix h. – Vêpres en se rendant au cimetière – sept h. bénédiction du St Sacrement.

2. Places réservées. – Le transept, devant la Sainte Table, et l’allée du milieu sont réservés aux veuves – aux pères et aux mères des soldats morts ou disparus – Société de Secours Mutuels – Jeunesse Catholique – Combattants de 70.

3. Décorations. – Tous les habitants du bourg sont invités de nouveau à décorer et enguirlander leurs demeures – Pour le défilé de nos soldats, il est conseillé de placer les tentures le long des arbres qui sont plantés dans toutes les rues où doit passer le cortège.

4. Fleurs.- Les Alsaciennes, les Lorraines, les petites filles en toilette blanche sont priées de se munir de fleurs.

5. Commissaires. – Les membres du Comité sont chargés de mettre l’ordre. Ils auront un brassard. Vous voudrez bien faciliter leur tâche par votre bonne tenue.

6. Chevaux. – Tous ceux qui fournissent des chevaux voudront bien les conduire au patronage à 1 h. et demie. Voici les noms des familles qui ont voulu de cette façon prêter leur concours à la fête : Giraud, bourg – Fournier, bourg – Renaud, bourg – Fournier, de l’Ethelière – S. Mallard, de la Moricière – Galimard, des Repas – Fétiveau, Beaucherie – Mallard, Rousselière – Brochard, Guillochère – Guilbaud, Blouères – Bossard, Guyonnière – Caillé, Chasselandière – Buton père et fils, bourg – Chevolleau, bourg – Chauvin, bourg – Gratton, bourg – Francis Grelet, bourg – Laurenceau, Gaconnière – Lesaffre, bourg – Henri Perrocheau, bourg – Pavageau, bourg – Roux, bourg – Vinet, Launay – Beriaud, Constantine – H Fournier, Moulin – Minot, bourg – Isidore et Ludovic Martineau, Martinière – Charles Mallard , Moricière.

7. Cavaliers.- Les cavaliers sont invités à se rendre au patronage à 1 h. et demie pour harnacher leurs chevaux et prendre leurs costumes. Voici leurs noms : Arnaud Clément, de la Jaumerie – Bardoul Auguste, de Monrepos – Bossard Telcide, de la Guyonnière – Brochard Henri, de la Guillochère – Buton Gustave, du bourg – Couteau Auguste, du bourg – Charrier Auguste, Guénière – Drouin Auguste, Launay – Fournier Alexandre, bourg – Fétiveau Jules, Beaucherie – Fournier Henri, Moulin – Ferré Ernest, bourg – Gobain, Repas – Giraud Henri, bourg – Guilbaud Louis, des Blouères – Grelier, du Puy – Grolleau Jean-Marie, bourg – Laurenceau Jean, Gaconnière – Limouzin, Primaudière – Mallard Marie, Rousselière – Martineau Auguste, bourg – Moinard Célestin, du bourg – Martineau Armand, de l’Ethelière – Martineau Isidore et Martineau Ludovic, de la Martinière – Mallard Charles, de la Moricière – Naulleau Eugène, de la Pommeraye – Liesens, bourg – Perrocheau Henri, bourg – Rabiller Gustave, bourg.

8. Alsaciennes et Lorraines.- Les jeunes filles qui doivent prendre des costumes d’Alsaciennes et de Lorraines sont priées de se rendre à l’école libre à 1 h. et demie. – Qu’elles n’oublient pas leur bouquet de fleurs.

9. Toilette blanche. – Les petites filles en toilette blanche se rendront à l’école libre à deux heurs. – les petits garçons au patronage à deux heures. Des drapeaux seront donnés à tous.

10. Défilé. – Voici l’ordre : Cyclistes – Clairons et tambours – grands blessés de la guerre entourés d’une escorte de petites filles en toilette blanche – Cavaliers – Fantassins en trois escouades – Combattants de 70 – char de l’agriculture – de l’Alsace et de la Lorraine – précédé de jeunes Lorraines et Alsaciennes – Petits garçons – Char de la victoire.

11. Rassemblement. – Au retour du défilé tous se masseront devant l’Eglise – Chant de la victoire – Discours – Cocorico.

12. Courses.- Un quart d’heure après le chant du Cocorico auront lieu les différentes courses pour la jeunesse.

13. Le Coq. – Pendant la course le coq sera monté sur le clocher. Il rappellera aux générations futures le souvenir de cette grande et belle manifestation religieuse et patriotique en même temps que le souvenir de la grande guerre.

14. Bonne tenue. – Si nous voulons aussi que le souvenir reste ineffaçable dans tous les cœurs et dans toutes les âmes de ceux qui en seront les heureux  témoins n’oublions pas que cette fête doit être digne de ceux qui sont morts pour la France et digne de ceux qui ont tant souffert pendant ces cinq longues années.

15. Prière. – Souvenons-nous dans ce grand jour que la prière est l’arme principale du chrétien et faisons monter vers le ciel des prières ardentes pour les chères âmes de nos disparus en même temps que les actions de grâces pour les survivants de la grande guerre.

16. Pas de désordre. – N’allez pas par des jeux et des chants défendus par l’Eglise jeter une note de mélancolie et de tristesse sur ce beau jour de souvenir et de reconnaissance. Comme toujours, montrez-vous dignes de votre réputation de chrétiens fidèles et convaincus.

17. Vin d’honneur. – Dans une fête de famille on aime « à boire un verre » entre voisins et amis. C’est une coutume bien vendéenne. C’est pourquoi le Comité des fêtes de la victoire a décidé d’offrir « un vin d’honneur » à tous les mobilisés qui feront partie du cortège. Des cartes leur seront distribuées sur la place après le défilé. Ils pourront se présenter dans n’importe quelle auberge et donner simplement leur carte.

18. Soldats. – Tous les hommes et tous les jeunes gens « soldats » voudront bien observer la discipline vis à vis des trois chefs d’escouade afin que tout se passe dans l’ordre le plus parfait. Qu’ils soient encore pendant quelques heures de vrais soldats.

Le Semeur – N° 37 - Dimanche 7 Septembre 1919.

31 Août 1919 – Vous lirez plus loin un petit et pâle résumé de la superbe manifestation de foi religieuse et patriotique en l’honneur de la victoire. C’est le récit de la matinée, fête du souvenir. En huit jours je donnerai le compte rendu de la soirée du 31 août, en l’honneur de la victoire.

Fête de la Victoire et de la Paix – Il est difficile de redire et de raconter comme il faudrait la superbe manifestation religieuse et patriotique du dimanche 31 août 1919. Sans doute ce sont des choses qui se comprennent facilement, des sentiments qui font battre le cœur et remuent profondément l’âme mais aussi des choses et des sentiments qui peuvent difficilement s’exprimer.

Comme toujours, la paroisse des Lucs a dignement fait les choses. Elle ne pouvait mieux célébrer la victoire : elle ne pouvait mieux honorer et glorifier les soldats de la grande guerre.

M. le Maire et Messieurs les conseillers municipaux qui ont eu l’initiative de cette grande manifestation doivent être contents et fiers d’avoir vu la population des Lucs et communes voisines répondre si bien à leur appel et à leur invitation. La fête annoncée et préparée depuis plusieurs semaines, attendue avec impatience par tous, a eu un plein succès.

Il est tout aussi naturel et aussi très juste de remercier tout d’abord Celui qui commande les évènements de ce monde. A l’occasion de cette fête, la divine Providence nous a pour ainsi dire gâtés. Toute la semaine qui a précédé le 31 août, c’était une véritable tempête de vent. Nous avions confiance quand même. Et le vendredi matin des ouvriers nombreux se rendent au bois de « Malverne ». Ils connaissent le chemin. Au même endroit il y a dix ans déjà, des arbres avaient été abattus à l’occasion de la fête de Jeanne d’Arc. Les arbres ont repoussé. Après avoir fêté l’héroïne française, ils vont se dresser dans les rues du bourg pour célébrer la victoire de la France et des alliés. Quinze charrettes attelées de bœufs vigoureux et forts, conduits par des hommes de bonne volonté, amènent au bourg deux cents « arbres » qui plantés dans toutes les rues où doit passer le cortège, donnent l’aspect d’un immense boulevard. Ils sont nombreux les hommes et les jeunes gens du bourg et des villages qui travaillent à élever ce boulevard d’un jour. Le vendredi et le samedi sont deux jours de préparation, mais déjà deux jours de fête. La meilleure gaîté rayonne sur tous les visages et l’union la plus parfaite règne dans toutes les âmes. Dans la soirée du samedi l’arc de triomphe est élevé. Ça n’a pas été sans peine. Mais quand nous l’avons vu pour la première fois se dresser sur la grande place des Lucs, dans sa parure toute fraîche, avec ces deux belles inscriptions, la première impression a été qu’il était bien digne de nos chers soldats en l’honneur desquels il était élevé. Pendant la journée du 31, il redira à tous que nous avons voulu tout d’abord glorifier ceux qui l’ont bien mérité : Honneur aux Poilus – il redira notre amour et notre fidélité à la patrie bien aimée : Gloire à la France. Elles sont fixées là ces deux belles inscriptions, sur une bande tricolore de six mètres, avec des lettres taillées d’une façon impeccable par une artiste très humble, mais très habile. Je n’ose pas la nommer. Elle m’en voudrait. Mais nous la connaissons tous. Les cloches font entendre leur carillon joyeux et le canon tonne de sa voix puissante, annonce la fête à tous les échos. C’est le commencement de la grande fête du souvenir et de la victoire. Oui, mais soudain la pluie arrive0 Pendant une partie de la nuit, c’est un véritable déluge0 Cette pluie bienfaisante, nous l’attendions depuis longtemps. Elle a fait un bien immense, excepté à l’arc de triomphe qu’elle a un peu défraîchi… à force de le rafraîchir. Peu importe : le bien a été plus grand que le mal. Et la nuit du 30 au 31 a été excellente. Mais voilà : il nous fallait une belle journée pour le dimanche. Cette belle journée que nous demandions le Bon dieu nous l’a donnée. Nous l’en remercions de tout notre cœur. Sans Lui et sans son beau soleil, pas de fête véritable.

Dès le matin, malgré le temps encore incertain, les rues prennent un air de fête. Partout des guirlandes relient les arbres les uns aux autres ; partout des drapeaux et des oriflammes flottent au gré du vent ; partout des décorations multicolores ornent les rues et les demeurent. L’ensemble est d’un très bel effet. Les artistes ne manquent pas dans notre cher pays des Lucs et les bonnes volontés encore moins. Elles sont nombreuses les femmes et filles du bourg et des villages qui ont généreusement et habilement travaillé pour rendre la fête plus belle. – Le ciel paraissait sombre encore et cependant chacun disait : Il fera beau et… il a fait beau. Je ne dirai rien des messes célébrées à 6, 7, 8 et 9 h. Il y avait belle assistance et les communions plus nombreuses, grâce au dévouement de M. l’abbé Lesaffre et du R. P. Moinard qui voulurent bien les entendre en confessions

Le matin du 31 août, c’était la fête du souvenir. Elle a commencé à la mairie par une distribution de pain aux pauvres de la commune. La charité est la plus belle des vertus. Les déshérités des biens de la terre devaient en toute justice, profiter de cette grande fête. Ils n’ont pas été oubliés et la première pensée a été pour eux. A 9 h. fête encore du souvenir, fête des bons vieux de 70 qui restent toujours jeunes par le cœur et par les sentiments. Malgré leur vaillance et leur courage : ils ont eu la douleur de connaître la défaite ; ils sont heureux aujourd’hui de fêter la revanche. M. le Maire distribue les Médailles à ceux qui sont présents. Voici les noms de ces vaillants que Dieu a gardés pour ce beau jour : Baty Louis, des Repas – Boisselot Baptiste, du bourg – Bousseau Elie, de la Grande Métairie – Favreau Pierre, des Cormuères – Fradet Pierre, d’Alexandrie – Lardière Auguste, de Monrepos – Martin Louis, du bourg – Peneau Alfred, du bourg – Rabiller Gustave, de L’Ethelière – Petit Pierre, de la Bugelière – Gauvrit Pierre, du bourg – Rabréau Pierre, de la Moricière. Deux vaillants soldats de 70 avaient déjà reçu la Médaille, MM. Pierre Fèvre, de la Lanfrère et Jean Musset, de l’Ethelière. M. Victor Laurenceau, de la Petite Roche, malade déjà depuis plusieurs mois, n’a pu se présenter à la mairie pour recevoir la décoration si bien méritée. Nous adressons à ces combattants de 70 nous plus vives et nos plus sincères félicitations. Nous les retrouverons pendant la journée du 31 août et en particulier au défilé marchand comme de jeunes soldats.

Nos trois cloches se font entendre de nouveau. Elles annoncent tristement la grande et solennelle fête du souvenir. Il est dix h., heure de la grand’messe qui va se célébrer pour le repos des âmes des morts et disparus de la grande guerre. Jamais peut-être notre belle église n’a vu foule semblable. Elle digne d’ailleurs de recevoir les chrétiens qui s’entassent pour ainsi dire partout. Des trophées de drapeaux tricolores avec trois grandes bannières de Jeanne d’Arc décorent magnifiquement le chœur, le transept et la grande nef de notre petite cathédrale. Dans le chœur prennent place les petits orphelins de la guerre. Ils sont malheureusement nombreux. Ces Messieurs du Conseil municipal les entourent avec notre Maire toujours si dévoué pour les nobles causes. Il est là ceint de son écharpe, donnant ainsi comme toujours le bon exemple. Au milieu du chœur, une magnifique palme, cadeau d’une famille généreuse. Elle repose sur un brancard richement décoré. Dans le chœur encore les combattants de 70. Puis, dans le transept, les veuves de la guerre, les pères et les mères des morts et disparus, la Société de Secours Mutuels au complet, ayant à sa tête son dévoué président, les membres de la Jeunesse Catholique et de l’Avant-Garde. La grande nef et les bas-côtés sont remplis d’une foule d’hommes et de femmes. Malheureusement notre belle église, si grande pourtant, se trouve trop petite pour contenir tous ceux qui ont eu le désir d’honorer ceux qui sont tombés vaillamment pour le salut de la patrie.

La Messe commence. Elle est chantée par un vaillant poilu, M. l’abbé Poirier, qui porte sur sa poitrine la Croix des braves. Il était juste que ceux qui avaient été à la peine soient aujourd’hui à l’honneur. Des prières ardentes montent vers le ciel. C’est véritablement la fête du souvenir, la fête des morts glorieux. A l’Evangile, M. l’abbé Lesaffre monte en chaire. Ils sont nombreux en France les grands blessés de la guerre, mais il semble bien qu’il ne peut y avoir de plus grande blessure que celle du vaillant aumônier. Sur sa poitrine, la Croix de guerre et la Croix de chevalier de la Légion d’Honneur, sont les insignes de son courage et de son énergie. Il est aveugle, mais sa foi ardente lui montre toujours le chemin du devoir et la résignation sacerdotale qui ne l’abandonne jamais. Souvent déjà nous avons eu le bonheur de l’entendre parler du haut de la chaire chrétienne, mais dans son superbe discours du 31 août il a mit toute son intelligence, toute son âme, tout son cœur. Il a fait revivre le souvenir des jours terribles – a fait passer devant nos yeux les champs de bataille où sont tombés tant de jeunes et de courageux soldats – et dans un langage élevé, a rappelé à toutes les âmes abattues par la douleur et le sacrifice les superbes espérances chrétiennes. Ces belles et touchantes paroles ont fait couler bien des larmes tout en cicatrisant les plaies de bien des cœurs.

La messe se continue dans une atmosphère de grande et véritable piété. Elle se termine par l’hymne merveilleuse de : « Gloire à notre France éternelle… »

« Ceux qui pieusement, sont morts pour la patrie

« Ont droit qu’à leur cercueil la foule vienne et prie.

« Entre les plus beaux noms, leur nom est le plus beau,

« Toute gloire, près d’eux, passe et tombe, éphémère

« Et comme ferait une mère,

« La voix d’un peuple entier les berce en leur tombeau. »

Les couplets sont chantés par de jeunes artistes qui s’en tirent à merveille, le refrain est enlevé superbement par un chœur nombreux hommes, de jeunes gens et de chanteuses pendant qu’un autre artiste accompagne le tout d’une façon merveilleuse ; en un mot, un beau chant, une belle prière. Puis, la foule, pieusement, se dirige en procession vers le champ des morts. A la suite de la croix prennent place successivement : les petites filles – les femmes et les jeunes filles – les petits garçons – les hommes et les jeunes gens – les membres de la Jeunesse Catholique – les membres de la Société de Secours Mutuels – les combattants de 70 – M. le Maire et son conseil – les pères des enfants morts pour la patrie – les mères et les veuves de la guerre – les petits orphelins portant la palme qui doit être déposée au cimetière comme souvenir et comme reconnaissance – le clergé – le R. P. Moinard qui préside la procession.

C’est un spectacle magnifique – un défilé immense – une manifestation religieuse vraiment digne de nos héros qui sont tombés au champ d’honneur. Leur souvenir demeure dans toutes les âmes et dans tous les cœurs. Et dans nos populations chrétiennes, ce n’est pas simplement une marque extérieure de souvenir, c’est un acte de foi, ce sont des prières ardentes. La foule se masse autour du catafalque élevé près de la croix du cimetière. On entend le chant grave du « Libera » - Délivrez-moi Seigneur de la mort éternelle…

C’est la prière qui sera dite pour nous un jour et que nous adressons de tout notre cœur au Souverain Juge pour le repos des âmes qui vous sont chères. La prière finie, M. le Maire prend la parole. Dans un langage tout a fait approprié à la circonstance le dévoué Maire prononce un discours qui touche profondément les cœurs. Il fait l’historique de ces cinq années de guerre : nos craintes de début, nos espérances patriotiques, nos succès qui ont décidé de la victoire définitive. M. le Maire des Lucs ne sait pas seulement faire l’histoire, il sait aussi toucher les âmes. Bien des yeux se couvrent de larmes. Et c’est avec regret que nous voyons la fin de ce beau discours que nous aurions volontiers écouté plus longtemps.

M. le Curé remercie M. Lesaffre et M. le Maire des belles paroles qu’ils ont prononcées, à l’occasion de cette superbe manifestation de foi religieuse et patriotique et la fête du matin qui est la fête du souvenir se termine par la récitation d’un Pater et d’un Ave pour tous nos chers disparus.

Le Semeur – N° 38 - Dimanche 14 Septembre 1919.

Le 31 août 1919. Vous lirez plus loin le comte rendu de la soirée du dimanche 31 août. Il pourra intéresser ceux qui n’ont pas eu le plaisir d’assister à cette belle manifestation patriotique en l’honneur de nos chers poilus.

Fête de la Victoire, 31 août 1919 – La soirée.

La matinée du dimanche 31 août avait été superbe, la soirée ne fut pas moins belle. Nous avions dignement et pieusement honoré ceux qui avaient versé leur sang pour la patrie, il restait à glorifier et à honorer ceux que le Bon Dieu avait gardés. La soirée fut un véritable triomphe pour nos chers poilus. Ils le méritaient bien. Dans leur joie de se trouver au milieu de nous ils ont dû voir aussi que nous étions fiers et reconnaissants des grands sacrifices qu’ils ont accomplis pour le salut de la patrie. A midi la foule est immense. Elle s’accroît de minute en minute… Combien sont venus à la fête ? Les uns ont dit cinq mille, d’autre dix mille. Il est difficile de fixer un chiffre. La vérité, je crois, est au milieu. Toujours est-il que verts 1h. et demie, la place, la route de Rocheservière surtout, jusqu’au patronage, sont noires de monde. Il est difficile de circuler. Ceux qui sont appelés à participer au défilé peuvent à peine s’ouvrir un passage. Les organisateurs, les commissaires ont mille difficultés à rassembler les divers éléments du cortège. Il y a eu quelques minutes de réelles difficultés. Peu à peu tout rentre dans l’ordre. Chacun finit par prendre la place qui lui est assignée. Et l’immense et superbe défilé commence. Tout est pour le mieux.

En tête s’avancent les cyclistes. Ils sont nombreux les jeunes gens avec leur vélo couvert de fleurs et de rubans multicolores. C’est d’un bel effet. Des mains habiles et délicates ont passé par-là – Ils s’avancent lentement pas assez vite sans doute au gré de leur désir. Il est difficile d’ailleurs pour une jeunesse ardente d’arrêter leur « monture ». Mais ils s’en tirent à merveille. Attention ! Ce sont des artistes qui suivent conduits par un autre artiste. Les tambours et les clairons ouvrent la marche triomphale des poilus. Pendant une heure nous allons les entendre. Certes ce n’est pas la première fois. A toutes les fêtes religieuses et patriotiques ils prêtent leur concours toujours apprécié. Nous les félicitons et les remercions. Ce sont eux qui donnent la note gaie et joyeuse. Aux Lucs nous avons le grand avantage de trouver des artistes dans toutes les conditions et dans tous les genres. Heureux pays !

Mais voilà le glorieux cortège des poilus qui s’avance. Tout d’abord ceux qui ont le plus souffert : les grands blessés de la guerre avec leurs décorations et chèrement achetées et si vaillamment méritées : Henri Bonnet – Henri Dupont – Henri Robin – Constant Magaud – Adrien Payraudeau. Au milieu d’eux le cher aveugle qui a laissé un si bon souvenir dans le régiment où il a passé comme aumônier volontaire et où il a fait tant de bien par sa piété, son entrain, sa bravoure. Oh ! les braves qui sont là ! Comme nous devons les saluer avec respect et reconnaissance ! Quelques uns n’ont pu suivre. D’autres se trouvaient parmi les cavaliers. Mais ils ne sont pas seuls. Une vingtaine de petites filles en toilette blanche, une gerbe de fleurs à la main et portant les couleurs nationales, leur font une escorte d’honneur. Parmi les survivants de la grande guerre il n’est personne qui ait droit à plus de respect. Que jamais le souvenir de leurs glorieuses blessures ne disparaisse de la mémoire des hommes ! Qu’ils vivent honorés et aimés sur la terre en attendant les récompenses éternelles.

Les Cavaliers ! Ils sont beaux et superbes dans leur costume d’officiers. En tête deux grands blessés de la guerre représentant les deux grands maréchaux de France : Henri Giraud et Ernest Ferré. Puis par ordre alphabétique : Arnaud Clément – Bardoul Auguste – Bossard Telcide, grand blessé – Brochard Henri – Buton Gustave – Couteau Auguste – Charrier Auguste – Drouin Auguste – Fétiveau Jules – Fournier Alexandre – Fournier Henri – Gobain – Grelier – Grolleau Jean-Marie – Lambert Pierre – Laurenceau Jean – Limouzin Auguste – Mallard Marie – Martineau Auguste – Martineau Isidore – Mallard Charles – Naulleau Eugène – Perrocheau Henri – Rabiller Gustave – Martineau Armand. Tous se tiennent bien à cheval. Naturellement les cavaliers de profession et les artilleurs ont l’air plus martial. Il est facile de les reconnaître. Dans un défilé rien n’est comparable à la cavalerie. Aussi nos chers cavaliers ont-ils été admirés comme ils méritaient de l’être. Honneur à tous !

Les Poilus ! Oui, voilà les fantassins ! Voilà ceux qui au-dessus de tous ont bien mérité de la patrie. Tous ces soldats ont accompli leur devoir là où la France les avait placés. Mais, de l’avis de tous, ceux qui ont le plus peiné, le plus souffert, ce sont ces vaillants fantassins de France. Ils sont aussi les plus nombreux représentés dans le cortège. Plus de deux cents soldats des Lucs sont là partagés en trois escouades : la première comprenant les soldats de la « réserve de l’active », commandée  par le maréchal des Logis, Charles Rezeau – la Deuxième, ceux de la « territoriale », commandée par l’adjudant Armand Bazin – la troisième, ceux de la « réserve de la territoriale », commandée par le sergent Gustave Challet. Ils marchent au pas. De temps en temps il y un peu de « relâchement dans la discipline ». Cela se comprend. Personne ne leur en voudra. Nous sommes si heureux de les revoir et de les fêter. Oui, gloire à vous, chers poilus de France, chers poilus des Lucs. Que Dieu vous garde longtemps à l’affection de ceux qui ont tant pleuré votre longue absence. Je serais heureux de placer ici tous les noms, mais le nombre est si grand que j’ai peur d’en oublier. Gloire à vous tous !

Mais regardez donc ceux qui suivent les poilus de la grande guerre ! Les reconnaissez-vous ? Ce sont tous des décorés : et des décorations bien méritées ! Les voyez-vous ces « vieux », combattants de 1870 marchant encore au pas comme de jeunes conscrits ? Ce ne sont pas les moins heureux. Leur joie s’explique facilement. Après avoir connu la défaite, ils fêtent la revanche de notre chère patrie. Qu’ils restent toujours jeunes de cœur et que Dieu les garde pendant de longues années à l’affection de leurs enfants et de leurs petits enfants !

Dans une fête organisée pour célébrer la France victorieuse, il était juste que l’agriculture qui a tant fait pour le salut du pays soit représentée à côté des poilus. Les organisateurs y ont pensé. Ils n’ont point oublié ceux et celles qui ont tant et si bien travaillé pour la patrie au milieu des humbles mais utiles travaux des champs. L’agriculture est représentée par un char décoré de houx et de fleurs superbes. Ces houx magnifiques ont été amenés en grand nombre par de braves et généreux cultivateurs. Les fleurs ont été prises non loin du pont de la Boulogne dans un jardin délicieux bien connu des fleuristes [Gustave Challet, au Chef du Pont]. Sur le char sont installés les instruments qui servent le plus aux cultivateurs. Des hommes, des femmes sont là prêts à les faire fonctionner : Aimé Fèvre, Pierre Chanson, Marcel Martin, Marie Nicoleau, Marguerite Vrignaud, Angelina Boutin, M. Caffin. Tous jouent parfaitement leur rôle. Le char est traîné par des bœufs qui sont eux-mêmes conduits par des femmes. Les femmes ont en effet bien mérité de la patrie. Il est juste qu’elles soient à l’honneur. La femme Orceau conduit le char au patronage. Nous voyons aussi figurer Mesdames Savarieau – Loirat – Merriau – Mlle Genaudeau – Grelier – Bonneau – Fétiveau. Nos félicitations à toutes.

Depuis plus de quarante années deux provinces françaises, l’Alsace et la Lorraine, étaient sous le joug des Allemands. La victoire des alliés nous les a rendues. Elles avaient leur place tout indiquée dans la fête de la victoire et dans le cortège du dimanche 31 août. Voici les petites Lorraines qui s’avancent : Anne-Marie Challet, Lucienne Perrocheau, Marcelle Bossis, Marie Berriau, Cécilia Favrou, Marie Arnaud, Louise Minguet, Armance Berriau, Renée Fèvre, Henriette Dugast, Gabrielle Giraud, Juliette Berriau, Marie Guilbaud, Marie-Agnès Minguet, Berthe Berriau, Berthe Sorin, Gabrielle Gralpoids, Cécile Favreau. A la suite des Lorraines, de grandes jeunes filles en costume Alsacien : Mlles Marthe Caillé, Mariette Vrisez, Marie Renaud, Laurentine Savariau, Célestine Remaud, Clémence Caillaud, Léontine Minguet, Armantine Simoneau, Armande Orceau, Clémence Albert, Ernestine Jaunet, Marie Ravon, Marie-cécile Orceau, Henriette Fèvre, Marie Marboeuf, Olympe Daviau, Georgette Bouron, Yvonne Jaunet, Yvonne ferré, Marcelline Favreau, Victorine Remaud, Marie Laurenceau, Cécilia Favreau, Renée Chauvin, Louise Giraud. Les costumes sont très frais et nos petites et grandes filles portent très bien leur jolie toilette. L’effet est superbe. Le char de l’Alsace et de la Lorraine est traîné par deux chevaux prêtés aimablement par M. Francis Grelet. Ils sont conduits par MM. Jean Guittet et Armand Suire en costume « bleu horizon ». Sur le char décoré de draperies rouges et blanches, de fleurs variées, sont montées quatre grandes jeunes filles représentant « la victoire – la paix – la France – l’Alsace ». Elles ont été choisies par leurs compagnes. Ce sont Henriette Guichard – Juliette Rezeau – Noémie Giraud – Marie-Thérèse Charrier – Sur une estrade plus élevée six petites Alsaciennes et Lorraines : Gabrielle Giraud – Yvonne Fétiveau – Henriette Dugast – Marie-Joseph Dupont – Marie Rambaud – Laetitia Ordonneau. Au-dessus, dominant le char, deux cigognes, rappelant le souvenir des « cigognes d’Alsace » si connues. Les oiseaux superbes ont été faits par de véritables artistes. Les cigognes sont de grandeur naturelle et reposent sur une seule patte. Elles terminent très bien la décoration du char qui a été fait à l’école libre sous l’habile direction des institutrices.

Les petits garçons portant fièrement de petits drapeaux tricolores, suivent le char de l’Alsace. Ils sont enchantés de partie du cortège.

A tout Seigneur tout honneur. Le char de la victoire termine ce magnifique défilé. Il est richement décoré par de grandes et belles draperies rouges et jaunes. Les roues du char disparaissent sous les fleurs. Il est traîné par un beau cheval conduit lui-même par « deux gaulois » : Raymond Fétiveau et Jean Bouhaut. Dans le char, une « druidesse » Adèle Guilbaud, tenant à la main la faucille symbolique, et Marcelline Charrier représentant la victoire embrassant le « coq gaulois » qui domine le tout. Tout est bien qui finit bien. M. le Maire s’était chargé du char de la victoire. On fait bien les choses à la Davière. Tout ce long et magnifique cortège passe deux fois sous l’arc de triomphe entouré d’une foule avide de voir et d’applaudir les heureux triomphateurs. Au second tour les cavaliers dégagent la place de l’Eglise où viennent s’installer les trois chars et tous les soldats. Le spectacle est alors merveilleux. Chantres et Chanteuses guidés par un « piston bien connu » fait entendre le « chant de la victoire ». Il est bien chanté. On écoute avec attention cette magnifique cantate aux morts et aux survivants de la grande guerre.

Le R. P. Moinard est monté sur le char de l’Alsace et de la Lorraine. Nous le connaissons déjà depuis longtemps et nous nous attendons tous à quelque chose de bien. Notre espérance n’est point trompée. Sa voix puissante retentit partout et se fait entendre jusqu’aux dernières extrémités de la place. Il prononce un discours parfait « dans le genre ». C’est le poilu qui parle à des poilus. Il connaît leur langage pour avoir vécu au milieu d’eux – il connaît leurs souffrances pour les avoir partagées – il connaît les transports de la victoire pour y avoir travaillé comme eux. Ce discours émaillé de récits et d’anecdotes militaires fait visiblement plaisir à tous. Les applaudissements fréquents retentirent de toutes parts en sont la plus grande preuve ! Merci et félicitations sincères. Un chant patriotique « Cocorico » termine cette belle manifestation qui laissera le meilleur souvenir dans tous les cœurs. Pendant ce chant qui est enlevé comme savent le faire les musiciens et les musiciennes des Lucs, une carte est distribuée à tous les hommes et à tous les jeunes gens mobilisés qui ont pris part au cortège. Sur cette carte qui représente les Lucs sont inscrites ces paroles : au milieu, vin d’honneur – à gauche, fête de la victoire – à droite, 31 août 1919 – en bas, aux poilus de la grande guerre, et chacun s’en va utiliser… sa carte.

Prix. – La course de bicyclette donne les résultats suivants : Alcide Fétiveau, 30 francs – Auguste Bossard, 25 – Joseph Drouet, 20 – Louis Geay , 15 – Victor Berriau, Chef du Pont, 5 – Victor Berriau, Sauzais, 4. – Course des enfants : Léon Perrocheau, 5 francs – Albert Chauvin, 4 – Prosper Bousseau, 3 – Lucien Charrier, 2 – Marcel Delhommeau, 1 – Mat de cocagne : L. Charrier, 10 francs – Pignon, 5 – Deux étrangers, cinq francs et une bouteille.

Sept heures. – A la bénédiction du St sacrement, une foule nombreuse était venue, témoignant ainsi de la foi chrétienne et de l’amour de la patrie.

Illumination et feu d’artifice. -  Le soir, à 9 h. illumination générale du bourg très belle et feu d’artifice superbe. La fête était complète. Chacun se retira content d’avoir assisté à une aussi belle manifestation en l’honneur de la victoire.

Le Semeur – N° 39 – Dimanche 21 Septembre 1919.

Souvenir du 31 août 1919. La fête de la victoire est passée. Le souvenir en restera longtemps gravé dans les cœurs. Il restait à régler les comptes. Le Comité de la fête s’est réuni. Une chose extraordinaire qui n’arrive jamais dans l’organisation de semblables fêtes s’est produite. Toutes les dépenses payées il reste à la caisse du trésorier la somme de mille francs. La chose est cependant facile à expliquer. Les personnes qui se sont chargés des chars et des décorations n’ont pas demandé « un sou » au Comité. Donc bénéfice net – Que faire ? Oh ! la question a été vite réglée. A l’unanimité le Comité a décidé de verser les milles francs au conseil municipal pour le monument qui doit être élevé au cimetière en l’honneur des morts pour la patrie. Il ne pouvait mieux faire. C’est ainsi que la fête du souvenir se perpétuera dans la suite des âges.

Madame Mercier. La paroisse des Lucs ne doit jamais oublier que Madame Mercier est la grande bienfaitrice de la magnifique Eglise qui a été construite il y a bientôt vingt ans. Elle seule a versé le don royal de cent milles francs. C’est donc un devoir et un acte de reconnaissance de prier pour le repos de son âme. Ames chrétiennes et reconnaissantes, pensez-y surtout, mardi matin, en assistant à la messe demandée par le conseil municipal, à huit heures.

Libre Vendée - Dimanche 11 mars 1923 – Chronique Locale -.

« A la gloire de nos Territoriaux - Sur l'initiative du Comité du Souvenir Franco-Belge, à Tournai (Hainaut, Belgique), il est ouvert un concours entre artistes belges et français pour l'érection d'un monument aux Territoriaux Vendéens, tombés en héros à Tournai, le 24 août 1914.

Dirigés à marches forcées sur Tournai que devait traverser l'aile droite enveloppante ennemie, ces soldats magnifiques tinrent en échec pendant six heures, les trois divisions du corps Von Marwitz, qui dès lors ne put remplir sa mission. Cette héroïque résistance permit à l'armée anglaise de s'échapper de l'étreinte ennemie. »

Etoile de la Vendée - Dimanche 6 janvier 1924 – En Vendée -.

« Aux Territoriaux Vendéens - Un monument érigé à Tournai -

Nous lisons dans Le Soir de Bruxelles : "Le Souvenir franco-belge de Tournai qui entreprit la tâche de faire ériger, à Tournai, un monument aux soldats vendéens qui tombèrent le 24 août 1914 en défendant cette ville, après communication du projet de ce monument, élaboré par le sculpteur Rambaux, de Bruxelles.

S'inspirant du surnom que donna Napoléon aux Vendéens, de "Géants de la Vendée", le sculpteur dans son monument, les symbolisera par une statue d'athlète, portant les attributs des principes pour lesquels ils ont combattu : le flambeau de la civilisation, la balance de la justice et les faisceaux du droit. Cette statue sera érigée sur un tertre , sur le socle duquel seront sculptées les armes des trois chefs-lieux d'arrondissement de la Vendée. Au pied de ce tertre, qui sera entouré d'arbres et d'arbustes, sera simulé l'entrée du sarcophage et l'on placera une plaque sur laquelle sera gravées des phrases de circonstance.

La hauteur totale de ce monument sera de 9 mètres.

Le Souvenir franco-belge a approuvé ce projet à l'unanimité. Il a également pris connaissance d'une lettre du maréchal Joffre, qui a accepté, en principe de procéder à l'inauguration de ce monument le dimanche 24 août 1924, qui coïncidera jour pour jour, avec le 10e anniversaire de la défense héroïque de Tournai par les Vendéens. »

Etoile de la Vendée - dimanche 4 mai 1924 – Chronique Départementale -.

« Le monument des Vendéens de Tournai - Nous extrayons de plusieurs grands organes de Belgique :

... l'artiste qui dit lui-même : "Napoléon, se souvenant de la bravoure des Vendéens, lors de leur soulèvement contre les représentants de la Convention, leur donna le surnom de "Géants de la Vendée".  Tournai, ces courageux Vendéens méritèrent ce titre une fois de plus, en mourant héroïquement pour les principes qu'ils venaient défendre, de la Civilisation, de la Justice et du Droit. C'est cette pensée qui m'a inspiré." Et voici comment il l'a développée : "Un tertre gazonné, d'une hauteur de 5 mètres, recouvrant les restes de 45 vendéens. Couronnant ce tertre : le Géant Vendéen, corps d'athlète, à l'antique, portant dans ces bras vigoureux le flambeau de la Civilisation, la balance de la justice et les faisceaux du Droit. Cette statue de pierre blanche est sur un socle carré, très simple, sur lequel seront sculptées les armes des trois chefs-lieux d'arrondissement de la Vendée aura 3 m. 50 à 4 mètres de hauteur; soit près de 9 mètres pour l'ensemble. Il contiendra l'inscription suivante :

"Aux Territoriaux de la Vendée, des 2e  et 3e  bataillon des 83e et 84e Régiments d'Infanterie.

"Pour la Civilisation, la Justice et le Droit menacés, ils renouvelèrent ici, le 24 août 1914, l'un des légendaires exploits qui, dans l'histoire, méritèrent aux Vendéens leurs ancêtres le titre de Géants des combats.

"Passant : "Découvre-toi, incline-toi, sous ce tertre 45 des leurs reposent".

Etoile de la Vendée - Dimanche 29 juin 1924 –A la mémoire des Territoriaux Vendéens -.

« Nous avons rappelé à plusieurs reprises qu'un monument devait être élevé dans la ville belge de Tournai, à la mémoire des soldats vendéens tombés le 24 août 1914 en défendant cette ville.

Voici ce que nous lisons à sujet dans "l'Avenir du Tournaisis" :

"On sait qu'indépendamment du monument qui sera élevé au boulevard du Hainaut, à la mémoire des braves vendéens tombés le 24 août 1914 sur le territoire de Tournai, de Froidmont et de Taintegnies, un mémorial devait être placé sur l'église du Sacré-Cœur. Ce mémorial a été le vœu du Comité des Dames françaises qui ont voulu que les noms de leurs héroïques compatriotes fussent gravés dans la pierre. Or le monument du boulevard du Hainaut ne portera pas ces noms. La lacune est donc heureusement comblée.

"Le mémorial est presque complètement achevé. Il est placé en encastrement sur le prolongement de l'entrée du petit portail de gauche de l'église du Sacré-Cœur. Il consiste en un monolithe dans lequel sont sculptés tous les attributs qu'il renferme et qui sont : une épée piquée dans le frontispice et ceinturée d'un baudrier portant l'inscription : pour le Droit (la poignée de l'épée est inclus dans une couronne de feuille de chênes); d'un frontispice portant l'inscription suivante :

" A la pieuse mémoire des territoriaux de la Vendée morts au champ d'honneur le 24 août 1914. "

Plus bas en renfoncement dans la pierre, de chaque côté de la pointe de l'épée, l'inscription des noms des héros vendéens.

Voici les noms [59 noms au total] :

 

Delahaye, Gaston,     capitaine commandant

 

Arnaud, Pierre

Arnaudeau, Marie

Artus, Charles

Aynard, Georges    

Berthomé, Pierre

Bertin, Henri

Bertret, Albert

Blanchard, Auguste 

Bodin, Henri

Bourgouin, Ernest

Bulleteau, Marie

Cailleau, Marc     

Chabot, Henri

Chaillou, Henri

Chalbot, Albert

Challet, Auguste   

Challet, Henri

Charbonneau, Louis

Charbonneau, P.

Chauvet, Pierre    

Chiffoleau, Louis

Ferret, Ad

Flandrois, Jean

Godet, Augustin    

Gravet, L.

Grosseau, Gustave

Guareau, Gaspard

Guilbaud, Auguste

Guiochet, Pierre

Jacques, Albert

Jean, Eugène

Jeande, Louis 

Juillet, Alexis

Laurent, Henri

Legueslon, Georges

Martineau, Armand  

Martineau, Charles

Menanteau, Ernest

Massé, Aug

Moreau, Clément    

Nicoleau, Alexis

Pasquereau, J.B.

Paulé, Em

Percot, Anselme    

Perocheau, Jean

Perrochon, Gustave

Petit, Charles

Pierre, François   

Plard, J.B.

Poupeau, Jean

Quillet, Alph

Renaudin, Jules    

Richard, Victor

Rousseau, François

Sacré, Aimé

Soulard, Pierre    

Texier, Auguste

Thouzeau, Gustave

Tougeron, René

Eriau, Edmond      

Voisin, Pierre

Vrignaud, Pierre                       

 

<!--

Enfin d'un bas-relief contenant l'inscription rappelant le fait d'armes des glorieux soldats français. Elle est libellée comme suit :

"Dirigés à marche forcées sur Tournai, pour retarder la progression de l'envahisseur, deux bataillons, le 2e  et 3e  des 83e  et 84e  Régiments d'Infanterie Territoriale de la Vendée, commandée par le général de Villaret, furent attaqués aux abord de cette église le 24 août 1914.

Remplissant avec un courage admirable leur mission toute de sacrifice, ces vétérans magnifiques tinrent en échec pendant six heures trois divisions ennemis, et les conséquences de ce glorieux fait d'arme furent heureuse, à la fois pour la ville, ses habitants et la victoire de la Marne." Le Mémorial est réellement d'un beau style et sera vraisemblablement inauguré le 24 août prochain. »

Etoile de la Vendée –  Dimanche 27 juillet 1924 - A la mémoire des soldats vendéens morts en défendant Tournai -.

« article de 8 centimètres, sans intérêt spécial. »

Etoile de la Vendée - Dimanche 17 août 1924 – Le Monument aux Vendéens -.

« Nous lisons dans le "Courrier de l'Escaut" du 5 août 1924

... M. Dutoit remercie M. Asou d'avoir pris au sénat l'initiative du projet de loi autorisant la translation des corps. La loi a paru au moniteur du jour : elle dit que les corps de quatre soldats français identifiés, inhumés au cimetière communal de Tournai, ainsi que les corps de six soldats français non identifiés, inhumés au cimetière communal de Froidmont, et de trois soldats français, non identifiés, inhumés au cimetière communal de Taintegnies, pourront être exhumés et transférés dans un ossuaire établi sous le monument élevé à la mémoire des Vendéens, à ériger à Tournai, sur le terre-plein de forme triangulaire limité par le boulevard du Hainaut, l'avenue du commandant Delahaye et la Morelle prolongée.

... Déroulement de la cérémonie du 24 août 1924 ...

Ajoutons qu'à la cérémonie en l'église du Sacré-Cœur seront présents les restes des 53 Vendéens réunis en onze bières qui seront amenées à l'église le matin même.

...

L'inauguration du monument aura lieu en mai 1925. »

Etoile de la Vendée - Dimanche 31 août 1924 – Magnifique hommage de la ville de Tournai aux Territoriaux Vendéens -.

« Le 24 août eut lieu, à Tournai, en Belgique, une émouvante et grandiose manifestation en l'honneur des Territoriaux Vendéens, qui en août 1914, défendirent la ville contre les hordes allemandes.

Cette cérémonie a eu lieu à l'occasion du transfert des corps de nos compatriotes du lieu de leur sépulture provisoire à la tombe qui leur est destinée et qui sera surmontée d'un magnifique mausolée ... »

Etoile de la Vendée - Dimanche 7 septembre 1924 – Les soldats vendéens défenseurs de Tournai -.

« Article de 20 centimètres sans intérêt spécial. »

Etoile de la Vendée - Dimanche 15 février 1925 – La Roche-sur-Yon -.

« Amicale du 83e Territoriaux - Le bureau de l'amicale vient d'être informé par le président du Souvenir Franco-Belge, que l'inauguration du monument élevé à Tournai, à la mémoire de nos camarades tombés au champ d'honneur, aura lieu le 21 juin prochain.

Une couronne en fer forgé doit être déposée au monument par chacun des deux régiment de la brigade 83e et 84e R.I.T. »

Etoile de la Vendée - Dimanche 1er mars 1925 – Chronique Départementale -.

« Le Monument élevé à Tournai à la gloire des Vendéens ... rappel ... »

Etoile de la Vendée - Dimanche 15 mars 1925 – Chronique Départementale -.

« Le Monument élevé à Tournai à la gloire des Vendéens ... rappel ... »

Etoile de la Vendée - Dimanche 24 mai 1925 - La Une -.

«   Inauguration du monument aux Vendéens tombés à Tournai - Les familles vendéennes et les anciens des 83e et 84e Régiment territoriaux, qui désireraient assister à l'inauguration du monument de tournai, qui aura lieu le 21 juin, sont invités à envoyer leur adhésion à M. W. Ravez, secrétaire du Souvenir Franco-Belge, rue de Beyaert, 50, à Tournai, avant le 31 mai.

Un service de logement et de repas à domicile est organisé, dans le but de faciliter le séjour de nos compatriotes à Tournai. »

Etoile de la Vendée - Dimanche 7 juin 1925 -

« Aux anciens territoriaux vendéens, à leur familles ... »

Etoile de la Vendée - Dimanche 28 juin 1925 - La Une -.

« A la mémoire des Vendéens tombés à Tournai. Le monument élevé à la mémoire des 53 victimes, des 83e et 84e d'Infanterie tombés à tournai le 24 août 1914, a été inauguré solennellement dimanche dernier 21 juin ... »

Etoile de la Vendée - Dimanche 5 juillet 1925 - La Une -.

« Anciens du 83e R.I.T.  30 centimètres ... »

Revue du Bas Poitou –  Les Héros Vendéens commémorés à Tournai. –

« La bataille du 24 août 1914, au cours de laquelle les 83e et 84e Régiments de territoriaux vendéens s'illustrèrent, a été commémorée le 24  août à Tournai par .une cérémonie émouvante, à laquelle assistait M. Herbette, ambassadeur de France. Celui-ci a été reçu à l'Hôtel de Ville, puis il s'est rendu à l'église du Sacré-Cœur où a été chanté le service funèbre, en mémoire des 53 soldats vendéens tombés à Tournai.

Après l'inauguration du Mémorial apposé dans le parvis de l'Église, les cercueils ont été placés sur six prolonges d'artillerie recouvertes du drapeau français. Au milieu d'une. affluence considérable, le convoi  funèbre, formé des familles des défunts, des autorités, des délégations des armées belge et française et des sociétés locales, a gagné le Pont des Vendéens au bord duquel sera élevé l'année prochaine un monument.

Des discours ont été prononcés par le bourgmestre de Tournai, par le représentant du ministre de la Défense nationale et par M. Herbette. Les corps ont été ensuite inhumés dans l'ossuaire qui surmontera le monument, et la cérémonie s'est terminée aux accents de la Marseillaise et de la Brabançonne. »

Revue du Bas Poitou – Le Monument aux Vendéens de Tournai -.

« L’inauguration de ce monument a eu lieu à Tournai (Belgique), le 21 juin dernier. Voici le ‘Géant Vendéen’ dressé sur le tumulus, renfermant les restes des héros, que clôt une pierre de granit portant cette inscription :

Aux Territoriaux de la Vendée des 2e et 3e bataillons des 83eet 84e R.I..

Pour la Civilisation et le Droit menacés, ils renouvelèrent ici, le 24 août 1914, l’un des légendaires exploits qui, dans l’Histoire, méritèrent aux Vendéens, leurs ancêtres, le titre de ‘Géants des Combats’.

Passant, découvre-toi, incline-toi. Sous ce tertre, 53 des leurs reposent. »

[ Cliché du Phare représentant le tertre surmonté de la statue.]

Résistance de l'Ouest - 22-23 juin 1946 -  Avant les fêtes franco-belge de Fontenay-le-Comte -

« La ville de Tournai va redire sa reconnaissance aux territoriaux vendéens tombés en août 1914 -

Le dimanche 30 juin, les Belges apporteront à la ville de Fontenay-le-Comte, la gratitude de leurs compatriotes, en souvenir des braves vendéens tombés pour que leur sol demeure.

"C'était le 24 août 1914. quelques Vendéens des 83e et 84e R.I.T. occupent Tournai avec l'ordre de tenir jusqu'au bout. Presque tous, mal équipés, fatigués et âgés, armés d'un mauvais fusil, mais tous fils d'une terre âpre, dont le courage est proverbial. Ils opposent une farouche énergie à l'armée allemande qui tente de déborder l'aile gauche française. Adossés aux murailles, allant d'arbre en arbre ou crispés au seuil des portes, ils ne reculent qu'après avoir abattu leur lot d'ennemis. Les survivants, exténués, doivent leur salut aux vêtements civils que leur distribuent de courageux habitants.

"Combat modeste en apparence. Mais qui eut son intérêt, car les troupes du Général d'Arnade menacèrent ainsi le flanc de l'armée Von Kluck, qui crut à l'existence de forces françaises plus importantes, et perdit des heures  précieuses. Ainsi fut rendue possible la bataille de la Marne et avec elle, les victoires libératrices.

"Ce miracle n'eut peut-être pu se produire sans le sacrifice des Vendéens - plusieurs historiens l'ont déjà écrit - et les Tournaisiens ont voulu que le fait ne fût pas oublié par l'Histoire". [Extrait du magnifique ouvrage de Walter Ravez "Tournai cité Royale"].

Les Tournaisiens ont rassemblé les restes de ces vaillants tombée dans les rues de la ville et, dix ans plus tard, le 24 août 1924, ils se rassemblaient devant l'église du Sacré-Cœur pour inaugurer, sous la présidence de M. Herbette, ambassadeur de France, un mémorial qui porte en lettres d'or, les noms des soldats tués. Ils déposaient ensuite les dépouilles des héros, dans un ossuaire élevé à leur mémoire.

Foules Belges, Foules françaises, Vendéens et Vendéennes venus en grand nombre, tous courbés sur le parcours des reliques, rendaient hommage à ceux qui avaient bien mérité de la Patrie.

Le 1er août 1924, le Roi des Belges, Albert 1er, promulguait une loi qui permettait le transfert des restes de cinquante-trois soldats français sous le monument élevé à la mémoire des Vendéens tombés pour la défense de Tournai.

Le 21 juin suivant, les belges invitaient le Général d'Amade a inauguré l'ossuaire des Vendéens, et la cérémonie se déroulait grandiose dans sa simplicité, à l'exemple du sacrifice des Disparus. Sur le tertre gazonné, s'élève la statue du "Géants des Combats", ainsi que Napoléon identifiait notre race indomptable. Taillé dans le dur granit des Ardennes, cette représentation du Héros Vendéen, tous muscles bandés dans une magnifique attitude de force et d'arrêt, offre son torse vigoureux au choc de l'ennemi. Il reste le gardien du droit, le protecteur des faibles.

A ses pieds, une tombe de granit porte la gratitude des Tournaisiens envers les territoriaux Vendéens. Le double cœur de nos armoiries, et les blasons de La Roche-sur-Yon, des Sables et de Fontenay, surmontent et parachèvent ce monument que les belges ont élevé à la mémoire des Vendéens, et en hommage aux fils vaillants de la "Doulce France".

Le 20 août 1939, à l'occasion du 25e anniversaire de ces combats héroïques, une délégation de Vendéens est allée sous la conduite de M. Arricaud, porter à Tournai le souvenir des orphelins et des veuves.

Les autorités belges, qui ont reçu les Ambassadeurs du Souvenir par des manifestations d'affectueuse gratitude, devaient venir en 1940, porter le salut de leurs compatriotes aux compagnons, aux parents des Héros vendéens tombés chez eux.

Les événements de 1940 n'avaient pu permettre ce pèlerinage.

C'est donc dimanche prochain que M. Celmant, président du Souvenir Franco-Belge, conduira la délégation qu'apportera, dans un acte de piété, la gratitude de son pays aux "Géants de la Vendée", tombés pour défendre la Civilisation, la Justice et le Droit.  Albert Foucaud. »

[ Il n'a pas été possible de se procurer auprès de Presse-Océan l'article des jours  précédents donnant les noms des Vendéens .]

Ouest-France - Jeudi 9 septembre 1954 – La Roche-sur-Yon -.

« Il y a quarante ans - I - . Les régiments Vendéens se couvraient de gloire à la bataille de la Marne - Et les adieux du 93e à La Roche avaient été émouvants et enthousiastes.

... le départ du 93e.

Mais auparavant, nous voudrions retracer la journée inoubliable pour tous les yonnais du départ du 93e, le 6 août 1914. A vrai dire, la  déclaration de guerre surprit bien des optimistes et ... même les autres.

La presse locale de l'époque, dans les jours précédents, ne se fait l'écho d'aucun bruit alarmant.

Dans le journal mis en vente le 2 août, on relève même un article annonçant le concert de la musique du 93e place Napoléon, sous la direction de son chef Pommier.  Elle devait jouer notamment "En Avant" et "le Rêve Passe"!

En fait ce fut la mobilisation, qui se passa d'ailleurs dans un calme et un ordre parfait. A la Préfecture et à l'Hôtel de Ville les dépêches officielles étaient affichées au fur et à mesure. Elles étaient lues par une foule avide de nouvelles.

Pendant ce temps à Nantes, le 83e Territorial partait dès le deuxième jour.

Le 93e, quant à lui, parti le jeudi 6 août vers 8 heures du soir, au milieu d'une foule considérable, qui lui fit escorte en l'acclamant Le préfet et Lucien Genuer, maire, accompagne de MM. Guillet et Morineau, adjoints, sont passés sur la quai de la gare et ont, avant le départ du train, salué le Colonel Lemey et ses officiers, au nom de la population.

Tout le long de la voie, des deux côtés de la voie ferrée, sur les deux boulevards, la foule acclame encore nos braves soldats jusqu'à ce que le train, parti à 22 h. 27, eut dépassé la barrière de Forges.

... Quelques jours plus tard, bon nombre de ces fantassins devaient, hélas, tomber dans la bataille. »

Ouest-France - Vendredi 10 septembre 1954 – La Roche-sur-Yon -.

« Il y a quarante ans - II -. Les régiments Vendéens se couvraient de gloire à la bataille de la Marne - Deux anciens du 83e Territorial nous content leurs souvenirs -

- Ce sont ceux du 83e Territorial que vous devriez voir d'abord, nous disait ces jours-ci un ancien du 93e. Ils sont arrivés sur le front dès le début des opérations et ont participé aux premiers combats. Il n'y a pas eu beaucoup de survivants.

- Y en-t-il encore actuellement à La Roche ?

- Ma foi, oui. Tenez voyez donc M. Migné, l'ancien droguiste de la place du Marché, et aussi M. Arrivé, un ingénieur retraité de Paris, mais originaire de Vendée et qui s'est retiré dans une coquette maison du boulevard d'Italie.

Le Géant Vendéen.

C'est là, effectivement, que nous avons trouvé M. Arrivé, travaillant à son jardin et portant très allègrement ses 75 printemps.

- Le 83e Territorial était un régiment composé presque exclusivement de Vendéens, et aussi d'un certain contingent de parisiens, nous dit-il. Il est parti de Nantes, le lendemain même de la mobilisation. Un jour ou deux plus tard nous arrivions à Choisy-le-Roy et traversions la Belgique. M. Arrivé appartenait au train régimentaire. Il avait donc pour mission le ravitaillement de son unité. Il fut débarqué à Cizeron, mais à peine sortait-il de la gare le sourire aux lèvres, malgré tout, comme la plupart des poilus, qu'on leur cria :

- Les Ulhans sont là !

Nos braves Vendéens n'en croyaient pas leurs oreilles. Il fallut dès lors agir avec d'infinies précautions. Toute la matinée on entendit passer des troupes. Et le lendemain on repartait. Le train s'arrêta à Fretain et l'on entendit la canonnade toute proche.

" Ce sont les nôtres" disaient philosophiquement les poilus. En fait c'étaient des allemands qui pilonnaient nos bataillons. Cette même journée le train reçut l'ordre d'aller ravitailler un bataillon du 83e Territorial. M. Arrivé et ses camarades chargèrent un chariot, mais à la sortie du village, ce fut comme à Cizeron. Des habitants accoururent au devant d'eux affolés :

- N'avancez pas, les Prussiens sont là.

Dès le lendemain c'était pour M. Arrivé, avec ceux du train, le repli jusqu'à Rouen.

Mis en ligne le 83e en grande partie, avec un bataillon du 84e, avait magnifiquement tenu à Tournai et l'on a souvent dit que leur résistance héroïque avait été déterminante dans le succès de la bataille de la Marne.

Cette défense de Tournai a été mémorable, nous précise M. Arrivé, puisque un monument a été élevé par la population de cette ville, quelques années après la grande guerre. Il représente un poilu vendéen et sur la plaque on peut lire :

" A la mémoire du Géant Vendéen." ...»

 Ouest-France - Mardi 14 septembre 1954 – La Roche-sur-Yon -.

« Il y a quarante ans - III -. Les régiments Vendéens se couvraient de gloire à la bataille de la Marne - Deux anciens du 83e Territorial nous content leurs souvenirs -

Nous avions laissé M. Arrivé à son jardin qu'il cultive avec amour, et c'est à un autre des très rares anciens du 83e  Territorial que nous avons rendu visite : M. Migné, l'ancien droguiste de la place du Marché, aujourd'hui rue Paul Doumer.

Après nous avoir rappelé comme M. Arrivé que le 83e Territorial formé à La Roche était parti de Nantes le 3 août, puis quelques jours après s'était embarqué pour Choisy-le-Roy. M. Migné qui était sergent-fourrier à la 4e  Compagnie (1er bataillon) se souvient aussi de cette arrivée en gare de Fretain où ils apprenaient que les Ulhans étaient là. Son unité reçut l'ordre de se diriger vers Bouvines. Mais tandis qu'on se préparait à y cantonner, à 6 heures un ordre prescrivait de partir pour Seclin où l'on cantonna la nuit dans les rues. C'est là, dans la nuit, que le sergent-fourrier Migné reçut lui-même la dépêche ordonnant au 1er bataillon de se porter à Tournai et de s'y maintenir coûte que coûte. C'était le 24 août. Finalement au lieu du 1er ce fut le 2e bataillon qui monta et l'on sait quel rôle historique et déterminant il joua dans la bataille. Le commandant du 2e bataillon, un fontenaisien, fut tué presqu'aussitôt dans les rues de Tournai.

Et M. Migné continua son récit.

Nous avons fait la pause au poste de douanes où se trouvait le Général de Division Curé et la compagnie reçut l'ordre d'occuper la ferme de Houanin. sauf le deuxième bataillon à Tournai, tout le régiment se trouvait groupé dans une cuvette, ce qui était très dangereux. Soudain les dragons de Nantes arrivent au galop annonçant les allemands. Un avion survola la ferme et un quart d'heure après les 77 "crachaient" et nous n'avions que nos fusils pour leur répondre. A ma compagnie deux sous-officiers porte-drapeau furent tués coup sur coup, et il y eut beaucoup de mal. Ce fut ma section qui quitta la ferme la dernière. Notre compagnie n'avait que deux tués, mais à Tournai le 2e bataillon était décimé.

Après le repli, le régiment fut passé en revue à Rouen par le général Damade et il partit pour la bataille de la Marne. Ce fut la course à la mer. Ma compagnie dut rester garder un convoi divisionnaire. Mais le 3e bataillon, auquel appartenait M. Betard, chef de division en retraite, toujours à La Roche-sur-Yon, subit de lourdes pertes. Sur notre droite le 81e était aux prises avec la garde impériale. Puis notre régiment est monté sur Arras occuper de tranchées en avant de la ville entre Rouville et Saint-Sauveur. Le Komprinz croyait bien faire son entrée dans Arras musique en tête. Tout était préparé. Il défila bien, mais au-delà.

Précisons que le 83e Territorial fut cité à l'ordre de la division. »

Ouest-France - Samedi 18 et Dimanche 19 Février 1954 – La Roche-sur-Yon -.

« Il y a quarante ans - IV - - M. Achille Genot évoque pour nous l'épopée du 93e en août et septembre 1914 ... »

Résistance de l'Ouest - 24 avril 1955 - Au Pays Vendéen -.

« Anniversaire : Le 24 Août 1914, 53 Vendéens des 83e et 84e R.I. tombaient à Tournai sous les balles allemandes.

A quelques pas du monument aux morts de Tournai (Belgique) une pierre tombale placée sur le flanc d'un tumulus, immortalise le sacrifice de cinquante-trois braves territoriaux Vendéens des 83e et 84e régiments d'infanterie ; elle porte les armoiries des cantons de Fontenay-le-Comte, des Sables-d'Olonne et de La Roche-sur-Yon .

Voici la relation que fait de cette héroïque journée du 24 août 1914, M. Walter Ravez, historien de Tournai, dans son ouvrage : Tournai, Cité royale.

" Quelques poignées de territoriaux occupent Tournai avec ordre de tenir jusqu'à la dernière minute. Ils sont pour la plupart âgés, fatigués, mal équipés, privés de matériel de campagne, armés d'un modeste Lebel, mais fils d'une terre âpre où le courage est proverbial. Ils opposent une farouche énergie à l'armée allemande qui tente de déborder l'aile gauche française. Adossés aux murailles, allant d'arbre en arbre ou crispés au seuil des portes, ils ne reculent  qu'après avoir abattu leur lot d'ennemis. Les survivants, exténués, doivent leur salut aux vêtements civils que leur distribuent de courageux habitants. Combat modeste en apparence, mais qui eut son intérêt, car les troupes du général d'Amade menacèrent ainsi le flanc de l'armée Von Kluck, qui crut à l'existence de forces françaises plus fortes et perdit des heures précieuses. Les troupes anglaises du maréchal French, engagées dans la bataille de Mons, eurent le temps de se replier en bon ordre, ce qui rendit possible la bataille de la Marne et, avec elle, les victoires libératrices.

Ce miracle n'eut peut-être pu se produire sans le sacrifice des Vendéens -- plusieurs historiens l'ont déjà écrit -- et les Tournaisiens ont voulu que le fait ne fût point oublié par l'Histoire. Ils ont pieusement rassemblé les restes de ces vaillants tombés dans les rues de la ville, et le 24 août 1924, en signe de dixième anniversaire, tandis que l'ambassadeur de France Herbette inaugurait, sur le parvis de l'église du Sacré-Cœur, au faubourg Morelle (ma paroisse), un mémorial dû à la générosité des « Dames françaises du Tournaisis » qui porte le nom des soldats tués, nous déposions les dépouilles dans l'ossuaire construit sous la butte. Il y eut dans ce défilé qui passa entre deux haies compactes de gens tristement inclinés, un symbole de gratitude d'une solennelle grandeur. Foules belges, foules françaises, officiers supérieurs de grandes armées vendéennes venues ici avec l'antique coiffe blanche tuyautée, humbles familles portant leurs habits de deuil éternel. Ce fut un spectacle inoubliable.

Puis vint le 21 juin 1925, la cérémonie d'inauguration, présidée par le général d'Amade et qui se déroula au milieu d'acclamations délirantes devant ce tertre gazonné, simple autant que le sacrifice des braves qu'il recouvre. Il est dominé par « le géant des combats » (la statue) par lequel Napoléon identifiait cette race indomptable. Le maître statuaire Egide Rombaux l'a taillé dans un formidable bloc de granit des Ardennes : son héros, tous muscles bandés, dans une magnifique attitude de force et d'arrêt offre son torse vigoureux au choc de l'ennemi. Il est gardien de droit, le protecteur des faibles; il porte d'une main le flambeau de la civilisation et de l'autre le faisceau des licteurs. Le monument des Vendéens est placé là où sont tombés la plupart des braves. Le square est consacré au maréchal Joffre, l'illustre vainqueur de la Marne; l'avenue porte le nom du commandant De La Haye, qui paya de sa vie le combat qui a la valeur d'un grand fait d'armes. Ainsi la colonne française et le tertre vendéen relient deux points d'histoire : ils sont élevés à la fraternité des armes qui souda l'amitié séculaire des deux pays; ils sont l'affirmation royale du particulier attachement de la ville de Tournai à la douce France. »

La Bouillaïe des Ancêtres – N° 73 et 74 – Revue du Cercle Généalogique  Vendéen –

LA MOBILISATION EN VENDÉE

Le samedi soir 1er août 1914, à 5 heures de l'après-midi, était placardé dans toutes les communes de ce département, comme dans toute la France, l'ordre officiel de Mobilisation générale pour le lendemain dimanche 2 août.

En Vendée, comme ailleurs, ce fut dans l'ordre et le calme les plus parfaits que s'effectua cette mobilisation. Le tocsin avait sonné au clocher, rappelant des milliers de réservistes de toutes conditions et d'âges les plus divers. N'oublions pas que les lois du 21 mars 1905 ‑ 19 juillet et 8 août 1913 avaient fixé les obligations militaires à vingt-huit ans : 3 ans dans l'active, 11 ans dans la réserve de l'active, 7 ans dans la territoriale, 7 ans dans la réserve de la territoriale.

De l'engagé volontaire à 18 ans au père de famille de 45 ans, tout le monde va répondre présent.

Dès le lundi 3 août, jour de la déclaration officielle de la guerre par l'Allemagne à la France, les ateliers, champs, usines, tous les lieux où l'on travaillait se vidèrent au profit des villes de garnison et des casernes où les magasins de l'intendance habillent et arment au fur et à mesure de leur arrivée les fantassins. II n'est pas une famille qui ne soit directement ou indirectement concernée par le départ de l'un des siens.

Le Clergé vendéen n'est pas en reste. Sur les cinq cent vingt prêtres employés dans le diocèse de Luçon, cent quarante sont atteints par le décret de mobilisation du 1er août. Ainsi, l'Abbé Henri BLANCHARD vicaire de Beauvoir-sur-Mer rejoint Fontenay-le-Comte et se voit affecté au 337ème R.I. à la charge de téléphoniste. Il en est de même pour les religieux qui remplissent les fonctions d'aumôniers au sein des divisions militaires.

A Luçon, le 1er Régiment des Dragons fraîchement installé dans ses quartiers depuis le mois d'avril est déjà fin prêt pour le départ. A la Roche-sur-Yon, le 93ème  Régiment d'Infanterie a laissé ses locaux pour la formation des 293ème R.I. et 83ème territorial. II en est de même à Fontenay-le-Comte où le 137ème R.I. a pris cantonnement en ville afin de laisser place au 337ème R.I. et au 84ème territorial. Munis de leur feuille de route, de nombreux autres mobilisés vendéens s'empressent de regagner leurs diverses affectations militaires d'antan comme le 77ème R.I. de Cholet, le 123ème R.1. de la Rochelle, le 32ème de Chatellerault, le 114ème de Parthenay ou bien comme mon grand-père Marcel, parti le premier de sa commune pour rejoindre dès le 4 août le 28ème Régiment d'Artillerie stationné à Vannes.

On peut réellement dire qu'en ce moment la proclamation du Président de la République, R. PINCARÉ sur l'appel à l'Union Sacrée est bien réelle. "Il n'y a plus de partis, il y a la France éternelle et résolue. II y a la patrie du droit et de la justice tout entière unie dans le calme, la vigilance et la dignité".

Calmes et résolus, au milieu d'un enthousiasme populaire, les mobilisés s'apprêtent à quitter le sol vendéen.  …..

TOURNAI: 24 août 1914 (Belgique) :  Ordre Général : "Sacrifiez‑vous ".

Sur la ligne de front située plus à l'Ouest, les troupes françaises et alliées ont également dû reculer devant les vagues déferlantes de l'ennemi, de telle sorte que l’armée anglaise de French est menacée d'encerclement. II est alors décidé par les plus hautes autorités militaires d'envoyer deux bataillons vendéens pour retarder au maximum la progression de l'armée allemande avec ce terrible mot d'ordre : "Sacrifiez‑vous".

Débarqués aux environs de Lille, les combattants vendéens sont déterminés, malgré l'enjeu du sacrifice et se dirigent à marches forcées sur Tournai. Un habitant de cette ville, Mr HOQUET, présent lors ce drame héroïque consignera dans un ouvrage en parlant des troupes françaises : "Ils nous arrivèrent aux premières heures du jour après avoir fourni une très longue et épuisante étape. Nos concitoyens les accueillirent avec enthousiasme et après un court repos, ils prirent leurs postes de combat"... "N'ayant pour seule arme que leur fusil, ils allaient se heurter à tout un corps d'Armée abondamment pourvu de tous les engins de la guerre moderne. Malgré ce déséquilibre de feu, les soldats vendéens nous déclaraient :"On nous a prévenu que nous devions nous sacrifier".

Les forces en présence nous sont données par un combattant fontenaisien dans une lettre envoyée à sa famille : "Nous étions deux bataillons de territoriaux ; un du 83ème (le 2ème) et un du 84ème  (le 1er) environ 1700 hommes" .... "Les Allemands comptaient deux divisions de Cavalerie, une division de chasseurs à pied, un régiment d'artillerie, une compagnie de mitrailleuses, un escadron de hussards de la mort, environ 16 800 hommes".

Au combat, les Vendéens furent héroïques : visant juste et tirant posément. Ils ne cédèrent le terrain que pas à pas et sur l'ordre de leurs chefs qui payèrent de leur vie comme le Commandant G. DELAHAYE. Leur vaillance et leur sang froid leur firent éprouver des pertes sensibles mais en infligèrent de sévères à l'ennemi, repoussant même à la baïonnette une contre attaque. Fendant ce temps, le médecin-major AMERAND et son caporal infirmier LEGOFFE ne ménagent pas leurs peines ne cessant de prodiguer leurs soins aux nombreux soldats blessés qui sont rapatriés à la ferme de "Bleuse‑Vache". Le combat reprit l'après‑midi, hors des murs de la ville, au cours de la retraite. Progressivement, pris à revers par un ennemi tellement supérieur en nombre, la plupart des combattants vendéens sont faits prisonniers. L'un d'entre eux précisera plus tard dans une correspondance : "Nous nous battions à un contre dix. Nous avons lutté pendant sept heures et avons perdu les 2/3 de notre effectif. J'ai été pris avec le Général DE VILLARET, qui est actuellement à la forteresse de Torgau et le Lieutenant LEONETTI de ma compagnie. Mes effets ont été perdus, ainsi que ma cantine... ".

Le chef allemand, après l'encerclement complet de la petite troupe restante, stupéfait d'apprendre de la bouche du Général DE VILLARET qu'il n'avait eu à combattre que deux maigres bataillons de territoriaux (composés d'hommes de 35 à 45 ans presque tous pères de famille), alors qu'il croyait avoir à faire à une division entière, laissa son épée à son vaillant prisonnier de guerre.

Seul un tout petit nombre, ayant perdu contact avec leur corps, put s'échapper des mailles du filet. Epuisés, fatigués par une lutte inégale, une cinquantaine d'entre eux parvient néanmoins à Orchies, en territoire français, le 24 au soir. Ils se réfugient à l’hôpital, mais une troupe allemande venue de Valenciennes, à trois heures de là, les attend avant de les conduire en camps d'internement.

Parvenant à se faufiler une nouvelle fois, deux soldats et un sergent vendéens réussissent à gagner Douai avant de s'embarquer à destination de Paris. Arrivés à la gare du Nord, ils s'empressent de raconter leur "aventure" aux autorités militaires de service, et demandent à rejoindre leur régiment (qui s'est replié vers Courrières) pour retourner combattre au front. Mais à Paris, une sombre et amère désillusion les attend. Arrestation et inculpation de désertion devant l'ennemi pour n'avoir pas respecté le mot d'ordre du sacrifice suprême. A titre historique, notons que le Premier Conseil de guerre réuni à Paris jugera ces trois braves vendéens et les condamnera à six et cinq années de travaux foncés avec dégradation militaire ... !

Pourtant, les conséquences de cette journée dues au seul héroïsme des vétérans vendéens étaient reconnues de tous et seront magnifiées en ces termes par la suite

"Mourir pour la Patrie, les Vendéens l'ont compris, ils l'ont fait.

"Ils ont retardé la marche du 2ème  Corps allemand. Ils ont contribué à faciliter le dégagement de l'armée anglaise de French. Ils ont suspendu le mouvement de VON KLUCK vers la mer et vers Dunkerque. "Ils ont été les précurseurs de la victoire de la Marne".

Cet épisode, oh combien important, est curieusement absent en France des manuels d'histoire et des diffusions médiatiques. Alors qu'à Tournai, en Belgique, la journée vendéenne du 24 août est, depuis cette date de 1914 jusqu'à nos jours, l'objet d'une reconnaissance symbolique comme vous le montrera si bien l'article de notre adhérent Hervé HUCTEAU avec la complicité de son correspondant belge, Mr Jacques DE CEUNINCK, dans le prochain bulletin. (ci-dessous)

La Bataille de Tournai   -  Le 24 août‑1914 ou le sacrifice des Vendéens

Cette bataille, malheureusement presque oubliée en France est à l'honneur tous les ans à Tournai en Belgique. Depuis 1996, un "Géant" Vendéen de 150 Kg, porté par quatre hommes traverse toute la ville de Tournai pendant plus de trois heures à l'occasion de la fête des "Quatre cortèges". Les "Géants" font partie du folklore du Nord de la France et de la Belgique. Ils évoquent souvent des héros du moyen âge ou des personnages de la vie courante du début du siècle et à Tournai, nos ancêtres. Les historiens l'ont écrit, le sacrifice des Vendéens (du 83ème et 84ème Régiment d'Infanterie) le 24 août 1914, rendit possible la bataille de la Marne et avec elle, les victoires libératrices lors du premier conflit mondial. Un combat modeste en apparence, mais qui eut son intérêt, retardant l'avance ennemie et permettant le repli des troupes anglaises engagées dans la bataille de Mons.

Cet article est une compilation de coupures de presse, de photos, de documents personnels, des livres "Chronique d'une ville occupée" de Carette DUTHOIT et "Tournai dans la tourmente" de M. Hocquet. A cette occasion, je souhaite remercier mon correspondant en Belgique M. De Ceuninck Jacques, pour tous les documents qu'il m'a fournis et surtout pour son rôle actif pour préserver la mémoire des Vendéens morts à Tournai en Belgique le 24 août 1914.

Mon arrière-grand-père Martineau Armand, de la 88ème Division Territoriale, était arrivé comme ses compagnons par le chemin de fer, le 2‑'i août à Templeuve en France. Comme cinquante trois Vendéens, il est mort lors de cette bataille acharnée, âgé d’à peine 36 ans, laissant sa femme seule avec ses cinq enfants. A travers cet article, je souhaite rendre un hommage mérité à tous ces Vendéens morts pour la France. Le dimanche 24 août 1924, jour du dixième anniversaire de la bataille, quatre familles vendéennes (Pauli, Percot, Quillet de Launay et Thouzeau) ont voulu être présentes aux cérémonies organisées par la ville de Tournai. Après une messe à l'église du Sacré‑Coeur, les 12 bières dans lesquelles ont été réunis les corps de 53 héros Vendéens ont été conduites vers le tertre des Vendéens pour y être déposées dans l'ossuaire construit sous la butte. Cet héroïque sacrifice a été immortalisé à Tournai et inauguré le 21M6/1925 par une émouvante consécration dans le tertre élevé à quelques pas du monument aux morts. Le Géant des combats, oeuvre du statuaire Egide Rombaux, taillé dans un bloc de granit d'Ardennes, y domine depuis le tertre. La pierre tombale, placée sur le flanc du tumulus, est dédiée aux braves territoriaux des 83ème et 84ème  Régiments d'Infanterie. Elle porte les armoiries des cantons de Fontenay-le-Comte, clés Sables-d'Olonne et de la Roche-sur-Yon. Cette inscription est gravée "Aux territoriaux de la Vendée des 2ème  et 1er  Bataillons des 83ème et 84ème Régiment d'Infanterie. Pour la civilisation et les droits menacés, ils renouvelèrent ici, le 14 août 1914, l'un des légendaires exploits qui valurent dans l'histoire, aux Vendéens, leurs ancêtres, le titre de Géants des Combats. Passant, incline-toi, découvre-toi sous ce tertre, 53 des leurs reposent". En mai 1940, le monument fut mutilé par les Allemands. Le 30 juin 1946, une urne contenant de la terre prélevée au tertre a été offerte à la ville de Fontenay le Comte. Chaque année à la date du 24 août, une messe est dite à l'église du Sacré-Cœur en présence des autorités communales, religieuses et militaires; une gerbe est déposée au Monument des Vendéens et à la stèle à l'église.

Les 53 vendéens dont les noms suivent sont inscrits sur le Mémorial, destiné à perpétuer les noms des Vendéens tombés, faubourg de Morelle (remarque : le corps de 6 territoriaux vendéens inhumés à Froidmont et de 4 autres reposant à Taintignies ont rejoint ici ceux des Vendéens tués à Tournai, ce qui explique les 63 noms) et dans le parvis de l'église du Sacré-Cœur. Les renseignements les concernant sont issus du livre "Tournai dans la Tourmente" de M. Hocquet.

Le samedi 22 août 1914, l'armée allemande progressait chaque jour un peu plus en Belgique. Elle opérait par mouvement tournant en espérant envelopper Tournai, Lille et Valenciennes afin d'encercler l'armée anglaise par la trouée de l'Escaut. La proximité de la frontière et les troupes françaises allaient ralentir cette progression commencée le 4 août à la première heure. Le samedi 22 août, vers 4 heures, une avant-garde française arrivait à Tournai et annonçait le passage imminent de plusieurs régiments français qui allaient rejoindre d'autres forces opposées aux Allemands, qui grouillaient déjà à Gaurain, Mourcourt et Rumillies Dès l'aube du 24 août, l'Infanterie Française composée d'un millier de Vendéens faisait son entrée à Tournai. Sa mission était de retenir le plus longtemps possible les Allemands pour permettre aux Anglais, assaillis dans le Borinage de se retirer des griffes de l'ennemi et ainsi empêcher tournant autour de Tournai. Quelques heures plus tard, ces hommes affrontèrent héroïquement la mort. Ils sont pour la plupart âgés, fatigués, mal équipés, privés de matériel de campagne, armés d'un modeste Lebel mais "fils dune terre âpre où le courage est proverbial". Vers 7 heures, le combat est engagé, la progression allemande est lente mais efficace, les pertes sont nombreuses du côté des Français.

Laissons Carette Duthoit, un Français qui résidait à Tournai, décrire le récit des événements (extraits de son livre "Chronique d'une ville occupée").

"Un peu après l'aube, soit vers 4 h 30, nous sommes réveillés par un piétinement de chevaux et un cliquetis de sabres : c'est une patrouille de dragons français. Elle est suivie par deux bataillons de territoriaux de la Vendée du 83ème et 84ème de ligne. Ces braves gens occupent le pont d'Allain  et se dirigent, nous semble-t-il, vers la gare et le faubourg de Morelle.

Au moment où M. Hocquet, archiviste de la ville, s'arrête devant la porte de mon habitation, éclate une fusillade. Quelques coups de canon se font entendre vers Kain. Nous voyons distinctement tomber le croix de la chapelle de l'Athénée, atteinte par un obus.

Deux aéroplanes, boches sans doute, survolent la ville. Puis crépitent des mitrailleuses aux environs de la gare. Les coups de feu se rapprochent. J'engage mon compagnon à entrer chez moi. I1 préfère regagner son domicile. II est temps, car la fusillade se rapproche. Je vois les Français remonter sans précipitation, mais quelques-uns marchant péniblement, le boulevard du Midi ... Après un silence angoissant, coupé toutefois de quelques détonations en ville, j'aperçois une vingtaine de cyclistes fedgrau, débarrassant le pont d'Allain  de chariots qui le barraient.

Après le passage de ces éclaireurs et à notre grand étonnement, s'avance un groupe de 20 à 30 ouvriers de la campagne, pâles, couverts de sueur et dont quelques-uns sont à bras de chemise ou sans chaussures. Ce groupe pitoyable partit poussé en avant par la menace des baïonnettes d'une compagnie de boches qui les serre de près... Le canon se fait de nouveau entendre du côté de Taintignies et de Froidmont. Nouveau défilé d'ennemis pros nombreux que la toute première avant garde : 4 à 500 cyclistes, infanterie et nombreux officiers à cheval ou en automobile.

Vers trois heures de relevée, s'arrête à notre porte une victoria. A côté du cocher, un fantassin boche en armes. Descendent M. Louis Carton père et son fils Léonard. Ces messieurs m'exposent que les envahisseurs, sous prétexte que l'administration communale les a trompés samedi en leur assurant que la ville ne contenait pas de défenseurs, lui réclament une contribution de guerre de deux millions en or, et qu'ils exigent que cette somme leur soit remise avant quatre heures, faute de quoi ils assureront des représailles terribles sur la population, qu’ils fusilleront le bourgmestre gardé présentement à vue, les conseillers communaux, etc. Naturellement chacun y va du sien, me disent ces messieurs, et même des pauvres femmes déposent à l'Hôtel de Ville les quelques pièces d'or ou d'argent conservées dans le bas de laine familial...

Des troupes et des transports défilent de nouveau vers 5 heures et semblent remonter vers la chaussée de Douai. Tout le quartier retombe ensuite dans un silence profond. Toute circulation a disparu... Mais dès le mardi matin, nous sommes mis au courant des évènements qui se sont passés la veille et que nous n'avions pu connaître.

Les Allemands se trouvaient, nous dit‑on, faubourg de Morelle, à Warchin et à Kain quand ils arrivèrent en vue de nos Vendéens. Ces derniers étaient 2 000 environ contre environ dix fois autant d'ennemis. Les Français étaient commandés par un Général retraité du nom de Villaret. Ils n'avaient ni artillerie, ni mitrailleuses.

Dès le début du combat, près de la Verte-Feuille, le commandant de bataillon Delahaye tomba frappé d'une balle au cœur. Ces hommes, malgré une résistance énergique, durent reculer. Nombre d'entre eux se comportèrent en héros, l'un notamment au pont. de Morelle, un autre en notre ville au coin de la rue des Puits-l'eau près de la charcuterie Phimippart, un troisième prés des bastions où il se fit tuer sans jamais reculer, tout un détachement faubourg de Mairie dans les maisons Casterman; enfin officiers et soldats traversèrent lentement la ville, faisant le coup de feu sans précipitation et mettant hors de combat un nombre d'adversaires que l'on estime à plus de deux cents.

Furieux de cette résistance, l'envahisseur brûla huit des neuf maisons formant un groupe près du couvent de Verte-Feuille, y assassina un malheureux civil et un soldat blessé Français, pénétra par le boulevard du Nord dans la gare. Puis, plaçant des mitrailleuses près de la Grosse Tour et Place Crombez, il balaya de leurs décharges les rues et boulevards rayonnant vers la station.

Derrière l'église Saint-Brice, une dame Boutens, femme d'un officier belge au front, fut tuée au moment où elle tentait de relever un soldat français blessé. Plusieurs civils succombèrent sous les balles. Les Français eurent 54 morts en ville de Tournai et de nombreux blessés. Trois à quatre cents d'entre eux, dont le Général, y furent faits prisonniers. La poursuite continua sur Taintignies et Froidmont, où les Vendéens en retraite perdirent encore beaucoup d'hommes, et sur la route de Lille.

Un des régiments d'envahisseurs, portant sur la manche le nom de "Gibraltar" semblait composé de véritables bandits et se signala par sa brutalité, disons même par sa férocité... ".

Les Vendéens auraient sans doute pu retenir les Allemands plus longtemps encore, si ceux-ci n'avaient utilisé une quinzaine de civils comme bouclier. L'ennemi s'avançait en fait en poussant devant lui des Tournaisiens arrachés à leur domicile. Les Français ont dès lors cessé de tirer pour se replier à l'intérieur de la ville avant je se battre en retraite.

Les Allemands, maître de la ville, enterrent leurs morts d'abord et ce n'est que 24 heures plus tard qu'ils autorisent l'inhumation des soldats français. Une fosse est creusée au faubourg Morelle, on y dépose 47 cadavres dans cette longue tranchée, sinistre, encadrée par les murs écroulés des maisons incendiées. Entouré de piquets et d'une corde, recouvert de chaux, ce remblai de terre s'étend dans la solitude tragique, au centre se dresse une croix de bois plus tard remplacée par la croix de fonte.

Hervé HUCTEAU ‑ adh. n ° 705 »

L'HOMMAGE DE TOURNAI AUX VENDÉENS

Comme l'écrivit Walter Ravez dans son livre "Tournai, Cité Royale", ce fut surtout l'héroïque sacrifice des soldats vendéens que l'on voulut immortaliser et dont les touristes trouveront une émouvante consécration dans le tertre élevé à quelques pas du Monument aux Morts. La pierre tombale, placée sur le flanc du tumulus, est dédiée aux braves territoriaux des 83ème et 84ème Régiments d'infanterie ; elle porte les armoiries des cantons de Fontenay-le-Comte, des Sables d'Olonne et de la Roche-sur-Yon.

Dimanche 24 août 1924 : 10ème anniversaire de !a bataille

Hommage de la ville de Tournai aux Vendéens. L'hôtel de ville avait arboré les drapeaux des volontaires de 1830, encadré des drapeaux français et belges. Les personnalités présentes Monsieur le Bourgmestre Wibaut, l'Échevin Castaigne, Monsieur Flavelle, Consul de France, de nombreuses personnalités militaires belges et françaises dont le Capitaine Lemoine qui combattit avec le Général De Villaret le 24 août 1914 à Tournai. Son Excellence, l'Ambassadeur de France Mr Herbette arriva de Bruxelles. Le Bourgmestre de Tournai se vit remettre par l'ambassadeur la Croix de la Légion d'Honneur.

Déplacement de toutes les personnalités à l'église du Sacré-cœur pour la cérémonie religieuse.

Les corps des .53 héros vendéens restés à Tournai et dans la région, réunis en 12 bières. avaient été amenés le matin vers 7 h 30 du dépôt du Cimetière du Sud en l'église du Sacré-Cœur.

Quatre familles vendéennes avaient voulu être présentes aux cérémonies : les familles PAULI, PERCOT, QUILLET DE LAUNAY et THOUZEAU ; elles formaient un groupe de 12 hommes. femmes et enfants. Plusieurs femmes portaient l'antique coiffe blanche tuyautée. Une poignante douleur planait sur ce petit groupe qui se tenait à droite dans l'église, tout près des cercueils des leurs ... ...

Office religieux célébré par le Vicaire général Blampain, assisté de M. L'Abbé Thirion et du Rév. Père Fuiv, Supérieur de La Salette, tous deux anciens aumôniers militaires belge et français. On ne saurait rendre par la plume le caractère imposant et attristant à la fois de ce long cortège se dirigeant par la chaussée de Renaix. où partout drapeaux français et belges sont en berne. où les réverbères allumés sont voilés de crêpe, vers l'ossuaire se dressant à l'angle du boulevard des Combattants. Le ciel est gris et maussade. comme si la nature elle-même voulait s'associer au deuil … …

L'ossuaire émerge d'un bosquet composé de fleurs ornementales. Les mitrailleurs transportent les bières des prolonges d'artillerie sur les tréteaux où ils resteront durant la cérémonie. Elle fut malheureusement contrariée par des averses ... ...

Monsieur l'Ambassadeur déposa lui-même sur chacune des 12 bières une couronne de palmes puis poussa le cri "Vive la France ! Vive la Belgique ! auquel la foule répondit par un autre vivat pour la France.

Les corps sont introduits dans l'ossuaire et placés dans des caveaux superposés. Musique des Volontaires-Pompiers et celle du 3ème  Chasseurs à Pied.

21 juin 1925: Inauguration du Monument

Alors que son concours était assuré depuis longtemps, le Comité organisateur reçoit la veille du Maréchal Joffre le télégramme : "atteint d'angine, me trouve dans impossibilité faire voyage en Belgique. Vous exprime mille regrets et vous prie prévenir".

Nombreuses maisons décorées ; nombreuses voitures amènent à Tournai un nombre considérable d'étrangers. Enfants des écoles. Discours. Discours du Général d’Amade. A 10 h 45, arrivée à l'église du Sacré-Cœur du 43ème Régiment d Infanterie de Lille. Le Général serra les mains de vendéens et vendéennes. Le travail d'exécution du Monument a été confié à deux artistes réputés : Mr Rombaux et Govaerts. M. Egide Rombaux s'est inspiré du mot de Napoléon qualifiant l'action des vendéens : "Des combats de Géants".

C'est un Géant en haut de la butte qui a symbolisé les Territoriaux vendéens du 24 août 1914 ...

La Marseillaise et la Brabançonne clôturent cette cérémonie. II est plus de 13 h 30 quand le public se retire. Réception des familles vendéennes à l'Hôtel de ville. Plusieurs de ceux qui avaient combattu en cette journée du 24 août avaient tenu à revoir les lieux tragiques. Parmi eux , M. Mingot, qui se tint caché dans un tas de fumier pour éviter d'être pris et qui put se sauver en octobre 1914, Hippolyte Barrau et un ouvrier qui était père de quatre enfants Léon Marrigot de Fontenay‑le‑Comte évoquaient encore le souvenir. Ils furent sauvés par des Tournaisiens qui les cachèrent chez eux : MM. Mortier et Dosinel. Tous deux avaient été blessés. M. Barrau montra une petite croix reçue d’une Sœur de la Sagesse (ndlr : couvent de la chaussée de Renaix) ... ...

En mai 1940, le Monument fut mutilé par les Allemands. Le 30 juin 1946, une urne contenant de la terre prélevée au tertre, était offerte à la Ville de Fontenay-le-Comte et placée devant le Monument y élevé à la mémoire de ses enfants morts pour la patrie.

Chaque année à la date du 24 août, une messe est dite à l'église du Sacré-Cœur en présence des Autorités communales, religieuses et militaires ; une gerbe est déposée au Monument des Vendéens et à la stèle à l'église. Les noms mentionnés au Monument des Vendéens et à l'église du Sacré-Cœur  sont les noms des militaires tués et dont les restes ont été amenés dans l'ossuaire. Le corps de M. Martineau Armand se trouve donc à Tournai sous la butte du Monument ; les corps ramenés en France sont ceux réclamés par certaines familles.

De Ceuninck Jacques  aidé de Christian Bausiers

Les Géants de Tournai

Nom Prénom

Lieu Naissance

Date Naissance

Remarques

Arnaud Pierre

Château d'Olonne

08-02-1879

Amaudeau Marie

 

Artus Charles

Aymard Georges

 

Berthomé Pierre

Ile d'Olonne

20-02-1879

 

Bertin Henri

 

 

 

Bertret Albert

Champ St Père

20-10-1876

 

Blanchard Auguste

St Etienne de Mer Morte

14-02-1877

 

Bodin Henri

St Laurent la Salle

31-12-1877

 

Bourgoin Ernest

Fontenay le Comte

08-01-1879

 

Bulleteau Marie

Olonne

02-03-1879

 

Caillaud Marc

Cezais

27-06-1877

 

Chabot Henri

Alzenay

18-09-1879

 

Chalbot Albert

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Challet Auguste

 

 

 

Challet Henri

 

 

 

Charbonneau Louis

 

 

 

Charbonneau Pierre

St Pierre du Chemin

22-10-1877

 

Chauvet Pierre

Mesnard la Barotière

14-10-1873

 

Chiffoleau Louis

 

 

 

Delahaye Gaston

La Flèche

08-06-1856

Capitaine-commandant

Erieau Edmond

 

 

 

Ferret Adrien

 

 

 

Flandrois Jean

 

 

 

Godet Augustin

Treize Vents

30-05-1873

 

Gravet Louis

 

 

Caporal-fourrier

Grosseau Gustave

St Benoist-sur-Mer

14-03-1879

 

Guareau Gaspard

 

 

 

Guilbaud Auguste

 

 

 

Guiochet Pierre

Landeronde

 02-10-1876

 

Jacques Albert

 

 

 

Jean Eugène

Chaillé les Marais

05-06-1877

 

Jeande Louis

 

 

 

Juillet Alexis

St Maurice des Noues

30-04-1878

 

Laurent Henri

 

 

 

Le Gueslou Georges.

Bosny sur Seine

05-01-1879

 

Martineau Armand

La Callière

01-02-1878

 

Martineau Charles

 

 

 

Menanteau Emest

 

 

 

Messe Auguste

Paris

17-04-1878

 

Moreau Clément

Brouzils

21-11-1876

 

Nicoleau Alexandre

 

 

 

Pasquereau Jean-Baptiste.

St Malo du Bois

08-08-1879

 

Pauli Émile

Strasbourg

13-01-1877

 

Percot Anselme

 

 

 

Perochaud Jean

 

 

 

Perrochon Gustave

St Jouin de Milly

17-01-1878

 

Petit Charles

St Michel en l'Herm

24-12-1879

 

Pierre François

 

 

 

Pliard Jean-Baptiste

 

 

 

Poupeau Jean

Maillezais

10-05-1877

 

Quille( Alphonse

Maillezais

30-01-1878

 

Renaudie Jules

Fontenay le Comte

17-10-1875

 

Richard Victor

Château d'Olonne

05-09-1877

 

Rousseau François

 

 

 

Sacre Aimé

 

 

 

Soulard Pierre

Chambretaud

12-05-1873

 

Texier Auguste

Poiré sur Velluire

10-08-1873

 

Thouzeau Gustave

 

 

 

Tourgeron René

 

 

 

Voisin Pierre

 

 

 

Vrignaud Pierre

St Jean de Monts

27-10-1875

 

Ouest-France – 11 août 1999 – 1914, 63 Vendéens périssent à Tournai, en Belgique. La plaque du souvenir du grand-père.

85 ans après, Fernand Richard sait enfin où est mort son grand-père, lors de la première Guerre mondiale. C'était à Tournai, le 24 août 1914, lors d'une bataille qui a provoqué la mort de 63 Vendéens.

Depuis que son père la lui a donnée, Fernand Richard ne s'est jamais séparé de la plaque du matricule 1789, celui de son grand-père, né au Château‑d'Olonne et mort au champ d'honneur lors de la Première Guerre mondiale. C'est un garde champêtre qui l'a récupérée, alors, avant de la remettre à la famille. Officiellement, elle avait été trouvée aux Champ des baïonnettes, à Verdun. En vérité, Fernand en a la certitude depuis un an, son grand-père Victor est mort à Tournai en Belgique.

Lorsque les corps des soldats défunts n'étaient pas retrouvés, les autorités donnaient aux familles un lieu de mort, presque au hasard, pour diminuer leur chagrin. Pour Victor Richard, c'était Verdun. Mais son petit-fils n'y croyait pas. « La réponse ne me satisfaisait pas. J'ai appelé Verdun, il n'y avait aucune trace de notre nom sur leurs fiches de bord. Or je voulais savoir. L'an dernier, je me suis rendu aux Archives départementales, muni de sa plaque militaire. Lorsqu'ils ont ouvert le registre et que j'ai vu son nom, ça m'a fait quelque chose. » Grâce à l'aide du Souvenir français de Vendée, la douleur de Fernand est aujourd'hui apaisée, mais le mystère qui a longtemps plané sur le lieu de mort de son aïeul semble un symbole de l'oubli dans lequel et tombée la bataille de Tournai. Cinquante trois Vendéens, dont quatre soldats originaires du Pays des Olonnes y ont pourtant péri. Et dix autres à l'extérieur de la ville.

«  Ils ont été proprement, sacrifiés, déplore Lionel Ledru, journaliste au « Courrier de l'Escaut », en Belgique. Les soldats des 83e et 84e régiments d'infanterie ont en effet combattu dans des conditions héroïques, à 2 000 contre dix fois plus d'Allemands. Ils sont tout de même parvenus à retarder l'avancée de l'ennemi, qui progressait chaque jour un peu plus en Belgique et s'apprêtait à encercler l'armée anglaise par la Trouée de l'Escaut. Grâce à la résistance des Vendéens à Tournai, les Britanniques purent préparer la bataille de la Marne, qui obligea les Allemands à se replier sur l'Aisne. Le plan du Maréchal allemand von Schlieffen avait échoué.

C'est pourquoi la ville de Tournai se souvient des morts du 24 août 1914. « Nous les appelons toujours les Géants de Vendée », souligne Lionel Ledru. En 1925, une statue a été érigée sur un tertre, à quelques pas du monument aux morts. Depuis 1996, un « Géant » de 150 kg, porté par quatre hommes traverse toute la ville belge pendant plus de trois heures à l'occasion de la fête des « Quatre cortèges ». Sur le flanc du tertre, une pierre tombale porte les armoiries des cantons de Fontenay‑le‑Comte, la Roche‑sur‑Yon et les Sables d'Olonne. Cinquante trois hommes morts loin du département où s'éteignit Clemenceau y reposent toujours.  Bruno DUVIC. »

Ouest-France – Mercredi 24 août 2000 – La Roche-sur-Yon

« Le 24 août 1914, 53 poilus vendéens meurent au combat en Belgique,

A la mémoire des oubliés de Tournai

Si loin de leur famille et de leur terres … Tombés sous les balles allemandes à Tournai, petite bourgade belge, 53 poilus vendéens trouvaient la mort en ce 24 août 1914. Leur résistance héroïque a permis de déboucher, quinze jours plus tard sur la victorieuse bataille de la Marne. Une stèle, « Le monument des géants », a été érigée en leur mémoire sur le lieu des combats.

Nous sommes à la fin de l'été 1914. Les Français croient toujours à la fameuse « guerre éclair », vaine utopie de la Grande Muette. Les ­Allemands ont déjà envahi la Pologne et progressent rapidement au cœur de la Belgique. A cette époque, l'armement allemand se révèle bien supérieur à celui de ses adversaires. Les canons légers français « 75 » à courte portée traduisent l'impuissance de nos troupes face aux mitrailleuses et à l'artillerie lourde germaniques.

Dès le 22 août 1914, des patrouilles allemandes opèrent dans les environs immédiats de Tournai. Le plan du général Von Klück, commandant morts pour l'intégrité de la première armée allemande, est de se diriger vers Lille pour atteindre Calais et encercler les forces françaises et anglaises stationnées à Charleroi et à Mons. Pour permettre le retrait des troupes en passe d'être prises au piège, le commandement français prend une décision tragique. Celle de retarder, par tous les moyens, les Allemands à Tournai. Ce qui voulait dire sacrifier des troupes. Leur sort en était jeté. « Le plus souvent, ils savaient ce qui les attendait, explique Claude Hervouet, historien. Mais avec un pe­tit coup de gnole, le moral remontait aussitôt. »

Un combat inégal à un contre vingt

Le général français d'Amade décide alors d'occuper la ville avec deux bataillons de la 88e division territoriale, composés de Vendéens. « La plupart sont des paysans, avec de grandes qualités de combattant, obéissant aux ordres sans rechigner et très robustes au combat », note Claude Hervouet. Leur mission ne faisait que commencer. Prêts pour le combat en ce jour du 24 août 1914                                              

A 8 h du matin, les troupes alle­mandes entrent en action. Dès lors, des milliers de coups de fusils éclatent de toutes les fenêtres des habitations. Mais le rapport de force est inégal. Un contre vingt ! La résistance s'organise. Un véritable combat de rue. La bataille est farouche mais, vers 10 h, le faubourg n'a plus de Français ou plutôt, il n'y a que des morts et des blessés qui gisent sur la chaussée et les trottoirs. Impitoyable. A midi et demi, l’armée allemande défile victorieuse dans les rues.

Une stèle, « Le monument des géants », a été érigée en mémoire du courage de ces 53 Vendéens morts pour l'intégrité de leur nation. Le week‑end prochain, une délégation vendéenne, composée de représentants du conseil général et de l'Union nationale des anciens combattants, participera à une cérémonie organisée à Tournai, sur les lieux de ce combat dit « de retardement ». Une expression qui traduit bien un raisonnement manichéen, autour de la balance vie sacrifiée ‑ vie sauvée.

Nous n'étions alors qu'à l'orée de la première guerre mondiale.

Plus d'un million et demi de Français allaient payer au prix fort cette quête de puissance. Sans oublier les centaines de milliers de mutilés et de blessés marqués à vie. Un gâchis. Une horreur. Un désastre.   Freddy REIGNER. »

Ouest-France – Lundi 29 août 2000 – La Roche-sur-Yon –

« La délégation vendéenne s’est recueillie devant la stèle - Hommage aux oubliés de Tournai

Le week‑end dernier, une délégation vendéenne, composée de représentants du conseil général et de l'Union nationale des combattants, s'est rendu en Belgique, à Tournai, théâtre du massacre des 53 poilus tombés au combat un certain 24 août 1914. Un vibrant hommage à nos aïeux, entre recueillement et volonté de perpétuer leur mémoire. Pour ne plus jamais revivre ça.

Les visages se sont crispés. Les têtes se sont baissées. Plus un bruit. Les porte‑drapeaux belges et français hissent les étendards. La sonnerie aux morts vient de retentir dans les rues de Tournai. Devant la stèle érigée à la mémoire des soldats vendéens morts dans les travées pavées de la cité wallonne, les députés Louis Guédon et Dominique Caillaud, ainsi que le président de la fédération vendéenne des anciens combattants, Michel Lebœuf, déposent une gerbe face à la flamme, témoin du sacrifice. Cette commémoration au « Monument des Géants » résonne comme le temps fort de la journée.

Plus tôt dans la matinée, une messe est venue célébrer la mémoire des fantassins tricolores. Juste à côté du parvis, une plaque égrène tous les noms de ces sacrifiés. Alphonse Guillet, Eugène Jean, Augustin Godet, Clément Moreau, Victor Richard... Une litanie de souffrances qui ne s'arrête jamais. Une liste qui fait froid dans le dos.

Si ce week‑end a pu voir le jour, c'est grâce à la volonté d'un homme. Pourtant, trois délégations vendéennes s'étaient déjà déplacées sur les lieux. En 1925, lors de l'inauguration de la stèle, puis en 1950 et enfin en 1975 pour le cinquantenaire. Mais les liens franco-belge se sont distendus. Les hommes ont changé, les générations sont passées. Et on ne sait comment, les rapports entre les deux pays se sont arrêtés. C'était sans compter sur l'abnégation de Fernand Richard.

« Des liens indélébiles entre les deux pays»

Ses longues recherches sur son grand-père, mort lors de la première guerre mondiale, l'amènent à Tournai et non à Verdun comme le stipulaient les archives de l'armée. L'an dernier, devant l'accueil chaleureux de l'association « Souvenir franco-belge », il revient en France bien décidé à renouer les contacts entre les deux pays limitrophes. D'autant plus que Patrick Desauvage, président du  « Souvenir franco-belge » est tombé sous le charme de la France en achetant une maison du côté de Jard... La mayonnaise prend entre les deux hommes. Un an plus tard, une délégation officielle leur emboîte les pas.

Dans la superbe salle de réception de la mairie de Tournai, une crypte érigée en pierres brutes, Louis Guédon a souligné « la fidélité et le dévouement des poilus à l'idéal de Liberté. » Et d'ajouter « que la délégation était venue avec beaucoup d'émotion. L'accueil honorant les nôtres nous fait chaud au cœur. Cette journée constitue une deuxième victoire en créant des liens indélébiles entre nos deux nations. » Georges Ladavid, premier échevin (adjoint au maire) de Tournai a précisé que « la ville de Tournai était honorée de recevoir nos amis les Vendéens. Un exemple de fraternité sans frontières. » La cité de Clovis aux 400 cloches avait mis les petits plats dans les grands. L'ensemble de la délégation est repartie avec des souvenirs plein la hotte et une petite pensée à la « Moinette » (bière locale), goûteuse, un brin amère avec une mousse onctueuse. Une lampée, deux lampées... Mais plutôt costaud !    Freddy REIGNER. »

Courrier de l’Escault – Samedi 31 juillet 2004 – Tournai et sa région :

« Le point :

Tournai va rendre hommage aux Vendéens tombés lors de la bataille du 24 août 1914. Dans le cadre du 90e anniversaire de ces évènements tragiques, une publication retrace la petite histoire de la Grande Guerre à Tournai. On la doit à Étienne Boussemart. Une exposition est également programmée au misée royal des armes et d’histoire militaire.

Vite dit :

Notez-le dans votre agenda : Comme chaque année, le Souvenir franco-belge fera célébrer, le dimanche 22 août, à 10 h 30, en l’église du Sacré-Cœur, une messe à la mémoire des soldats vendéens tombés à Tournai le 24 août 1914, qui sera suivie du pèlerinage au tertre sous lequel ils reposent. La population est invitée à participer à ce pieux souvenir. La cérémonie est prévue à 12 h 30.

Le musée fourbit ses armes : Le musée royal des armes et d’histoire militaire de Tournai accueillera une exposition relative à la bataille du 24 août – lire ci-dessous-Au mois de mai 2005, le musée abritera une autre exposition qui aura pour thème le 260e anniversaire de la bataille de Fontenoy. Nous y reviendrons dans de prochaines éditions.

Histoire * Il y a nonante ans, la bataille de Tournai. « Le devoir de fidélité aux Vendéens.

« Un hommage particulier va être rendu aux soldats de Vendée, tombés lors de la célèbre bataille du 24 août. Un livre raconte leur histoire.

Alice Ferney a écrit – « Dans la guerre », publié chez Actes Sud - : « Nul ne voyait, même avec les yeux du cœur, quelle balafre feraient dans l’Europe, les cinq années à venir, ni même l’hécatombe que causerait le petit mois suivant. Fallait-il fermer les yeux de chair pour que l’esprit vît clair ? La guerre réelle ferait-elle tomber l’élan vers la guerre imaginée ? Dans le noir, les hommes ne sont pas des chats, ils le prouvèrent une fois de plus : ils ne virent rien venir, et pas les ténèbres elles-mêmes. »

Pas plus à Paris qu’à Bruxelles ou à Tournai. Insouciance ou inconscience de l’été, 1914 avait vu le chaudron des Balkans charger le ciel d’orages. L’enfer était à nos portes mais l’on préférait détourner le regard comme pour mieux se rasséréner. Le fer et le feu batailleront néanmoins avec une rare inhumanité, arrachant à des millions de familles un être cher. La grande Guerre a écrit les plus dramatiques pages d’histoires de l’humanité ; elle a connu ses batailles illustres, ses grands holocaustes. « Mais il est d’autres traces, plus proches, plus accessibles, qui nous parlent plus haut, explique Étienne Boussemart. Ici et là se rencontrent, en une liste non-exhaustive, le monument élevé à Gabrielle Petit, la stèle de Bruno Méaux, le mémorial Lelong au bord du canal ou celui à Marguerite Bervoets dans le hall de l’École normale, le souvenir des « P’tits chasseurs » tombés à Zingen, le mur au fusillés français à la caserne Ruquoy. Une constante s’en dégage : ces héros ont ici leurs racines ou sont tombés ici, pour notre liberté, entrant ainsi de plain-pied dans notre communauté. Il en est de même pour les Vendéens, honorés, fleuris, chaque année, alors qu’ils ne sont qu’une poignée de morts, rien ou presque auprès des millions de victimes de la Grande Guerre.

Souvenir Franco-Belge. L’histoire locale s’est emparée de ce jour mémorable qui a bouleversé le faubourg Morelle le 24 août 1914. Le sang des combattants français s’y était mêlé fraternellement à celui des civils, eux aussi victimes de la barbarie. Ces heures tragiques, douloureuses font l’objet d’une publication qui tente, modestement, de recenser les écrits, de rassembler, comparer, étudier les divers témoignages parvenus jusqu’à nous. L’ouvrage a été voulu par le comité du « Souvenir Franco-Belge » que préside Patrick Desauvage ; on le doit à la plume d’un passionné d’histoire tournaisienne. Étienne Boussemart, chercheur et curieux, s’est replongé dans cet épisode douloureux pour en retracer la trame et le contexte. « Cette page qu’écrivirent les Vendéens, le voile de l’oubli ne peut le recouvrir à jamais. Lors de la rédaction de ces quelques pages, j’ai véritablement appris qui étaient ces territoriaux vendéens, l’utilité de la bataille. C’est Vrai que sur le plan historique, le 24 août est un épisode relatif qui a souvent été gommé dans les écrits, peut-être parce qu’il s’agissait d’une défaite cuisante. Il faut aussi rendre hommage à ceux qui ont perpétué le souvenir. Un devoir de mémoire pour ceux-là qui, au sein du « Souvenir Franco-Belge », des associations patriotiques et d’autres groupements, mais pas seulement. Il faut retrouver dans le passé ces grandes valeurs pour lesquelles sont morts, sur notre sol tournaisien, en ce beau matin du 24 août 1914, ceux-là qui n’étaient pas des héros mais se comportèrent comme tels, les Vendéens. »                   St.D.

Pour se le procurer. « 1914-2004. Aux géants de Vendée tombés pour la justice et le droit » (82 pages illustrées) est disponible auprès du « Souvenir Franco-Belge ». Il sera vendu au prix de 10 €.   069/23 28 19. »

Un parcours interactif pour les enfants.

Fondé le 1er octobre 1922 en l’hôtel des volontaires pompiers, le « Souvenir Franco-Belge » s’était fixé comme objectif d’exalter les sentiments patriotiques, maintenir élevé le culte des souvenirs historiques qui attestent que, dans le passé, la France et la Belgique ont lutté côte à côte pour le même idéal de justice et de liberté, en rendant chaque jour plus étroits les liens de l’amitié franco-belge. Le « Souvenir » est actuellement présidé par Patrick Desauvage ; il est notamment aidé par Guy Beuscart, secrétaire, Marc Fabry, trésorier, et André Stragier, archiviste. C’est à son initiative que se tiendra, du 21 août au 19 octobre, une exposition temporaire ayant trait à la célèbre bataille du 24 août.

Initialement prévue dans la crypte de l’hôtel de ville de Tournai, cette exposition trouvera refuge – et nul ne s’en plaindra ! – dans la salle de la marine du musée royal d’armes et d’histoire militaire, installé à la rue Roc Saint-Nicaise.

Les collections du musée tournaisien viendront compléter tous les documents rassemblés par l’archiviste du « Souvenir ». Certains sont connus, comme les dessins représentant les combats dans le faubourg Morelle et les photos Messiaen. D’autres sont plus inédits, comme ces différents projets de mausolée que l’on envisageait de construire le long du boulevard des Combattants, à l’époque dénommé boulevard du Hainaut.

Une richesse iconographique retracera le transfert des restes des soldats vers le tertre et les différents hommages rendus à l’époque et depuis.

Pour les plus jeunes.  Une autre initiative, dans le cadre de cette exposition, s’adressera plus particulièrement aux jeunes. L’idée est de rendre la visite interactive : un questionnaire à choix multiple a été élaboré pour mieux appréhender les réalités historiques relatives à la bataille du 24 août.   St.D.

Photo avec en légende « Ce projet de monument à la mémoire des Vendéens n’a pas été retenu ; on pourra en découvrir d’autres lors de l’exposition. St.D. CE335504. »

Avec des cartes d’Alsace-Lorraine . . .

En août 1914, l’on parlait beaucoup de ces braves soldats que les Tournaisiens étaient étonnés, vu leur âge, de trouver sous les armes.

Il n’existe pas de comparaison possible avec l’armée belge, si l’on excepte, lors de la seconde guerre mondiale, la mobilisation des gardes Voies et Communications. La question de l’engagement des réservistes et notamment de la territoriale suscite de vastes débats dans le monde politico-militaires d’avant 1914. Les officiers supérieurs ne croient pas à l’engagement de réservistes allemands sur le front. Ils sont pourtant plus d’un million. Cet effet de surprise, responsable des revers initiaux, est contrecarré par l’envoi au feu de régiments territoriaux. Celui qui a effectué son service militaire devient, entre 35 et 41 ans, un territorial. C’est-à-dire un militaire potentiel qui, à ce titre, est rappelé chaque année pour deux périodes de neuf jours.

Les Vendéens étaient-ils en retard d’une guerre ?

L’envoi des territoriaux répond à une nécessité d’urgence. On pensait la guerre rapide. Le 24 août 1914, il a fallu engager la 88e DIT qui venait de débarquer dans le nord de la France. Son artillerie était encore dans le train et ses mitrailleuses ne sont arrivées que le 11 septembre 1914. Cette division avait, dans ses fourgons, non des cartes de Belgique mais bien de l’Alsace-Lorraine puisqu’elle était destinée, selon les plans de l’état-major, à occuper les territoires conquis. C’est pourquoi, à Tournai, les Vendéens n’étaient appuyés ni par l’artillerie, ni par des mitrailleuses. Ce qui ne donne qu’une dimension supplémentaire à leur combat désespéré, mené par une chaleur torride qui ne les empêche pas de devoir endosser de lourds vêtements…

? Le sacrifice de ces Vendéens fut-il utile ?

Les nombreux ouvrages relatant 14-18, prolixes pour ce qui est des batailles de Liège, Dinant, Anvers … sont très discrets sur Tournai et le combat du 24 août. G. Hanotaux, dans son « Histoire illustrée de la Grande Guerre », et le lieutenant Mairesse en « Tournai et la retraite de Mons », insistent cependant sur le rôle de cette journée. Ils affirment que « alors que les Anglais se battaient ce 24 août autour de Mons pour opérer une retraite en bon ordre, le général Von Klück ne réussit pas à achever son mouvement tournant qui eut coupé French, le général anglais, de la côte. Ceci à cause de la présence des divisions de réserve françaises du général d’Amade. » « Le retard accumulé devant Tournai eut, dit Mairesse, une autre conséquence plus lointaine, Paris devint sauf et la bataille de la Marne rendue possible. »

Selon Pierre Miquel, « le 24 août, la 88e Division Territoriale qui venait de débarquer d’Arras a été mise en déroute par l’artillerie allemande devant Tournai, sa retraite était une déroute. » Curieuse et lapidaire vision des choses …

Peut-être est-il bon de rappeler cette anecdote : la scène se passe à la Sagesse où se creuse la tombe du lieutenant Stever. L’officier en chef exprime sa mauvaise humeur devant le peu d’empressement du fossoyeur à finir la tombe. Dans son exaspération, il lâche ces mots : »Je devais être à Douai à 11 h. et suis encore ici. » Il est donc en retard sur les prévisions de l’état-major … St.D.

* Extraits de « 1914-2004, aux géants de Vendée tombés pour la justice et le droit », par Étienne Boussemart.

Photo avec comme légende : « Rue du 24 Août, abrités derrière le muret, le Mont Saint-Aubert en fond. »

Courrier de l’Escaut – Mercredi 18 août 2004 :

« Exposition – Bataille du 24 août 1914 – Nonante ans après la fameuse bataille, la Tournai témoigne sa reconnaissance aux Vendéens dans une exposition rétrospective.

Faubourg Morelle, le 24 août 1914. Les Allemands sont aux portes de la ville. Les 83e et 84e régiment de la 88e division  territoriale sont arrivés, épuisés, au petit jour, afin de les repousser.

S’en suivra une bataille inégale opposant soldats allemands et vendéens, au cours de laquelle de nombreux Vendéens ont perdu la vie.

Une bataille méconnue. « Les Tournaisiens ne connaissent pas la bataille du 24 août », regrette M. Pitot, conservateur du musée royal d’Armes et d’Histoire militaire de Tournai. C’est sur base de ce constat que le comité du Souvenir franco-belge s’est aussi associé aux Musée d’Armes pour monter une exposition temporaire.

Photos, armes, uniformes, casques, documents officiels et autres objets d’époque ont été rassemblés afin de commémorer cette épisode de la grande guerre. Les organisateurs, Philippe Brunin et André Stragier insistent sur le côté novateur de l’exposition.

«  Nous avons pu collecter énormément de documents inédits, dont un témoignage sonore des souvenirs de grand-mère Jeanne », révèle M. Brunin. L’exposition est également enrichie d’objets spontanément prêtés par des Tournaisiens, comme ce brancard appartenant à la famille de Rumillies, et qui a servi à transporter des mourants.

« On bâtit l’avenir sur le passé ». Les organisateurs espèrent attirer les écoles et ont prévu, à cet effet, un document pédagogique sous forme d’un questionnaire.

« Un musée d’armes n’entend pas l’éloge de la guerre », souligne M. Brunin. Au contraire, l’objectif de l’exposition est de « sensibiliser les jeunes au travers d’un fait d’armes ».

Une maquette du monument aux Vendéen laissant apercevoir l’ossuaire caché en son cœur fera comprendre aux plus jeunes que le tertre n’est pas une piste de luge.

Le comité du Souvenir franco-belge a organisé d’autres manifestations autour de cette bataille. Une messe sera célébrée le 22 août à 10 h 30 au Sacré-Cœur, suivie d’un cortège qui prendra la direction du monument aux Vendéens. Une brochure, rédigée par Étienne Boussemart, retrace les évènements et vient étoffer l’exposition.

Soixante-trois ou cinquante-trois Vendéens tués ? Aujourd’hui encore, le doute persiste quand au nombre exacte de Vendéens tombés à Tournai. Les recherches de Laurette Locatelli, archiviste communale, n’ont pas encore abouti. Une belle perspective pour le 100e anniversaire de la bataille du 24 août.

                                                               Amélie DOGOT

* Du 21 août au 19 octobre au Musée royal d’Armes et d’Histoire militaire, rue Roc Saint Nicaise à Tournai. PAF : adultes 2,5 € , seniors 2 € et gratuite pour les moins de six ans.

Photo : Philippe Brunin, coordinateur des musées de Tournai et co-organisateur peaufine l’exposition Hommage aux Vendéens avant son ouverture au public ce samedi 21 août. »

Ouest-France – Samedi 28 août 2004 – Région :

Hommage aux Vendéens tombés en 1914 à Tournai en Belgique.

90 ans après les évènements qui marquèrent l’invasion de la Belgique par les troupes allemandes, le souvenir des Vendéen reste toujours vivant parmi la population tournaisienne. Envoyés sur la frontière franco-belge pour les tâches annexes, les territoriaux vendéens : le 83e de La Roche-sur-Yon et le 84e de Fontenay-le-Comte, soit 1 600 hommes âgés de 35 à 41 ans, se retrouvent le 24 août face aux 1500 soldats du 2e Corps d’armée du général Von Klüch qui opérait un mouvement de tenaille des armées alliées.

Le choc entre les combattants armés d’un fusil obsolète face à des troupes aguerries munies d’armes lourdes tourne court.53 Vendéens y laissent leur vie. Mais leur courage frappe la population de Tournai qui, dix plus tard, édifie un mausolée surmonté d’une « statue à l’antique » : le géant vendéen, monument aux morts de type unique en Belgique.

A l’occasion de ce 90e anniversaire, le musée Royal d’armes et d’histoire militaire consacre une exposition à l’épopée des Vendéens. Comme chaque année depuis le 24 août 1919, une messe souvenir a été célébrée en l’église du Sacré-Cœur en mémoire des victimes des combats du 24 août 1914.

Exposition visible du 21 août au 19 octobre, au musée Royal d’armes et d’histoire militaire, 7500 Tournai, Belgique. Tél. 0032 69 21 19 68. Une brochure retraçant, minute par minute, l’épopée du 83e et du 84e RIT est en vente sur place.

Photo représentant la statu, avec en légende « Le courage des territoriaux vendéens est entré dans la culture populaire comme en témoigne le Géant du faubourg Morel : le Vendéen. »

Les deux grands-pères de mon épouse :

FAVROU Armand Pierre Eugène

Né le 18 février 1878 à Beaufou, Canton du Poiré-sur-Vie, Département de la Vendée.

Résidant à Beaufou. Cultivateur.

Fils de Jean FAVROU et feue Louise OLLIVEAU.

Affecté au 83e Régiment Territorial d'Infanterie. Rappelé à l'activité par décret de mobilisation générale du 1er  août 1914. Arrivé au corps le 4 août 1914. Soldat de 2e classe. Parti avec le 83e RT le 11 août 1914. Fait prisonnier le 24 août 1914 à Tournai. Rapatrié le 6 janvier 1919. Mis en congé illimité de démobilisation le 18 février 1919 (2e échelon 4324) par le dépôt du 93e d'infanterie. Se retire aux Lucs-sur-Boulogne (Vendée).

RAVELEAU Alcime Clément Henri –

Né le 15 septembre 1876 aux Luc-sur-Boulogne, canton du Poiré-sur-Vie, Département de la Vendée.

Résidant aux Lucs. Profession : cultivateur.

Fils de Victor RAVELEAU et de feue Marie MARTIN.

Domicilié aux Luc-sur-Boulogne.

Affecté au 83e R.T.I. Rappelé à l'activité par décret de mobilisation générale du 1er août 1914. Arrivé au corps le 4 août 1914. Soldat de 2e classe. Parti avec la 8e compagnie du 83e Territorial le 11 août 1914. Signalé disparu le 24 août 1914 à Tournai. Mort pour la France.

Décédé le 24 août 1914 à Tournai (tué à l'ennemi). Avis 5803 du 3 juin 1920.

Campagne :

Intérieur du 4 août 1914 au 11 août 1914.

Aux armées du 11 août 1914 au 24 août 1914.

Décoration : Médaille commémorative de la grande guerre (Loi du 23 juin 1923).

Acte de décès de Alcime RAVELEAU disparu à Tournai le 24 août 1914

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25/08/2008

les médailles olympiques belges à Pékin

Nos relayeuses du 4 x 100 m brandissant les couleurs nationales

Hanna Marien, Olivia Borlée, Elodie Ouedraogo, Kim Gevaert ( médailles d'argent )

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Tia Hellebaut , médaille d'or, faisant flotter les couleurs belges dans le "nid d'oiseau"

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Bravo à nos championnes belges !

 

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17/08/2008

Helmut Lotti chante la Brabançonne

cliquez sur l'image


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14/08/2008

Heureux Anniversaire au Gd Chancelier !

Le Comité de la Régionale du Tournaisis adresse ce 15 août 2008 ses meilleurs voeux et l'assurance de son amitié sincère au Grand Chancelier National Jean-Marie Delmotte à l'occasion de son 67 eme anniversaire; il le remercie chaleureusement pour son dévouement constant tant dans la Société des Médaillés que dans les autres sociétés patriotiques ( et notamment le Relais de la Mémoire).

 

Bon anniversaire Jean-Marie !

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08/08/2008

Composition du Comité National

 

Composition du Comité de Direction National. (08/03/2008)

Samenstelling van de Nationale Bestuursraad (08/03/2008)

 

 Président National : Germain Coelembier (2012)

Grand Chancelier : Jean-Marie Delmotte (2013)

Vice-Président : Eugène Capouillez (2013)

Vice-Président : Jeannine De Schenkel (2013)

Secrétaire Néerlandophone : Yves Asselman (2013)

Secrétaire Francophone : Norbert Sonvil (2013)

Chancelier : Guy Misson (2011)

Trésorier : Germain Coelembier (2012)

Protocole : Gérard Gilbert (2012)

Public Relations : Christian Masy (2013)

Cérémonies/Fêtes : Maurice Letellier (2013)

Porte-Drapeau : René Joly (2012)

Porte-Drapeau Adjoint : Rose-Marie Speleers (2012)

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04/08/2008

73eme hommage national au Roi Albert 1er et aux héros de l'Yser

Ce dimanche 3 août 2008 s'est déroulée à Nieuport la 73eme cérémonie d'hommage au Roi Albert 1er et aux héros de l'Yser en présence du représentant de S.M. le Roi.

De nombreux drapeaux ( dont en bonne place celui de la SRPMDB ) avaient pris place autour de la statue équestre du Roi-Chevalier pendant le service oecuménique qui se clôtura par le dépôt de gerbes aux monuments anglais et français.

Seul bémol à cette cérémonie, la pluie diluvienne qui s'abattit sur les participants...La régionale du Tournaisis était représentée par Mrs Masy et Pochart.

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28/07/2008

LA B.B.C. à KAIN (TOURNAI) après AVIS DE RECHERCHES SUR UN MILITAIRE ANGLAIS

DRAPEAU - GRANDE BRETAGNE

Bonjour à  nos "Médaillés et Décorés", à tous nos amis et visiteurs de notre BLOG,

Mardi 12 août 2008, une équipe de la télévision britannique BBC est venue effectuer un reportage sur le passage à Kain du sergent britannique James Allan WARK, mitrailleur dans le "47th Machine Gun Battalion", une unité de la "47th Division" qui, après avoir traversé l'Escaut à côté d'autres divisions 59th, 74th, 55th etc, libéra le village de Kain (Tournai). Ce bataillon de mitrailleurs fut pendant une période d'une semaine, hébergé au Collège de Notre-Dame de la Tombe à Kain. Comme ce fut le cas pour un certain nombre de militaires ici à Kain - et ailleurs - des familles kainoises hébergèrent pendant de trop courts moments, quelques-uns de ces libérateurs. Ce fut le cas de notre Sergent James Allan WARK qui, dans deux lettres datées des 13 et 16 novembre 1918, raconte à ses parents, la chaleur de l'accueil des membres de cette famille dont il ne mentionne pas le nom. Cet oubli ne permettra pas, en ce mardi 12 août 2008, de retrouver la trace des descendants de ces accueillants kainois de 1918.

Le 29 novembre 1918, atteint par l'épidémie mondiale de grippe espagnole, ce vaillant sous-officier qui avait combattu dans les tranchées plusieurs années, mourrait à Ascq à l'hôpital militaire temporaire. Sa tombe est au cimetière communal de cette localité française sur la frontière franco-belge.

Notre télévision du Hainaut Occidental  NO TELE a réalisé sur place à Kain, une excellente et concise séquence sur ce passage de leur consoeur britannique. Cliquez ci-dessous et voyez :

http://www.notele.be/index.php?option=com_content&task=view&id=3255&Itemid=31

 

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Photo : Equipe BBC - Paul REED

Tombe du Sergent James Allan WARK

C'était, ci-dessous, l'AVIS DE RECHERCHES lancé par la Presse écrite et télévisée.

AVIS DE RECHERCHES DE LA BBC En vue de la préparation d'émissions TV, visant à commémorer le 90° anniversaire de l'Armistice de la Première guerre Mondiale, la chaîne de télévision britannique lance un appel aux habitants de l'entité de Tournai. Elle recherche :

Des personnes se remémorant des faits de la guerre 14-18, soit des personnes ayant vécu à cette époque, soit des enfants et petits-enfants dont les parents et grands-parents leur ont raconté des faits s'étant déroulés à cette époque. La recherche de la BBC porte principalement sur des faits en relation avec des soldats britanniques, présents à Tournai et villages environnants dont KAIN, dans les années fin 1918 - début 1919. Exemples : Des militaires ont été hébergés dans tel ou tel bâtiment (école etc.) ou dans des maisons privées. Il est arrivé aussi qu'un militaire britannique ait épousé une jeune fille tournaisienne ou de nos villages environnants d'où descendance en Grande-Bretagne ou ici : les familles apparentées restées ici  seront d'importantes sources d'infos ... etc. etc. Ces personnes, pouvant apporter de tels précieux témoignages à ce sujet, sont invitées à prendre contact soit par e-mail à l'adresse  ww1research@gmail.com  - cela peut être fait en français - ou par téléphone au 069-222045 ( Office du Tourisme de la Ville de Tournai ).  

     Toute information complémentaire peut être demandée à

Jacques De Ceuninck  Rédacteur en chef de "La Lorgnette"

TF 069-210377   -   j_de_ceuninck@hotmail.com


 

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19/07/2008

21 JUILLET - NOTRE ATTACHEMENT A NOTRE PAYS ET A SON UNITE

Médaillés..

LUNDI 21 JUILLET A 11 HEURES

"A TOUS NOS MEMBRES DE LA REGIONALE DU TOURNAISIS ET ENVIRONS DES "MEDAILLES ET DECORES DE BELGIQUE" ET LEURS AMIS, PRESENTS A TOURNAI CE 21 JUILLET, AFIN DE MARQUER NOTRE ATTACHEMENT INDEFECTIBLE A NOTRE BELGIQUE ET A SON UNITE, PORTEURS DE NOS DECORATIONS, CORDIALE INVITATION AU TE DEUM A LA CATHEDRALE DE TOURNAI, SUIVI D'UNE AMICALE RECEPTION A LA HALLE AUX DRAPS - GRAND PLACE, ORGANISEE PAR LA VILLE DE TOURNAI."  : c'est le souhait de Christian, notre dévoué Président régional.

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17/07/2008

21 juillet 2008 Message du Président National

 

                         
 

  

Beste Vrienden - Collega's,

 

Nu wij opnieuw met onze regering in de impasse steken doe ik een oproep aan U allen.

Bevlag uw woningen met de Belgische driekleur zodat iedereen kan zien dat

Wij niet van ons standpunt afwijken en streven naar een unitair België. Wij doen niet aan politiek, doch ons Vaderland ligt ons nauw aan het hart.

Wij zijn allemaal Belgen. Onze voorouders lieten hun leven om ons een Vaderland te bezorgen.

Walen en Vlamingen vochten zij aan zij teneinde onze onafhankelijkheid ten opzichte van de bezetter te vrijwaren.

Wij mogen dat niet laten verloren gaan en zijn fier Belg te zijn.

Daarom - Bevlag uw huizen op 21 juli met onze driekleur.

Met Vaderlandslievende groeten,

Germain Coelembier

Nationale Voorzitter

Dragers van Eretekens en Medailles van België.

Chers Compatriotes et Chers Amis,

Notre pays se trouve à nouveau dans l’impasse.

Je vous lance un vibrant appel afin que vous pavoisiez à l’occasion de ce 21 juillet et que le drapeau belge flotte sur vos façades.

Il faut que chacun puisse constater que la majorité des Belges n’a pas changé d’opinion et reste attachée à l’unité de notre pays.

Nous ne faisons pas de politique, mais nous voulons fermement rappeler notre attachement à la Belgique.

Flamands, Wallons ou Bruxellois, nous sommes tous Belges.

Nos ancêtres ont donné leur vie pour nous donner une patrie , garantir nos libertés et la démocratie.

Francophones et Néerlandophones ont combattu côte à côte pour notre indépendance contre l'occupant.

Nous ne pouvons ni oublier ni négliger ces combats et ces sacrifices et nous sommes fiers d'être belge.

Je vous demande donc en mémoire de tout cela,  et en témoignage de votre volonté du maintien de l’unité de notre pays, d’arborer nos trois couleurs nationales en ce 21 juillet.

Vive la Belgique !

Avec mes salutations Patriotiques,

Germain Coelembier

Président National

Société Royale Philanthropique des médaillés et décorés de Belgique  
 

 

 

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09/07/2008

Assemblée générale régionale du 08/11/08

A vos agendas ! Bloquez y en urgence la date du samedi 8 novembre prochain à laquelle se tiendra l'assemblée régionale statutaire de la Régionale du Tournaisis.

Elle se tiendra à quelques kilomètres de Tournai, en haut du Mont Saint Aubert ( oui, pour une fois, nous quittons le centre-ville ...), à l'hôtel-restaurant "le Floreal -  Panoramique" .

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La campagne tournaisienne vers le Mont-Saint-Aubert

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 Vues du Mont Saint Aubert - à gauche de l'église : le FLOREAL - PANORAMIQUE

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 le  FLOREAL - PANORAMIQUE - A l'arrière : Eglise de Mt-St-Aubert


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Haut du Mont-St-Aubert - Panorama vers TOURNAI

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Haut du Mont-St-Aubert : Panorama vers l'ouest de Tournai et la France - avant-plan : un vaste parking derrière l'église et très aisé d'accès.

L'accueil des participants se fera dès 10h15 à la cafétaria

A 10h45  nous pourrons bénéficier d'une intéressante conférence sur les monuments militaires de la région qui nous sera donnée par Monsieur Jacky Legge. Jacky Legge est né en 1957 à La Hestre et après des études à l'IHECS , il intégra la maison de la culture de Tournai où il organisa de nombreuses et prestigieuses expositions. Il est professeur et maître de stage à l'HELHO et aussi auteur de nombreux ouvrages, mais sa passion c'est l'art funéraire ( rassurez-vous il est tout sauf morbide ...) qui lui a valu d'être nommé conservateur du patrimoine architectural des cimetières tournaisiens.

Jacky Jacky Legge
 

A 11h30 apéritif offert par la Régionale avec toast au Roi, commandé par le RSM Richard Scyeur.

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A 12h30 repas de corps ( prix 40 € ) : salade frisée au chèvre chaud, étuvée de boeuf à la bière de la région et pommes au romarin, tarte normande, 1/3 de bouteille de vin par personne

A 15h00 Assemblée statutaire régionale avec discours des autorités, rapport d'activité du secrétaire, du trésorier et des commissaires aux comptes ainsi que la traditionnelle remise des décorations.

Sont promus cette année :

Chevalier de l'Ordre de la Croix Belge : André Bruneau, Jean-Marc Beghin, Philippe Hespel, Alain Urbain, Patrick Cochez, Louis de Foere, Charles Baisieux, Michèle Cauchie, Serge Decottignies, Jacques-Charles de Sany, Gérard Bulion, Pascal Dufay, Michel Chabat et Pierre Olivier.

Officier de l'ordre de la Croix Belge : René Cablyn, Georgy Vancoppenolle, Régis Hoornaert, Jean-Claude Quevauvillers, Vincent Moulaert, Harry Heuskin, André Lebailly.

Commandeur de l'Ordre de la Croix Belge : Bruno Pirard, Jean-François Adam, Guy Spriet.

Grand Officier de l'Ordre de la Croix Belge : Marcel Mauroit, Allard Bersez.

Se verront décerner la médaille de la Belgique couronnée de bronze : Henri Deridder, Lucien Delrue, Joseph Carlier, Patrick Coste, Renaud Courtois, Thierry Vancoppenolle, Laurence Masy et Fabien Fontaine, la médaille de la Belgique couronnée d'argent : Jean Duvivier et Fernand Ovens, la médaille de la Belgique couronnée d'or : Marcelle Gorts, Mara Bolognini et Emile Vanboquestal

Vers 16 h00 ( si le timing est respecté...) se tiendra l'assemblée générale provinciale et la provinciale du Hainaut offrira le verre de l'amitié pour clôturer la journée.

Les bulletins d'inscription vous parviendront avec la prochaine "Lorgnette" et seul le paiement des 40 € sur le compte 000-1309038-23 de la Régionale des MDB avant le 15/10/08 avec la communication "Repas de corps du 08/11" vaudra inscription. Vu le succès des précédentes éditions et le nombre limité des places ne tardez pas à vous inscrire.

Tout renseignement complémentaire peut être obtenu auprès de notre secrétaire-trésorier, Mr Jean-Marie Delmotte tel. :  069 548304  ( de l'étranger 00 32 69  548304 )

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29/06/2008

Fête de promotion à Liège

Dernièrement, le Président National Germain Coelembier est allé présider la fête de promotion annuelle de la régionale de Liège.

Vous trouverez ci-dessous la photo traditionnelle sur laquelle on peut reconnaître Alain Renson,  Christiane Marzée, Jean-Paul Miévis, le Président G. Coelembier, Marie-Elisabeth Froimont, Roger Jamoul et Philippe Isaac.

 

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17/06/2008

La première déclaration d'indépendance de la Belgique ?

La Fondation Roi Baudouin acquiert le Manifeste du Peuple brabançon

Le Fonds du Patrimoine de la Fondation Roi Baudouin vient d'acquérir le projet de texte du Manifeste du Peuple brabançon écrit de la main d'Henri Van der Noot (1731-1821).

Ce document revêt une importance particulière dans l'Histoire de la Belgique et peut être considéré comme la première déclaration d'indépendance faite dans nos régions. Il se situe dans le contexte de la Révolution Brabançonne.

Le Document s'inspire de la Déclaration d'Indépendance des Etats-Unis (4 juillet 1776) mais aussi de l'Acte d'Abjuration par lequel les sept provinces du Nord des Pays-Bas s'affranchirent en 1581 de la domination espagnole pour constituer les Provinces-Unies. Cette pièce historique a été confiée aux collections des Archives générales du Royaume. 

 

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15/06/2008

Orroir, le drapeau éternel 2008

Emouvante cérémonie ce samedi  14 juin 2008 à Orroir , sur la tombe des cinq fusillés d'Oostakker, lors du remplacement du drapeau éternel.

C'est la première édition de cette cérémonie qui se déroulait depuis le décès de notre regretté Président Yvon Callaert qui en fut, rappelons le, l'initiateur.

Très émues, Mmes Monique et Marie-Christine Callaert assistaient à la cérémonie qui rassembla bon nombre de drapeaux et de représentants des sociétés patriotiques, venus de tout le pays.

Au terme de l'office religieux durant lequel l'officiant appela à l'unité de tous les Belges, Mr Beghin, nouveau Président du Drapeau éternel,  prononça un discours  à la mémoire des héros de la résistance, fusillés par les nazis et associa, à leur souvenir, celui d'Yvon Callaert.

Le Bourgmestre de Mont de l'Enclus, Mr Jean-Pierre Bourdeaud'huy,  remercia les participants pour leur fidélité à ce devoir de mémoire et appela également à l'unité du pays ainsi qu'au respect de la démocratie avant de convier l'assistance à un sympathique vin d'honneur, offert par la Commune à la maison des randonneurs de Mont de l'Enclus.

De très nombreux membres des Médaillés et Décorés participaient à la cérémonie parmi lesquels entre autres Mr le Grand Chancelier National JM Delmotte,  Mmes Tilly, Callaert et Monart, Mrs Dagry, Pauwels, Bilinski, Quevauvillers, Van Hulle, Benoit, Dufay, Spriet, Ovens,  Wilmotte, Deridder, Rijckbosch, Vekeman, Delrue et Pochart.

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 l'office religieux au cours duquel fut béni le nouveau drapeau éternel

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Le drapeau du "Relais de la mémoire", porté par la petite fille de José Van Hulle

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 Recueillement et dépôt de gerbes sur la tombe des fusillés

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 Mr Beghin lors de son allocution

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les autorités militaires

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Le nouveau drapeau belge monte vers le ciel d'Orroir

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 Mr le Bourgmestre J-P. Bourdeaud'huy

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Mme M. Callaert très émue...

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 Mrs F.Benoit, P.Dufay et G.Spriet

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 Mme Tilly et Mr Wilmotte

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Eglise d'Orroir - Plaque commémorative des victimes de la commune 

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Le Grand Chancelier National Jean-Marie Delmotte

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Mrs P.Dufay, J-Ph. Pochart et G.Spriet 

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08/06/2008

Fête de promotion à Namur 07/06/08

C'est à Gembloux que s'est déroulée ce 07/06/08 la fête de promotion de la Régionale Namuroise des décorés et médaillés.

La régionale du Tournaisis  y était représentée par son Président Christian Masy et par son vice-Président Jean-Philippe POCHART;

Après l'allocution de bienvenue du Président Gérard, le Président National prononça un vibrant discours en faveur de l'unité du pays puis procéda à la remise des décorations.

Parmi les promus figurait notamment Mme Sabine Laruelle, Ministre de l'agriculture , des  PME  et de la recherche scientifique.

Le Bourgmestre de Gembloux, Mr Dispa avait tenu a être présent et à féliciter les promus. 

 Le traditionnel banquet clôtura cette journée très réussie et partculièrement conviviale.

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le comité de la Régionale de Namur

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Le Président Gérard durant son allocution

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le discours du Président national G. Coelembier

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Mrs Gérard et Masy

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Le Président Coelembier se voit remettre un cadeau " gastronomique"...

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le comité namurois eut la délicatesse de fleurir Mme Coelembier

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l'intervention de Mr Dispa bourgmestre de Gembloux

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le Président national procède à la remise des décorations aux nouveaux promus

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la promotion 2008 du Namurois

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Mrs Masy, Pochart et Coelembier

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le Pdt Masy lors du banquet

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03/06/2008

Assemblée générale de l'ANIOC à San Remo ce 31/05/08

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Mr Carlo Giovanardi, Sous Secrétaire d'Etat dans le gouvernement italien et Président de l'ANIOC,  auquel le Président Coelembier a adressé un message de sympathie à l'occasion de la 35eme assemblée générale annuelle de l'ANIOC qui s'est tenue à San Remo le week-end du 31/05/08.

 

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 Festa della Repubblica: on. Carlo Giovanardi a Sanremo per 35/mo Convegno Anioc

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Sanremo - Giovanardi, presidente nazionale dell'Associazione Nazionale Insigniti Onorificenze Cavalleresche (Anioc), si trovava nella citta' dei fiori per partecipare alla giornata di chiusura del meeting.

Festa della Repubblica-Sanremo

Il sottosegretario di Stato alla Presidenza del Consiglio, onorevole Carlo Giovanardi, ha partecipato stamani ai festeggiamenti del '2 giugno', in piazza Colombo, a Sanremo. Giovanardi, presidente nazionale dell'Associazione Nazionale Insigniti Onorificenze Cavalleresche (Anioc), si trovava nella citta' dei fiori per partecipare alla giornata di chiusura del 35/mo Convegno Nazionale dell'ente, apertosi il 31 maggio scorso e che ha radunato a Sanremo circa 450 partecipanti. L'Anioc raccoglie in una sola grande famiglia tutti gli insigniti d'Italia legalmente riconosciuti, operando lodevolmente da cinquantotto anni in tutte le categorie sociali con la precisa finalita' di perpetuare il valore ed il significato morale della distinzione onorifica nell'ambio della societa' moderna.

Le fotografie sono state realizzate da ART PHOTO SANREMO. 

di Fabrizio Tenerelli
 

 

Sanremo: 35esimo convegno Anioc, 450 delegati in città

Il 31 maggio, l’1 e il 2 giugno si svolge a Sanremo il 35° Convegno Nazionale dell’Anioc (Associazione Nazionale Insigniti Onorificenze Cavalleresche) che opera in Italia dal 1949 onde perpetuare la funzione morale e civile della Cavalleria, il presidente Nazionale è il parlamentare Carlo Amedeo Giovanardi (nella foto). Il convegno è stato organizzato dall’Anioc in collaborazione con Sanremo Promotion. Sono circa 450 i partecipanti che soggiornano a Sanremo due notti.

L’Anioc raccoglie in una sola grande famiglia tutti gli insigniti d’Italia legalmente riconosciuti, operando lodevolmente da cinquantotto anni in tutte le categorie sociali con la precisa finalità di perpetuare il valore ed il significato morale della distinzione onorifica nell’ambio della società moderna.

Il Convegno è così organizzato: sabato 31 maggio alle 21.00 presso il Teatro dell’Opera del Casinò si svolgerà un concerto di benvenuto, mentre domenica sempre al Teatro del Casinò alle 10.00 si apriranno i lavori con l’intervento del presidente nazionale dell’ Anioc Carlo Giovanardi, i lavori proseguiranno per tutta la giornata, mentre lunedì si svolgeranno le celebrazioni per la festa delle Repubblica.

“Sono soddisfatto – dice Maurizio Caridi presidente di Sanremo Promotion – perché grazie al lavoro della società da me presieduta da gennaio ad oggi il settore congressuale ha portato a Sanremo 10 mila presenze. Convegni come quello dell’Anioc sono per noi fonte di prestigio, per lo sviluppo e l’immagine della città".

A. Gu.
 

 

 

 

 

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28/05/2008

Liste des membres au 21 JUILLET 2008 ( 173 membres)

MEDAILLES   et   DECORES   de   Belgique

Groupement régional du Tournaisis et environs  21/07/2008

Klik op de afbeelding om de link te volgen
Médaillés - 2007-CHOISEUL - BLOG et E-MAIL..
Photo : E. Boussemart
Médaillés 0..
Médaillés 1..Médaillés 2..Médaillés 3..
 

 

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24/05/2008

KAIN-LA-TOMBE - INAUGURATION du MEMORIAL ROBERT MERCER et son EQUIPAGE - SUITE-

Les toutes dernières nouvelles de l'après-inauguration, relatées dans le journal américain "BLADEN JOURNAL" du 12 juin dernier, après le retour chez eux de nos cinq invités américains, membres de la famille du pilote MERCER, tous ravis de l'honneur de votre présence au mémorial et en pensée : 

Voir article suivant : "22.5.08 - 14.35 - Inauguration du monument Mercer à Kain ce 22.05.2008", après la série de photos. 

Clic sur ce lien de NO-TELE, notre télévision du Hainaut occidental

http://www.notele.be/index.php?option=com_content&task=view&id=2417&Itemid=31

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Quelle journée pleine d'émotions, ce jeudi 22 mai 2008 !

Au total, plus de 200 "pictures" comme disent nos cinq visiteurs américains de la famille de Robert MERCER, le courageux pilote, ont été tirées. Parmi celles-ci, celles de Jean-Philippe Pochart. visibles dans le sujet initial : "Inauguration du Monument Mercer à Kain ce 22 mai 2008"

Pourtant, je n'ai pas résisté à vous présenter ce document, une toute simple photo, tirée par mon ami Jean-Claude Michel, certes recadrée, mais si pleine d'émotion qu'elle nous empêche presque de trouver les mots qui conviennent, pour sa légende.

La cérémonie est tout juste terminée ; beaucoup de larmes furtives ont été essuyées. Certes, moi aussi, pendant mon discours, cela a "serré à la gorge". Et tout-à-coup, en choisissant parmi plus de deux cents photos, mes yeux sont tombés sur celle que vous verrez ci-dessous.

Les instituteurs, les institutrices ont expliqué à leurs écoliers, le sens patriotique, le motif de leur déplacement à ce nouveau monument à gauche de l'église de Kain-la-Tombe. Ces enfants ont assisté patiemment, d'autres un peu moins, aux différents phases de la cérémonie. J'en ai même vu un, tenant un cahier et il notait, il notait à qui mieux mieux. Les drapeaux ont été inclinés ; on leur avait certainement expliqué le motif. Ils se sont écartés avec ordre lors du départ, de front, des militaires américains du peloton d'honneur.

Et puis, comme je l'ai écrit au début, tout s'est terminé ... sauf pour ces deux petites filles - j'ignore leur nom mais peut-être leur instituteur ou leur institutrice les reconnaitra.

Toujours curieux quand je travaille les photos, j'ai "zoomé" et mes yeux se sont ouverts, étonnés : les mains de ces deux petites filles sont jointes, elles sont en plein recueillement ; je parierai que les yeux de celle de gauche sont remplis de larmes ... ou presque.

Aucun mot ne peut mieux illustrer ce symbôle, si ardemment défendu, que l'impérissable "Relais de la Mémoire". Je pourrais encore parler et parler sur leur attitude devant le mémorial. Non, j'arrête et vous, chers lecteurs de notre BLOG, je vous laisse seuls juges. Donnez votre avis ! Moi, personnellement, je leur crie : "Bravo, les enfants ! Bravo à vous, les parents et enseignants, qui vous ont inculqué ce respect qui vous semble, à vous deux, jeunes filles, si naturel !

 Jacques De Ceuninck - "La Lorgnette" - Initiateur du projet "Mémorial Robert MERCER"

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Photo : JC. Michel

 

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22/05/2008

Inauguration du monument Mercer à Kain ce 22/05/08

C'est sous un soleil éclatant que s'est tenue ce 22 mai l'émouvante inauguration de la stèle érigée en mémoire du pilote américain Robert Mercer.

Un nombreux public, les enfants des écoles et des représentants des sociétés patriotiques ( dont de nombreux Médaillés et Décorés ) avaient tenu à être présents. 

Les autorités américaines assistaient à l'inauguration avec une garde d'honneur, portant les couleurs américaines et belges. 

Le Bourgmestre de la ville de Tournai tint dans son allocution à rappeler les faits ayant amené la chute de l'avion américain et le geste héroïque de son pilote, puis à remercier notre ami Jacques De Ceuninck qui fut, par ses recherches historiques,  à l'origine  de la commémoration de ce sacrifice.

Jacques De Ceuninck retraça, avec la précision qu'on lui connait, le dernier voyage du bombardier et sa chute à proximité de l'église de Kain la Tombe  tandis qu'après lui, un neveu de Robert Mercer, venu tout exprès des Etats Unis, remercia  tous ceux qui avaient contribué à la commémoration et lut un émouvant poème écrit par son père à la mémoire de ce beau-frère qui ne revint jamais de sa guerre en Europe...

A ce moment, alors que retentissait l'hymne américain,  le vent unit les deux drapeaux portés par la garde d'honneur, laissant imaginer que le souffle de l'âme de Robert Mercer survolait l'assemblée ...

Quelques mots du colonel américain Gobert rappelèrent le sacrifice de tous les "boys" tombés pour la liberté et la nécessité d'une vigilance de tous les instants pour la défense de la démocratie et de la liberté. 

Deux petites-nièces du pilote américain remirent un cadeau à Jacques De Ceuninck avant que la cérémonie ne se clôture par le départ de la garde d'honneur et que les participants ne se retrouvent autour du verre de l'amitié. 


 ( photos JP Pochart )

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 la mise en place des drapeaux

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Mme De Ceuninck et José Van Hulle avec le drapeau du Relais de la mémoire

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le toujours présent Daniel Dagry - à droite

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Guy Spriet  administrateur de la régionale du Tournaisis

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André Lebailly administrateur de la régionale du Tournaisis et de la provinciale du Hainaut

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Jean-Marie Delmotte, Emile Vanboquestal et Marcel Vertenoeuil

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Mrs Francis Thiry et Raymond Deffolin           Mr Philippe Hespel

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Jacques De Ceuninck et la famille Mercer. De dos : Mrs Baneton, Public Affairs Officer USAG-Chièvres

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Les officiers américains, les Colonels Fagundef et Gaubert 

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des représentants de l'armée américaine

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  les enfants des écoles de Kain

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la garde d'honneur se met en place

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Jacques De Ceuninck durant son intervention et expliquant les détails de cette tragique mission de "Bob" Mercer du 28 janvier 1945.

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Eddie LENNON, neveu du  lieutenant  Robert Mercer

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Jacques De Ceuninck

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Les membres de la famille Mercer, Velma Sanders, nièce du pilote, Melissa Brown, petite-nièce et Eddie Lennon, neveu, remettent un cadeau à Jacques De Ceuninck.

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Mrs Melissa Brown,  petite nièce de Robert Mercer, en français, lit sa courte allocution.

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Le colonel Gaubert, commandant le USAF 309th Airlift Squadron - Chièvres, durant son allocution

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les autorités communales et la famille dévoilent la stèle

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Frédéric Pauwels

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André Demortier et Freddy Benoit

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à gauche : le Commissaire Derideau   -  Jean Luxen bien entouré...

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André Lebailly et le Grand Chancelier Jean-Marie Delmotte

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le départ de la garde d'honneur clôture la cérémonie

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Détails de la plaque en plexiglass, fixée à la stèle en pierre bleue.

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le colonel G. Bauters et à droite Mr R. Tilman "Relais de la Mémoire"

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Jean-Claude  Quevauvillers, président de l'Interassociation patriotique

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Mr Disy, nonagénaire, ancien combattant 1940-45

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Felix Bilinski

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Marcel Vertenoeuil qui, gamin en 1945, arriva à vélo un des premiers sur les lieux du crash ...

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Mme S. Migeotte, professeur histoire Collège N-Dame de la Tombe                 et le grand chancelier Mr Jean Marie Delmotte

 

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Mr Bruneau

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Mr E. Barbier

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Mrs Canivet et Vanboquestal

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Mr Frank Sherman, Président du "95th Bomb.Group Heritage Association" à Horham, Suffolk, base aérienne en Angleterre d'où décollaient les bombardiers vers l'Allemagne, dont le B-17G de Robert MERCER.

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Une partie de la foule très nombreuse, venue honorer les courageux aviateurs - Photo Mme Le Polain

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Mr Camille Deneubourg

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Mr le commissaire Derideau (dos) Mr Thiry (caché) et Mr Charles Baisieux

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Mrs Pochart et Demortier

MEMORIAL MERCER -2008-05.22 - E-MAIL et BLOG ..

Voici l'aspect définitif du mémorial de Robert MERCER, de Charles TAYLOR et de leurs sept autres membres d'équipage, résultat d'une collaboration entre l'initiateur du projet Jacques De Ceuninck et les divers services de la Ville de Tournai, ces derniers travaillant de la réalisation sur plan jusqu'à l'obtention de ce remarquable aspect final que nous avons le plaisir d'admirer. Bravo, Messieurs !

DSC09872 - Plaque IN MEMORY - gros plan

DSC09873 - PLAQUE In Memory et STELE PIERRE

PICT5056_..

Les drapeaux américain et belges réunis - A l'arrière-plan, les toits du haut de la rue Pierre que "Bob" MERCER, dans une ultime et désespérée manoeuvre, évita avant son écrasement quelques secondes plus tard.


PICT5072_-_KAIN_CHURCH_BELLTOWER_in_May_2008

Le clocher de l'église de Kain-La-Tombe, évité également par le valeureux pilote et vu du point d'écrasement du B-17G. - Photo Mme Le Polain

Cette cérémonie a été évoquée dans la presse aux Etats Unis, dans le quotidien "BLADEN JOURNAL" de Elisabethtown, Caroline du Nord, qui couvre l'actualité de Bladenboro où habitaient Robert MERCER et sa famille. Le journaliste Erwin SMITH du BLADEN JOURNAL sortira bientôt une suite au précédent reportage ; il évoquera la cérémonie même. Vous serez avisés.

DRAPEAU - U.S.A.

Un clic sur le lien ci-après : C'est la séquence de notre télévision du Hainaut occidental NO-TELE du 22 mai à 18 heures :

http://www.notele.be/index.php?option=com_content&task=view&id=2417&Itemid=31

Jacques De Ceuninck - Tournai ( Belgium )
j_de_ceuninck@hotmail.com


From: velmasanders@charter.net
To: j_de_ceuninck@hotmail.com
Subject: Emailing: Bladen Journal News Mercer honored in Belgium.htm
Date: Fri, 13 Jun 2008 21:07:16 -0400


 

Dear Jacques, this message brings you and Nelly hearty greetings from Morganton NC!  Since we have been back home, it has been non-stop.  As of today, I'm packing to make our annual trip to the coast and we are supposed to leave early in the morning.  I always seem to be short of time.  I wanted to let you see this article that appeared in the Bladen Journal today.  Sister Beverly called me and suggested I go to the Internet to take a look.  I think the writer did a fairly good job without interviewing me personally.  She asked for me to send her my thoughts about the trip and I sent her about 3 pages of notes.  We have truly had an experience of a lifetime and in addition made some wonderful friends in Belgium.  Enjoy the article.  We have a lot to thank you for, Jacques.  Your dream became a reality.  Blessings to you and Nelly.  Velma
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Thursday, June 12, 2008 Edition


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Mercer honored in Belgium

Staff photo by ERIN SMITH

Published:
Thursday, June 12, 2008 1:22 PM CDT
Erin Smith, Staff Writer

A Bladenboro native and World War II hero was honored on May 22 in Tournai, Belgium, with a monument dedicated in his memory.

Some family members of Robert “Bob” Mercer was present when the monument in the memory of Mercer and his crew was dedicated. Velma Sanders, niece of Mercer; her daughter and granddaughter; and Eddie and Katherine Lennon attended the unveiling.

Sanders wrote in an e-mail to the Journal that she was not fortunate enough to have known her uncle personally.


“I was born in April 1945, right after Uncle Bob died and right before the war ended in May 1945,” said Sanders. “I don’t think the Charlie Mercer family was the same after the loss.”

Jacques De Ceuninck, who witnessed the B-17’s crash as a child, planned the monument and contacted Mercer’s family about the project. After several years of planning, the monument is finally a reality.

Mercer was flying a B-17 bomber on a mission over Duisburg when the plane was struck with “flak,” three of which hit the plane underneath of the cockpit.

Mercer attempted to land in Brussels, but he was ordered instead to go to Merville, France. The plane began to vibrate and the number two engine began to burn. According to accounts, Mercer ordered his crew out of the plane while fighting the controls. The crew managed to get safely out of the plane while Mercer died in the ensuing crash.

Mercer managed to guide the stricken bomber away from the village of Tournai and avoid crashing into a school and church, which could have been devastating to the village. De Ceuninck witnessed the crash as a child and had one more surprise for the family during the ceremony.

De Ceuninck presented the family with a burned silk map salvaged from the remains of Mercer’s plane in January 1948.

Beverly Bryant of Bladenboro and Myrtle Jolly of Lumberton, Mercer’s nieces, were unable to attend the ceremonies in Belgium. They told the Journal the entire family felt it important that someone should attend.

“I learned second-hand about the tribute the Belgian government and people were planning to bestow upon Uncle Bob. The communications came primarily from my sisters in Bladenboro,” said Sanders.

She told the Journal she isn’t a traveling person, but the idea of attending the ceremony was an enticing one.

Initially, Sanders’ daughter, Melissa Brown and Jolly’s daughter, Joy Bisesi, were discussing going until Bisesi became ill and her doctors advised her against the trip. The family became more insistent that Sanders make the trip and finally she relented and agreed to the trip.

According to Sanders, the trip was very exciting and the ceremony very emotional for all involved. She and her daughter and granddaughter were allowed to participate in a wreath laying ceremony and her granddaughter gave a speech she had written in French and her cousin also gave a moving thank you speech, said Sanders.

During the unveiling of the monument, Sanders said she was invited to stand on one side of the monument and the mayor of Tournai stood on the other and they both pulled a ribbon that attached to an American flag that unveiled the monument.

“My cousin stood to my left side and we joined arms and wept to see such a tribute,” said Sanders.

Following the emotional ceremony, Sanders and her family members visited with members of the Tournai village who recalled their uncle.

“I spoke with an older gentleman. He told me that he was an eyewitness of the crash and how grateful he and his family were that their village, church and school was spared, but how sad they were that in order for that to happen that Uncle Bob lost his life,” said Sanders.

Though they were unable to attend, Bryant and Jolly also said they felt the monument was very special.

“It means his memory is still alive. I get teary-eyed thinking about it,” Bryant said of the monument.

Myrtle Jolly recalled how clever Mercer was in school. She has a copy of a test on the superlatives he had to take in high school.

“In high school there were 27 superlatives. He got a lot of them correct,” said Jolly proudly showing the document.

Mercer has been featured in the book, “Tom’s War,” written by James T. Hammond. In the book, an entire chapter dedicated to Mercer recounts the story of the flight and its crash. The family supplied artifacts and information to Hammond for the chapter.



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Some still think Friday the 13th can bring bad luck Smithfield brings academic program̴...

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14:35 Écrit par SRPMDB dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

18/05/2008

Assemblée Générale de la Régionale Nord France ce 18/05/08 à Amiens

Ce dimanche 18/05/08 se tenait à Thezy-Glimont  (Amiens),  l'assemblée générale annuelle de la régionale Nord France, présidée par Mr Gustave Desomberg.

Après la Brabançonne et la Marseillaise, le Président ouvrit la séance et fit observer une minute de silence en mémoire des membres, disparus cette année.

La séance académique se déroula ensuite et fut l'occasion pour le Grand Chancelier Delmotte d'étrenner ses fonctions en procédant à la remise des distinctions honorifiques.

Furent élevés au grade de Grand Officier Mrs Goudmand Alain, Derouard Jean, Leleu Gervais et Grossemy André.

Ont été promus Commandeurs Mrs Aigu Jacques et Lavogez Michel tandis que devenaient Officiers Mrs Egot Germain et Sorgius Marcel et que Mr Régis Goret se voyait décerner les Palmes Philanthropiques.

Les participants quittèrent alors la salle de réunion pour se rendre en cortège, au son du clairon et d'un tambour, au monument aux morts de Thezy-Glimont  où ils furent accueillis par le Maire qui procéda, avec Mr Desomberg, au dépôt d'une gerbe.

De retour à la salle municipale, les participants portèrent avec enthousiasme un toast au Roi des Belges et à la République  Française avant de partager de fraternelles agapes .

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 La délégation tournaisienne se composait de Mr et Mme Delmotte, Mrs et Mme Deffolin, Mrs Pochart, Defontaine et Buscemi.

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Mr Capouillez, membre du comité national , aux côtés du Grand Chancelier Delmotte

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 Mr Defossé et Mr Norbert Sonvil, membre également du comité national

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Mrs Capouillez, Delmotte, Desomberg, Misson et Goudmand

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le Président Desomberg

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Le Chancelier national Guy Misson ,également Président de la Provinciale du Hainaut

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Mr A Goudmand

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Mr Derouard

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Mr Lavogez

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Mr Egot

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Mr Goret

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le tambour se prépare à rythmer le départ vers le monument aux morts

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Mr Buscemi, Mr Luc Defontaine, porte-drapeau occasionnel, Mr Delmotte

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les drapeaux et la clique

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le monument aux morts

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Mrs Sonvil, Buscemi, Delmotte, Desomberg,  Mme Bauval, Mrs Misson et Goudmand

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le dépôt de gerbe avec le Maire de Thezy Glimont

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le Maire durant son allocution

 

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la table des représentants de la régionale du Tournaisis

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le Président Desomberg aux petits soins avec ses hôtes

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Mr et Mme Deffolin

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L'accordéon, incontournable chez nos amis français, donnait à cette sympathique réunion un petit air de 14 juillet...

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Mr et Mme Deffolin et Mr Defontaine

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Mr Sonvil sur la piste de danse

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 Mme Marie-Thérèse Sixte s'essayant à un "Bus stop"...

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un médaillé français, Mrs Buscemi et Pochart 

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Jean-Philippe POCHART 

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Calogero Buscemi

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 Mr et Mme Delmotte

19:06 Écrit par SRPMDB dans Général | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

16/05/2008

Le monument Robert MERCER...

B-17G-KAIN-Robert MERCER Pilote n°1 du B-17 - KAIN
Nous vous présentons, en avant première, les toutes dernières photographies du mémorial, maintenant terminé, qui sera inauguré officiellement  ce jeudi 22/05/08 à 10h30 devant l'église Notre-Dame de la Tombe à Kain en présence des autorités belges et américaines, ainsi que de la famille de Robert Mercer.

Ce monument symbolise une aile d'avion et le texte rappelle le sacrifice de ce héros, resté aux commandes de son appareil en détresse pour sauver de très nombreuses vies de la population tournaisiennne, kainoise et, en même temps, celle de ses hommes d'équipage. 

DRAPEAU - U.S.A.

 Les photos de cette émouvante cérémonie  seront mises en ligne dès que possible. 

 

DSC09872 - Plaque IN MEMORY - gros plan
MEMORIAL MERCER -2008-05.22 - E-MAIL et BLOG ..
Remarquable travail des divers services de la Ville de TOURNAI
Initiateur du projet et Photos  : Jacques De Ceuninck "La Lorgnette"

http://medaillesdutournaisis.skynetblogs.be/post/4484370/...

 ( en cliquant sur ce lien revoyez notre article sur le "radio" Lyle Graesser revenu à Tournai en 2005 )

 

 

 

17:27 Écrit par SRPMDB dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

15/05/2008

La phaléristique...

http://www.semon.fr/LES%20%20DECORATIONS.htm

Ce lien vous dirigera vers un site particulièrement intéressant et bien documenté relatif à la phaléristique ( étude des décorations) qui présente 4204 ordres , médailles et décorations en provenance de 139 pays.

En cherchant bien vous y trouverez la décoration de chevalier de l'Ordre de la Croix Belge...

Bonne visite 

16:34 Écrit par SRPMDB dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

11/05/2008

Les artistes belges appelent au dialogue communautaire

Les artistes appellent au dialogue communautaire

 Des dizaines de musiciens, écrivains, danseurs et cinéastes belges ont lancé, samedi, dans les journaux De Morgen et Le Soir, une pétition plaidant pour une coopération culturelle qui ne tiendrait pas compte de la frontière linguistique.

Soucieux du "profond malaise" dans lequel est plongée la Belgique, l'asbl bilingue Culture et Démocratie soutiendra le dialogue entre les différents médias et maisons de culture, un moyen, selon l'asbl, de traiter ce "mal tenace".

Parmi les signataires, on retrouve, entre autres, les réalisateurs Luc et Jean-Pierre Dardenne, la chanteuse Axelle Red, Anne Teresa de Keersmaeker, Tom Lanoye et Willem Vermandere. (belga)

 

Axelle Red

 Rosas

10:32 Écrit par SRPMDB dans Général | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

05/05/2008

La médaille de Sainte Hélène

La médaille de Sainte Hélène créée par Napoléon III récompense les 405.000 soldats encore vivants en 1857 qui avaient combattu aux côtés de Napoléon 1er pendant les guerres entre 1792 et 1815; un intéressant site tente de les recenser:

http://www.stehelene.org/php/accueil.php?page=1&lang=fr

 

( voyez notamment ces étonnantes photographies des derniers survivants de la Grande Armée...) 

 

un moteur de  recherche vous permettra peut-être d'y retrouver l'un de vos aieux... 

 

St. Helena Medal / Médaille de Ste. Hélène - Napoleon I
 
 La médaille de Sainte Hélène
 

Boîte dans laquelle la médaille de Sainte Hélène était remise aux récipiendaires. 

18:03 Écrit par SRPMDB dans Général | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

La carte et la médaille d'invalide civil de la guerre 40-45 ( Moniteur 03/03/08)

MINISTERE DE LA DEFENSE
10 FEVRIER 2008
Arrêté royal portant établissement d'une carte relative à l'attribution du statut de reconnaissance nationale d'invalide civil de la guerre 1940-1945 et portant création d'une médaille
ALBERT II, Roi des Belges,
A tous, présents et à venir, Salut.
Vu l'arrêté royal du 11 octobre 2006 portant création du statut de reconnaissance nationale d'invalide civil de la guerre 1940-1945 et plus particulièrement son article 9 qui dispose que toute décision d'attribution du statut d'invalide civil de la guerre 1940-1945 donne lieu à l'établissement d'une carte de reconnaissance nationale dont le Roi détermine le modèle et son article 10 prévoyant qu'il est créé une médaille d'invalide civil de la guerre 1940-1945 dont le Roi détermine le modèle;
Vu l'urgence motivée par le fait que l'arrêté royal du 11 octobre 2006 est entré en vigueur le 1erdécembre 2006 et que la détention de la carte et le droit au port de la médaille résultent de la décision d'attribution du statut de reconnaissance nationale prise en vertu dudit arrêté;
Considérant que tout délai supplémentaire dans l'exécution de la mesure proposée priverait un nombre considérable de titulaires du statut d'invalide civil de la guerre 1940-1945 du droit de porter la présente distinction, en raison du taux de mortalité considérable qui affecte leur tranche d'âge;
Sur la proposition de Notre Ministre de la Défense,
Nous avons arrêté et arrêtons :
Article 1er. Les modèles de la carte d'invalide civil de la guerre 1940-1945, de couleur bleue, sont annexés au présent arrêté.
Art. 2. La carte est délivrée par le Ministre qui a les Victimes de la Guerre dans ses attributions.
Art. 3. Toute modification, rature, surcharge ou autre altération de la carte est interdite. Elle enlève toute force probante à la carte qui est réputée annulée.
Art. 4. II est créé une médaille d'invalide civil de la guerre 1940-1945 que peuvent seuls porter les invalides qui font l'objet d'une reconnaissance officielle du statut d'invalide civil de la guerre 1940-1945.
Art. 5. La médaille est en métal argenté patiné mat; elle est circulaire et a 37 millimètres de diamètre. A l'avers, figurent, en relief, les éléments suivants : au centre, de gauche à droite, trois baïonnettes dirigées vers le haut et un personnage civil se dirigeant vers le côté droit. Ce personnage porte un chapeau et un manteau, dont le dos, constitué de briques, se désagrège et tombe en morceaux vers le bas. Dans le premier cercle de la médaille figurent en relief les éléments suivants : en haut, au centre du cercle, qui s'entrouvre à cet endroit, le petit sceau de l'Etat, réduit à l'écu avec lion, la couronne royale et les deux sceptres, en bas, au centre, la mention 1940-1945; à droite et à gauche, des rameaux d'olivier, symboles de la persistance.
Au revers, elle porte les mentions suivantes : "BURGERLIJK INVALIDE VAN DE OORLOG 1940-1945", "INVALIDE CIVIL DE LA GUERRE 1940-1945", "ZIVILINVALIDE DES KRIEGES 1940-1945".
Art. 6. Le bijou est suspendu par une bélière à un ruban de 37 millimètres de large. Le ruban de moire blanche, est traversé, dans sa hauteur, au centre, par trois rayures de 3 millimètres de largeur chacune, représentant le drapeau national et en ses bords extérieurs par deux rayures de couleur violette, de 7 millimètres de largeur chacune.
Le ruban peut être porté sans la médaille.
Art. 7. Ni le bijou avec la bélière, ni le ruban ne sont délivrés par le Gouvernement.
Art. 8. Notre Ministre de la Défense est chargé de l'exécution du présent arrêté.
Donné à Bruxelles, le 10 février 2008.
ALBERT
Par le Roi :
Le Ministre de la Défense,
P. DE CREM

Annexe à l'arrêté royal du 10 février 2008 portant établissement d'une carte relative à l'attribution du statut de reconnaissance nationale d'invalide civil de la guerre 1940-1945 et portant création d'une médaille
Pour la consultation du tableau, voir image
Vu pour être annexé à Notre arrêté du 10 février 2008 portant établissement d'une carte relative à l'attribution du statut de reconnaissance nationale d'invalide civil de la guerre 1940-1945 et portant création d'une médaille.
ALBERT
Par le Roi :
Le Ministre de la Défense,
P. DE CREM


debut (#top) Publié le : 2008-03-03

17:34 Écrit par SRPMDB dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

01/05/2008

Rapport du médecin légiste Stéphany à propos du corps de Napoléon 1er

 

Le Docteur Didier Stéphany est membre de la régionale du Tournaisis des médaillés et décorés de Belgique ; officier de réserve du service de santé de l'armée belge, officier médecin auprés du corps des pompiers de Tournai, ce médecin, sympathiquement connu à Tournai, est aussi médecin légiste habituel du Parquet de Tournai. Dans le cadre de ses compétences en tant que légiste il a rédigé un rapport concernant le corps de l'Empereur Napoléon 1er. En cliquant sur le lien ci-dessous, vous aurez accès à cet intéressant document et au site sur lequel il est publié qui s'interroge sur une éventuelle substitution ; est-ce bien l'Empereur qui dort de son dernier sommeil sous la coupole des Invalides ?

 http://www.empereurperdu.com/Stephany.pdf

http://www.empereurperdu.com/stephany.html#stephany

http://www.empereurperdu.com/refutation.html

 


11:33 Écrit par SRPMDB dans Général | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Les décorés du corps des volontaires belges en Corée

http://www.belgian-volunteercorps-korea.be/francais/disti...

un clic sur le lien repris ci-avant vous permettra de jeter un oeil sur les pages du site des volontaires belges en Corée et sur la liste des décorés à l'occasion cette opération au service des Nations Unies. 

 http://users.skynet.be/hendrik/fr/B-F-Korea.html

 

 

11:09 Écrit par SRPMDB dans Général | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

24/04/2008

L'association nationale italienne des décorés ANIOC

Grâce au Comte Paolo Vandelli Bulgarelli di Marsciano, membre de la SRPMDB,  nous avons pu être mis en contact avec  l "Associazione Nazionale Insigniti Onorificenze Cavalleresche" , notre société soeur en Italie, dont le secrétaire général est l'avocat Comte Maurizio Monzani.
Nous espérons pouvoir développer des liens de coopération et d'amitié avec cette association et vous tiendrons au courant du suivi.
Nous vous joignons ci-dessous les liens qui vous permettront d'ores et déjà de visiter les sites relatifs aux activités de nos amis italiens. 
 

http://www.anioc-milano.com/

 

http://www.anioc-milano.com/dame_e_cavalieri.htm

http://www.aniocmodena.it/eventi.html 

http://www.anioc-milano.com/primavera_uscita.htm 

http://diocesi.riviera24.it/articoli/2007/11/02/31854/san...

http://www.fortunatogaltieri.it/messa2003.htm 

http://www.fortunatogaltieri.it/messa2000.htm 

 http://www.anioc-milano.com/secondo_gran_gala_2003.htm

 

11:17 Écrit par SRPMDB dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

20/04/2008

Le Président de la régionale du Tournaisis des Médaillés à Rome

En déplacement à Rome, le Président de la régionale du Tournaisis des Médaillés, Mr le commissaire Masy , accompagné de Mrs Pochart, Buscemi, Boisdenghien et Bulion , ne put s'empêcher de poser devant le colisée en compagnie de collègues italiens...

Photo 132

 et devant la fontaine de Trévi...

Photo 101

photo JP Pochart 

15:27 Écrit par SRPMDB dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Assemblée générale de la régionale de Kortrijk 20/04/2008

Ce dimanche 20  avril 2008 se déroulait à Heule ( Courtrai )  l'assemblée générale de la régionale de Kortrijk dont le président est notre Président National, Mr Germain Coelembier.

La régionale du Tournaisis y était représentée par Mrs Masy,  Delmotte et Pochart.

Une messe au cours de laquelle fut béni un nouveau drapeau précéda le dépôt de gerbes au monument aux morts effectué par le Bourgmestre de Courtrai et ancien ministre, Mr Stéphan Declercq , en compagnie du Président National Coelembier.

De trés nombreuses délégations des associations patriotiques étaient présentes, ainsi que de nombreux membres du comité national de la Société des Médaillés dont entre autres, Melle de Schenkel, Mrs Capouillez, Sonvil, Misson  et Gérard.

L'assemblée générale, à l'occasion de laquelle furent remises les distinctions sociétaires, fut suivie du traditionnel banquet. 

 

(photos JP Pochart ) 

Photo 178

 la délégation tournaisiennne arrive à Heule

 

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Mr Rudy Maes ( en uniforme de la Force Aérienne ) 

Photo 180

Mr Gérard , Président de la régionale de Namur

 

 Photo 181

Mr Norbert Sonvil en tenue de chevalier de l'Ordre  souverain et militaire du temple de Jérusalem

Photo 182

 le toujours très dynamique Président Coelembier

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 la délégation tournaisienne ( Mrs Pochart, Delmottte et Masy )

 Photo 186

 Mrs Gérard et Capouillez

Photo 187

 l'arrivée des drapeaux

Photo 184

 Photo 188

 

Photo 189

 le nouveau drapeau

 

Photo 185

Photo 190
le nouveau drapeau avec ses parrain et marraine, et le porte drapeau Rudy Maes

Photo 191

 la bénédiction du drapeau

Photo 194

 le Président Coelembier avec le Bourgmestre de Courtrai et ancien Ministre de la justice, Mr St. Declercq

Photo 195

14:46 Écrit par SRPMDB dans Général | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |